Pourquoi il faut arrêter de réclamer du soutien via des messages groupés

Temps de lecture : 7 minutes

La tentation de cliquer sur « transférer » est grande, tellement ceci permet d’économiser quelques secondes de nos vies aux rythmes effrénés. Pourtant, j’ai souvent constaté que cette méthode est complètement improductive. Explications.

  • Ce type de messages empêche de créer du lien

Car il est difficile de faire preuve de sincérité sans vérifier au préalable si notre demande est recevable, et si, éventuellement ce soutien peut lui apporter. En effet, en envoyant un message groupé, on fait des injonctions, mais on ne formule pas une demande. On ne prend pas non plus le temps de s’intéresser réellement à l’autre (ne serait-ce que pour prendre de ses nouvelles) pour poser les bases d’un lien qui permettrait un soutien mutuel et constant.

  • Il y a peu de chances pour que le besoin réel de l’émetteur soit bien compris

Lorsqu’on ne se donne pas l’occasion de s’intéresser et de comprendre les besoins de son interlocuteur en « balançant » ce type de messages complètement impersonnel, on prend le risque de ne pas être compris à son tour. Encore une fois, il faut chercher à connaître les besoins de l’autre, en se donnant les moyens et l’opportunité de l’écouter, pour lui donner l’occasion d’accueillir et de comprendre les nôtres.

  • Le format du message groupé entrave la formulation d’une demande claire

Et oui ! Il est essentiel d’exprimer son besoin clairement et d’identifier le sentiment qui en découle pour formuler une demande claire (comme préconisé dans les principes de la communication non-violente). Un message transféré et non personnalisé ne permet pas de dérouler ce processus.

  • Réclamer des partages publics est contre-productif

Souvent, on envoie ce type de messages pour réclamer des partages publics, de manière plus ou moins implicite. En effet, si un partage public engage la e-réputation de son relais, elle ne garantit en aucun cas un engagement durable vis-à-vis de vous, de votre travail ou de votre contenu. C’est donc un risque à prendre pour la personne à qui on réclame ce partage, mais vous n’avez pas la certitude que ce risque engendrera un bénéfice.

De plus, si le nombre d’abonnés, de partages publics et de réactions est encore trop souvent perçu comme un indicateur d’influence et de pouvoir, ce n’est pas ainsi qu’on provoque des investissements et collaborations durables, ou même un taux de conversion satisfaisant.

  • Les leaders qui réussissent à obtenir du soutien régulièrement travaillent de manière invisible 80% du temps

Parce qu’iels sont familier.e.s avec le principe de Pareto ; c’est-à-dire qu’iels sont conscient.e.s que seulement 20% de leur travail donnera 80% des résultats positifs. Inversement, 80% des efforts fournis seront infructueux. Être à l’aise avec ce principe requiert énormément de patience et d’humilité ; et ces deux qualités sont essentielles pour obtenir une coopération à la fois active et durable.

En effet, la véritable puissance, c’est quand on n’a plus besoin de réclamer du soutien, et paradoxalement, elle s’obtient en construisant du lien, en allant vers les autres et en étant authentique ; tout ce que les injonctions au partage/soutien à travers des messages groupés ne permet pas.

Parmi les exemples de montée en puissance, il y a celui de Rania, administratrice de la page Facebook « Les p’tits plats palestiniens de Rania » et propriétaire du concept store Ardi : « Au départ, mes premiers clients ont été des associations où j’ai milité activement. Ensuite, ma page a sensibilisé un public non militant, curieux de découvrir la culture et la gastronomie palestiniennes ; ce qui est un de mes objectifs. C’est à partir de là que j’ai eu envie de créer Ardi. Je suis seule sur ce projet, pour avoir le contrôle à 100%, mais j’avais quand même besoin d’aide. Pour monter le plan de financement, j’ai été encouragée par mes proches et ma communauté. Mais pour que la campagne aboutisse, un simple partage sur les réseaux sociaux n’a pas été suffisant. J’ai participé à beaucoup de salons autour de l’entreprenariat, où j’ai rencontré énormément de professionnels inspirants qui m’ont guidée. J’ai dû sensibiliser 3 cercles ; celui de mes proches, celui des proches de mes proches, et enfin celui de ma communauté digitale. Avant de partager ma cagnotte publiquement, j’ai créé un groupe secret sur Facebook avec 50 à 80 personnes, 3 mois avant le lancement officiel. Je leur ai demandé de ne partager le lien uniquement via Whatsapp. J’ai ainsi récolté les premiers 4000€. Ne pas partager une cagnotte vide m’a permis de gagner en crédibilité et en confiance auprès de ma communauté. En effet, il s’agit ici de biais psychologique. J’ai toujours privilégié les messageries type Whatsapp, pour ne pas avoir à « spammer » les gens sur Messenger. Je n’ai pas eu besoin de contacter de gros influenceurs, même si certains d’entre eux m’ont soutenue publiquement, car ma communauté a relayé naturellement mon appel. Ma cagnotte a résonné jusqu’à Konbini et TV5 Monde. Je pense que la réussite de ma campagne de financement vient de l’entretien de liens de confiance avec mes proches et ma communauté, et du fait que j’essaie de faire preuve d’un maximum de transparence et d’authenticité dans mes relations. Ce sont des choses qui viennent avec le temps, et les rencontres IRL, que le virtuel ne peut remplacer. »

Il y a aussi celui de Liza, co-fondatrice du collectif décolonial de féministes nord-africaines Nta Rajel ? et influenceuse très active sur Twitter. « A la base on ne comptait pas monter de collectif, on parlait entre femmes nord-africaines sur Discord, puis on a lancé le #NtaRajel. Pour éviter la récupération raciste et sexiste de notre parole par certains hommes blancs, on a créé un compte officiel. C’est ensuite qu’on a décidé de fonder le collectif. Et la construction a été complexe. On ne le réalise pas vu de l’extérieur, mais il a fallu un an pour constituer un groupe stable autour de valeurs communes. Il y a eu beaucoup de désaccords, et de difficultés à cause de la charge mentale que représente le travail de monter un collectif. Beaucoup ont quitté le navire. On s’est retrouvées avec une toute petite équipe. A 6-7, on a été en mesure de mieux structurer notre vision et nos principes, notamment grâce à des réunions et des espaces d’échanges où on a su prioriser notre temps, notre énergie, et recruter les bénévoles en adéquation avec notre façon de fonctionner. Pour optimiser le succès de nos premiers événements, on a réfléchi en fonction des besoins urgents des femmes nord-africaines, et non en fonction de l’actualité ou des polémiques qui buzzent. C’est pourquoi nous avons choisi de travailler en non-mixité. On a priorisé les thématiques qui permettent aux femmes nord-africaines de se penser : la réconciliation avec l’idée de féminisme, reconstruire l’image de nos aïeules, les sujets tabous, et le patriarcat nord-africain. Aujourd’hui, nous avons encore beaucoup de travail : notre ligne politique est toujours en réflexion, même si nous nous basons sur une pensée radicale et révolutionnaire. Il y a encore par exemple la question des hommes maghrébins ; nous souhaitons trouver une troisième voie, autre que la récupération raciste ou les injonctions au sacrifice. »

Dans le cadre de sa campagne pour les municipales 2020, Yassin Lamaoui, candidat dans une ville en Essonne (91), chez qui on a pu observer une évolution positive de l’engagement de sa communauté en ligne, explique ceci : « Hors campagne électorale, il ne faut pas trop abuser des réseaux sociaux. En réalité, peu de choses se jouent dessus, ou même au conseil municipal lorsque l’on est dans l’opposition. Ce n’est donc pas là que j’estime devoir concentrer l’essentiel de mon énergie. On agit essentiellement en privé ; lorsqu’on connait des gens dans la précarité, on les aide, et lorsqu’on est témoin d’une injustice, on agit sans le montrer. On crée de la confiance, en utilisant le community organizing. C’est ainsi qu’on se fait connaître, et qu’on peut mobiliser, voire créer de l’engagement. »

Quant à Sarah Zouak, co-fondatrice de Lallab, association féministe et antiraciste lancée officiellement en mai 2016, c’est grâce à la réalisation de la série documentaire le Women SenseTour in Muslim Countries  que la communauté de Lallab est née. Le but de ces documentaires était de se réapproprier la narration et de valoriser des rôles modèles de femmes musulmanes, étant donné le manque de représentation positive de ces dernières. Elle commence à construire Lallab fin 2015, après un travail d’écriture et de documentation quotidien. Sarah est donc partie de zéro, si ce n’est de sa propre expérience du racisme et du sexisme en tant que femme musulmane vivant en France et de la création d’une petite équipe très soudée de femmes. La série documentaire a été un formidable outil pour rencontrer et fédérer les membres de la communauté de Lallab ; en effet, environ 25 000 personnes ont assisté aux projections du Women SenseTour in Muslim Countries  en France et en Europe, après avoir parcouru 1 ville différente en 40 jours. « Quand on me demande d’où sort notre communauté, j’explique à chaque fois qu’on est allé littéralement la chercher », explique Sarah. « Bien sûr que notre communication est très travaillée, mais l’essentiel du travail réside dans l’entretien du lien à travers plusieurs types d’événements (projection-débats, festival Lallabday, groupes de paroles, ateliers de formation, et nous ne communiquons pas forcément sur tout. » L’origine du succès de Lallab ne se limite pas à la notion de sororité, puisqu’elle part également de la volonté  de créer une organisation avec une approche à la fois antiraciste et féministe, en mettant les femmes musulmanes au cœur du projet de Lallab, et en travaillant sur leur identité, leurs revendications, mais aussi sur le projet de société, la valeur ajoutée au collectif pour un changement de paradigme dans le système politique français de lutte contre les discriminations. La première étape fut de construire une communauté de solidarité, en partie grâce à l’inspiration du récit d’autres femmes. Ensuite, Lallab a construit également une communauté d’expression et de savoir pour rendre visibles les vécus des femmes musulmanes et révolutionner les récits et narrations, via les portraits sur le magazine en ligne (qui rassemble plus de 30000 lecteurs par mois), mais aussi via des relais locaux sur le terrain (environ 500 partenariats avec des mairies, écoles, universités et associations). Le discours médiatique, en privilégiant la parole des femmes musulmanes arrive en dernier lieu. « L’objectif final de ce travail, c’est bien sûr la construction d’une communauté de pouvoir au niveau politique, pour que les femmes musulmanes puissent exercer librement leurs droits. Notre engagement s’inscrit dans la continuité d’un long héritage de luttes antiracistes et intersectionnelles. »

(Lallab est actuellement en pleine campagne d’adhésion pour financer un programme de formation, pour les soutenir et y participer, cliquer ici)

Finalement, on ne peut réclamer du soutien qu’en faisant preuve d’authenticité et en se préoccupant de manière sincère des personnes à qui l’on formule cette requête. En d’autres termes, il faut accepter de donner avant de demander à recevoir, et ceci, tout en étant prêt.e à accepter que la réciprocité ne soit pas systématiquement au rendez-vous. Dans tous les témoignages relatés ici, il y a une constante : celle de commencer par un cercle proche, puis de fédérer et de renforcer les liens autour de valeurs communes, avant d’élargir à une communauté plus large.

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Luttes contre le racisme structurel dans la police : comment dépasser les victoires symboliques (2/2)

Temps de lecture : < 1 minute

Il y a eu des condamnations et des réactions du pouvoir exécutif. Pour autant, ce n’est pas suffisant, puisque la police a encore le pouvoir de tuer. Si nous progressons vers la justice, nous n’en sommes pas encore au stade de l’égalité et de la dignité face aux forces policières.  Comment faire pour avancer plus loin ? Voici quelques pistes de solution.

  • Développer notre puissance

Se renforcer ne passe pas uniquement par la construction d’une élite (plus ou moins autonome) et/ou l’intégration des lieux de pouvoir. Il faut également transmettre et partager ses savoirs et savoir-faire, et donner de la force en priorité à celles et ceux qui en ont le plus besoin. Les moyens à notre portée sont multiples ; nous pouvons donc choisir ceux qui donnent les meilleurs résultats (engagement associatif, politique, investissements et dons humanitaires, production académique, entreprenariat social, art, etc…)

  • Assurer un minimum de coordination sur le long terme

Les avancées d’aujourd’hui sont partiellement dues à un concours de circonstances, plus ou moins heureux. Seulement, nous ne pourrons pas compter sur des paramètres beaucoup trop aléatoires à chaque fois. Se coordonner ne signifie pas soutenir toutes les initiatives inconditionnellement ; c’est déjà respecter la diversité militante, en acceptant les divergences d’opinion et d’intérêt, et en valorisant la sincérité de l’engagement.

  • Créer des liens de solidarité durables

Si l’essentiel du travail se fait en dehors des structures, il ne faut pas négliger l’impact des relais internes capables de construire des ponts.

Finalement, pour déplacer la norme du racisme et enfin inverser le rapport de forces, nous devons d’abord augmenter notre pouvoir avant de percevoir une diminution de ce qui nous opprime.

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Comprendre les algorithmes des réseaux sociaux pour lâcher prise sur ses notifications

Temps de lecture : < 1 minute

L’attente constante des notifications pour répondre à un besoin d’interaction ou de validation, conduit vers des comportements addictifs, du stress, voire de la dépression. Comment faire pour sortir de ce cercle vicieux ?

  • Votre fil d’actualité est saturé

Il n’y a pas assez de place sur votre fil d’actualité pour pouvoir voir toutes les publications de vos abonnements ; ainsi, l’algorithme n’affiche que le contenu qu’il juge pertinent pour vous.

  • On ne voit sur son fil que les profils avec lesquels on interagit le plus

C’est pourquoi ce qui apparaît comme pertinent pour l’algorithme, c’est ce à quoi vous réagissez le plus. Par exemple, Facebook priorise les publications de vos amis les plus proches (plutôt que les pages d’entreprise) et celles que vous commentez le plus souvent (plutôt que les réactions).

  • Si vos publications passent inaperçues, c’est parce qu’elles n’atterrissent pas dans le fil d’actualité des personnes ciblées

De cette manière, les personnes qui commentent peu vos posts, n’y réagissent que ponctuellement, ne verront pas vos publications dans leur fil d’actualité, et ce, même si elles sont susceptibles de leur plaire ! Ce n’est donc pas par snobisme que l’on ignore vos posts, mais bien par non-connaissance de leur existence.

  • N’utiliser la sponsorisation qu’avec parcimonie

Lorsque la visibilité de vos publications est nécessaire pour votre projet, on peut être tenté d’utiliser la monétisation afin de propulser ses posts dans les fils d’actualité de celles et ceux que l’on cible. Cette stratégie peut fonctionner ponctuellement, mais il ne faut pas en abuser à cause de la fatigue publicitaire.

Pour assouvir son besoin d’interaction, il ne faut pas avoir peur de formuler sa demande clairement en déroulant les principes OSBD (Observer, Sentiment, Besoin, Demande) de la CNV (Communication Non Violente). Ceci permet de gagner en confiance et estime de soi.

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Pourquoi les modèles économiques les plus rentables ne reposent pas sur le buzz

Temps de lecture : 2 minutes

La rentabilité d’un modèle économique correspond au ratio du bénéfice généré sur l’investissement de départ. Or, on croit beaucoup trop souvent (à tort) que les indicateurs d’influence, de pouvoir et de rentabilité sont ceux les plus ostentatoires. Seulement, les structures, qu’elles soient à but lucratif ou non, les plus pérennes, ne sont pas forcément celles qui font le plus de bruit médiatique. Explications.

  • Le buzz est un paramètre aléatoire sur lequel on a en réalité, peu de marges de manœuvres

Notamment parce qu’il est bien souvent imprévisible. Et que chercher à vouloir recréer les conditions d’un buzz de manière répétée est non seulement épuisant, mais peut aussi nuire à la qualité de son contenu ou de sa prestation.

  • C’est l’entretien du lien avec son public ou sa cible qui permet de créer de l’engagement, de l’investissement, un meilleur taux de transformation

Ce n’est pas parce qu’il y a buzz, qu’il y a investissement, engagement, ou achat derrière. Seuls le niveau de confiance et la qualité du lien permettent une relation de travail durable et fructueuse.

  • On est moins épuisé lorsqu’on lâche prise sur la recherche de buzz, et donc mieux organisé dans son travail

Ne pas s’acharner à poursuivre un objectif inatteignable, c’est préserver son temps et son énergie sur des actions donnant des résultats avec une visibilité à court terme, et ce, de manière durable et régulière.

  • La réussite et l’efficacité de sa structure ne dépendent pas de la taille de l’audience

Avoir un large public avec peu d’interactions fructueuses est moins payant que d’avoir une audience moindre, mais très investie dans votre travail. Pour la simple raison qu’il est beaucoup plus facile de répondre efficacement aux besoins d’une cible réduite, que de chercher à satisfaire un maximum de personnes.

  • Les signes extérieurs d’influence sont souvent artificiels et servent surtout comme biais de manipulation, voire de domination

Les paramètres comme le nombre de likes et de followers manquent de précision : il peut s’agir de bot, de faux comptes, mais aussi de likes achetés avec le SEM (référencement artificiel à partir de publications sponsorisées). Cependant, ces indicateurs peuvent attirer de nouveaux prospects, abonnés ou clients à cause du biais de manipulation « plus de likes = plus d’influence ».

Finalement, là où de nombreux influenceurs sont en burn-out et arrivent à saturation, les business les plus discrets tirent leur épingle du jeu avec des performances plus qu’honorables, et fonctionnent sur le long terme.

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5 techniques pour écourter un débat stérile

Temps de lecture : < 1 minuteLes débats sans fin nous épuisent, et gaspillent notre énergie qui pourrait être utilisée dans des projets et occupations plus constructifs. Voici 5 astuces efficaces pour y mettre fin sans générer de conflit.

  • Laisser le dernier mot

Parce qu’on a en réalité aucune obligation de répondre.

  • Dire que la question nécessite une réflexion plus approfondie qui ne peut être développée dans le cadre d’un débat

Et éventuellement diriger vers du contenu plus détaillé pour ne pas avoir à débattre.

  • Dire « OK ».

C’est la technique la plus simple, et la moins fatigante.

  • Désactiver les notifications, filtrer ou mettre sur mute (voire mode avion) si on est trop épuisé.e pour répondre

Nécessaire pour éviter la fatigue numérique.

  • Eviter de répondre immédiatement pour prendre du recul

C’est la meilleure façon de débattre de manière sereine. Dérouler le processus de communication non-violente peut aussi aider.

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Les enjeux du télétravail : progrès social ou levier de surexploitation ? (2/3)

Temps de lecture : 3 minutesLe confinement établi officiellement depuis le 16 mars 2020 a contraint de nombreux salariés au télétravail, souvent pour le meilleur, mais aussi parfois pour le pire. Pourtant, malgré ses limites, travailler de cette manière permet de bousculer, voire de révolutionner beaucoup de codes dans les entreprises française, et a un réel impact social positif.

 

  • Le télétravail permet de…

 

Et les retombées positives sur la qualité de l’air, de l’environnement et sur la diminution du stress sont très vites visibles.

    • Limiter l’exposition des femmes et personnes assignées comme telles au harcèlement de rue

En effet, de nombreuses agressions sexuelles  ont lieu dans la rue et les transports en commun. Ne plus être obligée de les prendre pour aller travailler limite ainsi les déplacements, même si ce n’est pas ce qui permet de régler le problème sur la durée.

    • Rendre l’emploi accessible à plus de personnes ayant une affection longue durée ou reconnues comme travailleurs handicapés

Parce que l’injonction au présentéisme dans la majorité des entreprises entraine automatiquement la discrimination des travailleurs absentéistes, y compris lorsqu’il s’agit de raisons de santé.  De plus, beaucoup de postes en présentiels sont parfois hors de portée pour cette force de travail, et ce, malgré la validité de leurs compétences, à cause de la fatigue qu’ils entrainent.

    • Limiter les discriminations liées au territoire

Le télétravail permet également de supprimer les freins à l’embauche de quelqu’un n’habitant pas assez près du lieu de travail. Ceci entraine une plus grande diversité au sein des collaborateurs, et est bénéfique à la fois pour les candidats vivant dans des lieus excentrés, mais aussi pour la force de travail d’une entreprise.

    • Donner plus d’opportunités de briser le plafond de verre

Pour la simple raison qu’on peut créer beaucoup plus de valeur et de richesses lorsqu’on n’a pas besoin de déployer toute une logistique pour se rendre au travail (temps de trajet, mais également temps de préparation etc…).

    • Ne plus déléguer le travail domestique à des personnes précaires

A noter que reprendre la main sur ce travail permet également de se reconnecter à soi et aux personnes avec qui on vit, ce qui est important pour maintenir un équilibre plus sain entre vie personnelle et vie professionnelle. Ceci permet également de casser la domination de genre et de race qu’implique l’externalisation de ce travail.

    • Avoir plus d’autonomie sur la gestion de son temps

C’est une manière d’atténuer le lien de subordination avec son employeur, mais aussi de se faire passer en premier, en agissant sur les leviers qu’on maîtrise.

    • Économiser ses droits en termes de congés maladie ou parentalité

Parce que parfois, la maladie ou la parentalité ne nécessite pas l’arrêt total du travail, mais rend impossible le trajet pour aller travailler. Et que dans ces cas de figure, les congés pour maladie ou parentalité ne règlent pas le problème, voire, peut même l’aggraver.

    • Casser les codes sociaux superflus

Parce qu’on n’a pas besoin de se voir tous les jours, d’être tiré sur quatre épingles, de se serrer la main, de se faire la bise, de participer à des réunions, des déjeuners, des pauses café ou des « after-work » pour s’apprécier, se respecter, ou même être efficace. C’est même plutôt le contraire.

 

  • Mais il faut veiller à…

 

    • Respecter le droit à la déconnexion

Parce que la violation de ce droit provoque burn-out et dépressions.

    • Ne pas tendre vers un déséquilibre entre vie personnelle et vie professionnelle

Pour cela, il est nécessaire de faire preuve d’un minimum d’auto-gestion et de discipline sur l’usage de son temps. Maintenir des routines est important (sport, repas, méditation, temps de pause….).

    • Ne pas supprimer d’emplois sans solution pérenne pour vivre dignement

Si l’injonction à l’emploi est toxique, dans un contexte où l’emploi reste la norme pour subvenir à ses besoins primaires, les supprimer brutalement sans réelle alternative risque d’entrainer plus de violences que de progrès social.

    • Consolider des liens sociaux par une présence réelle régulière

Si les liens sociaux virtuels ne sont pas anodins, il est important de les confirmer par une présence physique régulière.

 

Plus globalement au niveau de la société, la question du télétravail en soulève bien d’autres : celle des disparités sociales entre les métiers où le télétravail est impossible et les autres, mais aussi celle du niveau (variable) de nécessité des métiers que l’on peut exercer de chez soi. En effet, on peut se demander pourquoi les métiers les plus pénibles (qui sont aussi les plus vitaux) sont aussi mal rémunérés, alors que les « bullshit jobs » rapportent gros (même lorsqu’ils rendent malheureux) en termes financiers, et sont souvent nuisibles à la société.

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Ce que la crise sanitaire (et le confinement l’accompagnant) révèle de nous et de notre société

Temps de lecture : 4 minutesLa pandémie désormais mondiale de COVID-19 exacerbe toutes les réalités sociales de manière plus ou moins surprenante. Voici une liste (non-exhaustive) de faits vérifiés par les conséquences de cette crise.

  • Notre système économique est à bout de souffle

Car c’est à la fois ce système qui a créé cette pandémie comme les autres (conséquence de la consommation d’animaux sauvages ou élevés de manière industrielle), et ce même système qui nous empêche de sortir de cette crise sanitaire (conséquence d’un manque de moyens couplé à une mauvaise gestion du service public de la santé).

  • Les métiers les moins valorisés financièrement sont aussi ceux les plus indispensables à notre vie quotidienne

Les personnels soignants, les salariés des fournisseurs d’énergie et de télécommunication, les chauffeurs routiers, les livreurs, les salariés de la grande distribution, les agents d’entretien nous permettent d’assouvir les besoins les plus vitaux, ceux qui sont à la base de la pyramide de Maslow. Pourtant, ce sont aussi les métiers les plus précaires, et les moins rémunérés.          Ensuite, les services de sécurité, d’information, d’éducation et de transport sont également indispensables : ils peuvent être mieux rémunérés, mais la norme reste la précarité et la paupérisation.

Enfin, tous les métiers de représentation, et ceux qui permettent l’enrichissement d’une minorité de personnes ou l’optimisation financière peuvent rapporter gros, même si la finalité n’est pas explicite.

  • Le confinement cumulé à la crise sanitaire révèle toutes les disparités sociales, sans exception

En partant des personnes qui peuvent se permettre de rester confinées, par rapport à celles contraintes de prendre des risques de contamination au service des premières et celles qui n’ont même pas les moyens de l’être, jusqu’à celles qui sont confinées dans des manoirs ou appartements vastes et luxueux, contrairement à celles obligées de squatter dans des logements exigus, voire insalubres.

En passant par les personnes confinées avec d’autres dangereuses, comme les femmes victimes de violence conjugale ou les enfants victimes de maltraitance familiale.

A cela s’ajoute le reste des discriminations ; face à une pénurie de tests, de masques, et de lits dans les hôpitaux, il n’est pas difficile de deviner quelles vies seront préservées (les plus jeunes), et lesquelles seront  sacrifiées (les moins jeunes et…les moins désirables). Dans un climat anxiogène où une présence policière accrue est inévitable, le risque d’augmentation des abus policiers n’est aussi pas négligeable.

  • Le confinement expose également au grand jour les comportements toxiques des gens

Les situations d’urgence où se mêlent angoisse et instinct de survie permettent de mettre à nu les réelles intentions, et les réflexes de chacun et de chacune. Personne n’est à l’abri de se rendre coupable de comportements toxiques. En effet, ces comportements peuvent être également de bons indicateurs sur ses propres besoins, ceux des autres, et sur les ressentis qui en découlent.

  • Les querelles entre militants semblent désormais lointaines et absurdes

Parce que le risque sanitaire face à l’infiniment petit qui nous expose inévitablement et de manière universelle malgré les inégalités sociales permet de nous concentrer sur le consensus à propos du constat des injustices. Les différences de stratégies couplées à un mauvais entretien du lien social entre militants semblent alors plus faciles à surmonter.

  • Les liens sociaux virtuels s’avèrent aussi précieux que les autres

Parce qu’en période de confinement, ils peuvent être les seuls existant pour les personnes isolées, mais également un moyen de préserver la vie de ses proches les plus fragiles, lorsqu’on évite d’être confinés sous le même toit.

On réalise alors que ces liens peuvent tout autant détruire, blesser, que réconforter. Et que le cyberharcèlement n’est pas un mythe, comme la solidarité existe bel et bien via les médias sociaux.

  • Il est possible de réduire notre empreinte carbone très rapidement

Et on a pu le constater en seulement quelques jours….Preuve que la course effrénée à l’activité que nous menons est directement responsable du réchauffement climatique et de la destruction des ressources naturelles.

  • Notre temps est une ressource bien plus précieuse que n’importe quel patrimoine économique

…Et c’est bien pour cette raison précise que les patrons achètent cette ressource en embauchant des salariés ! Lorsque nous nous retrouvons au chômage (qu’il soit partiel, complet ou technique), nous pouvons perdre de l’argent, mais nous récupérons notre temps. Notre avenir et notre condition ne dépend donc pas uniquement du montant sur notre compte bancaire ou des déterminisme sociaux, mais aussi de la façon dont nous choisissons de gérer notre ressource-temps.

  • Le confinement peut être une torture pour les personnes souffrant déjà de troubles mentaux (et elles sont plus nombreuses qu’on ne veut le croire)

Pour certaines personnes, les interactions sociales réelles et le contact extérieur sont indispensables à leur bien-être mental, mais aussi physique. C’est pour cette raison que si le confinement en France est aujourd’hui plus que nécessaire, et que la responsabilité est aussi individuelle que collective dans son bon déroulement, il est également important de faire preuve de bienveillance envers les personnes supportant mal le climat anxiogène généré par cette mesure.

  • D’autres façons de travailler sont possibles, au-delà de tout culte de la performance

Hier, on estimait que le télétravail n’était possible que pour certaines professions (sous des prétextes souvent validistes), aujourd’hui on essaie de le généraliser un maximum, faute de mieux. Là encore, le télétravail, bien que comportant des limites, permet aux travailleurs d’avoir une plus grande marge de manœuvre sur leur gestion du temps, et donne ainsi la possibilité de réfléchir à des fins plus qualitatives que quantitatives dans le monde de l’entreprise.

  • Tous les rites et codes d’apparence semblent aujourd’hui futiles

Se rendre à un bureau à des heures fixes quelle que soit la quantité de travail à effectuer, atteindre des cadences invraisemblables, se saluer par des bises ou des poignées de main, porter des vêtements inconfortables, remplir des standards physiques improbables, évaluer la qualité d’un travail sur sa forme et non sur le fond, multiplier les réunions interminables…Tout ceci semble bien inutile quand les enjeux prioritaires sont de survivre,  de se protéger mutuellement, et de sauver ainsi la vie et l’économie de son pays.

 

  • La solution de confinement n’était pas la seule pour gérer cette crise

En contrôlant efficacement les personnes provenant de foyers infectés, et en les confinant par précaution, le temps d’avoir du recul sur ce virus, on aurait pu éviter beaucoup de contaminations. En adoptant des règles de civisme, tout en testant un maximum de personnes, on aurait également pu éviter un confinement maximal, comme ceci a été le cas en Corée du Sud.

Finalement, le confinement, c’est déjà le quotidien des personnes oubliées habituellement. Le COVID-19 nous donne une claque collective : pas seulement parce qu’il remet en question entièrement nos comportements et modes de vie (individuels et collectifs), mais aussi parce qu’il nous plonge violemment et brusquement dans la réalité de celles et ceux oubliés par tous ; les personnes n’ayant pas les moyens de sortir de leur dimension de travailleur-consommateur, et toutes celles assignées à résidence par leur condition physique et/ou mentale. Cependant, cette période de confinement nous laisse une opportunité précieuse : celle de reprendre le contrôle de notre temps et de nos vies, pour agir dans la durée.

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La monétisation dans le milieu associatif : Quand, pourquoi et comment.

Temps de lecture : 2 minutesA cause du tabou qui plane sur cette question épineuse, la gestion de l’argent dans les structures associatives peut s’avérer très opaque ; ce qui crée un contexte favorable au développement de tout type d’abus.

Seulement, nous verrons que dans beaucoup de cas, la monétisation devient vite nécessaire. Tous les enjeux résident donc dans le fait de pouvoir générer de l’argent sans entrer en contradiction avec les objectifs et valeurs de la structure.

 

 

  • Quand ?

 

    • Lorsqu’on monte un projet clairement défini qui nécessite des fonds

A noter qu’il est nécessaire de dessiner une stratégie pointue de gestion de projet en amont, afin d’y inclure précisément les fonds requis.

    • Lorsque la charge de travail (temporaire ou permanente) nécessite une forte disponibilité

Selon la nature des tâches, et la disponibilité requise pour ces dernières, arrive un moment où la charge mentale ne peut plus reposer uniquement sur du bénévolat. Si on a un besoin d’une tâche précise ponctuellement, on peut faire appel à des prestataires externes, si c’est une tâche de plus long terme, on peut embaucher à durée déterminée. Enfin, si la charge est permanente, il est nécessaire de créer un poste en CDI.

 

  • Pourquoi ?

 

    • Demander une contribution aux bénéficiaires de la structure renforce l’engagement de cette cible

Parce que contribuer à une structure en y adhérant ou en la soutenant financièrement quand on bénéficie de ses actions responsabilise. Les adhérents, militants et donateurs deviennent une partie prenante importante, et sont légitimes pour orienter la stratégie de l’association.

    • Impossible d’obtenir une disponibilité importante/une qualité professionnelle sans budget

…car c’est générateur de stress et de violences. Le bénévolat ne doit se faire que sur la base du volontariat, et il est primordial que ce travail soit valorisé et reconnu afin de bénéficier aux bénévoles.

 

  • Comment ?

 

    • Levée et utilisation des fonds transparentes à 100%

Là encore, il est nécessaire de tracer en amont une stratégie de gestion de projet, afin de connaitre précisément le budget alloué à chaque tâche. De cette manière, on est en mesure de présenter une campagne de financement transparente sur les montants requis et leur utilisation.

    • Vente de produits et de services répondant aux besoins de la population ciblée par la structure

Il est également possible de vendre des produits dérivés ou des services en lien avec la thématique de l’association, pour récolter des fonds supplémentaires, car si les associations loi 1901 sont à but non-lucratif, il est cependant toléré de générer des bénéfices.

    • Réinvestissement automatique des fonds

La condition nécessaire pour que les profits soient en adéquation avec les valeurs éthiques d’une structure c’est qu’ils soient réinvestis de manière pérenne ; projets à impact social positif, création d’emploi, matériel pour améliorer la qualité du travail de la structure….

 

La clé d’une gestion saine des ressources financières, c’est la transparence vis-à-vis des acteurices de la structure, mais aussi vis-à-vis de ses bénéficiaires. En effet, à partir du moment où les règles de gestion sont clairement établies et connues de tous.tes, il n’y a aucun problème à assumer le fait de générer de l’argent.

 

 

Développement personnel : savoir faire le tri entre levier de progrès social et manipulation

Temps de lecture : 2 minutesAujourd’hui, avec les nouvelles technologies d’information et de communication (TIC), il y a une prolifération de « coachs » en tout genre (fitness, nutrition, psychologie etc…) se réclamant du « développement personnel » [terme problématique en soi si on vise une forme de progrès social puisqu’il évoque une approche individualiste].

Cependant, parmi une horde de gourous peu crédibles, voire dangereux, il existe des créateurs de contenu à haute valeur ajoutée, avec un potentiel impact social positif. Voici quelques indicateurs à évaluer pour reconnaître ces derniers.

  • Utilisation d’éléments de langage flous

Prudence lorsqu’on parle de « sortir de sa zone de confort », « prendre des risques » ou de « sortir de ses croyances limitantes », surtout si ces expressions ne sont pas clairement illustrées par des exemples concrets : il y a une nuance entre oser faire certaines choses utiles à son épanouissement, et se mettre en danger.

  • Évacuation totale ou presque des questions sociales et politiques

Un coach qui ne prend pas en compte les inégalités de genre, la question raciale ou votre situation économique ne pourra jamais vous conseiller efficacement, car il négligera une partie importante du contexte social dans lequel vous évoluez. Par exemple, vous inciter au « miracle morning » (pratique qui consiste à se réveiller beaucoup plus tôt le matin pour faire plus d’activités en une journée) alors que vous souffrez de n’importe quelle maladie chronique, ou que votre corps réclame du sommeil est une approche validiste. Les contenus visant la mise en place d’une routine peuvent générer de l’anxiété, voire des TOC (troubles obsessionnels compulsifs), à cause de l’augmentation de la charge mentale que vous pouvez vous infliger suite à la consommation de ce type de productions. Pareil pour les injonctions au « healthy lifestyle » (style de vie sain), qui peuvent perturber votre relation avec la nourriture, voire provoquer des troubles du comportement alimentaire (TCA).

  • Présence d’un discours culpabilisant

Les injonctions du type « quand on veut on peut » ou la variante « il faut se faire violence pour obtenir des résultats » peuvent vous pousser à des comportements addictifs dangereux pour votre santé physique et mentale.

  • Présentation des solutions proposées comme des alternatives à la spiritualité ou à la médecine classique

Un coach responsable est dans l’obligation morale de vous conseiller un avis médical et/ou de vous écouter en priorité lorsqu’il vous prodigue un conseil. Leurs prestations d’accompagnement peuvent éventuellement servir de complément à un traitement médical ou une introspection personnelle, mais jamais de substitut.

  • Présence d’un discours complotiste

Il y a danger également lorsque le discours tenu à propos des institutions classiques fait écho à des théories complotistes…souvent fausses.

  • Confusion entre retour d’expérience personnelle et vérité générale établie scientifiquement

Un coach honnête se doit de distinguer son retour d’expérience et une vérité scientifique, sauf s’il est en mesure d’appuyer son témoignage à partir de faits rigoureusement démontrés.

  • Promesse de miracle à partir de solutions « clé-en-main » et simplistes pour résoudre un problème complexe

Le rôle d’un coach est de vous accompagner dans une démarche que vous entreprenez individuellement, et non de répondre à votre place à vos questions ; ceux qui vous promettent des solutions « magiques » risquent de vous mettre en danger.

 

Finalement, les outils utilisés dans ce qu’on appelle le « développement personnel » (qui est en réalité un accompagnement complémentaire médical ou psychologique) peuvent contribuer à une empreinte sociale positive, à la seule condition d’être dans une démarche de travail politique et social de fond, sur le long terme, avec une vision à l’échelle collective.

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Sortir du lien de subordination du salariat : l’angle mort de la gauche radicale (3/3)

Temps de lecture : 2 minutesAujourd’hui, le prix à payer pour une sécurité de l’emploi et la stabilité financière qui l’accompagne, c’est le lien de subordination, malgré toute la souffrance qu’il peut engendrer.

S’il existe des revendications au sein de la gauche radicale qui vont vers son atténuation (réduction du temps de travail, augmentation des salaires, ergonomie des postes de travail…), il n’y a pour l’instant aucune alternative de crédible, l’entreprenariat étant une solution trop précaire pour la majorité des salariés actuels.

Ainsi, les enjeux de cette question résident dans les compromis possibles entre un travail salarié contraignant et pénible et un entreprenariat risqué, voire dangereux.

  • Permettre la sortie du salariat en offrant un minimum de sécurité

Parce qu’on ne peut pas exiger une flexibilité extrême à des travailleurs si on ne leur offre pas un minimum de garantie et de confort ; en effet, selon le WEF, la flexibilité des travailleurs dépend de leur capacité à s’adapter à un environnement nouveau, et ceci demande un investissement considérable, notamment en termes de formation et de santé.

  • Sortir de l’injonction au travail lucratif

Aujourd’hui, le travail valorisé et visible est celui perçu comme rentable financièrement, ou du moins, comme gagne-pain. A côté, le travail bénévole ou domestique, pourtant utile socialement, n’est pas reconnu comme tel, car on est obligé d’avoir un travail rémunéré pour vivre décemment, mais aussi pour exister socialement, même si ce travail (salarié ou non) n’a aucun sens, est exercé dans de mauvaises conditions, fait souffrir celles et ceux qui l’exercent ou a un impact négatif sur la société.

Lutter contre les mauvaises conditions de travail, la souffrance au travail, pour la réduction du temps de travail et l’augmentation des salaires est bénéfique, mais c’est loin d’être suffisant.

  • Valoriser et permettre les vocations avec un impact social positif, encore trop peu visibles

Si on veut favoriser le travail bénévole, il faut faire en sorte de mettre en place les moyens nécessaires pour que ce travail ne soit pas pénalisant pour celles et ceux qui souhaitent l’exécuter. Et si on veut attirer des candidatures vers les métiers utiles socialement (comme ceux de l’enseignement ou de l’entretien), il est nécessaire d’offrir un cadre et une reconnaissance à la hauteur de l’apport sociétal de ces activités.

L’intelligence artificielle ayant une forte incidence sur nos façons de travailler dans une période de mutation économique, il devient urgent d’à la fois repenser la question du travail en dehors du contexte du salariat, mais aussi de protéger les entrepreneurs de la précarité, du travail dissimulé et de l’exploitation.

Également, dans un souci d’efficience, mais aussi de lutte contre le gaspillage et l’hyperconsommation, il est important de favoriser l’émergence d’un entreprenariat social et solidaire à forte valeur ajoutée.

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