Pourquoi des femmes non-blanches ont du mal à se retrouver dans l’idéologie féministe (2/5)

Temps de lecture : 3 minutes

En se limitant à un regard condescendant, on pourrait parler ici d’aliénation. Or, la réalité est bien plus nuancée et complexe. Et lorsqu’on étudie les raisons profondes de cette réticence, on comprend vite qu’elles sont valables. Explications.

Parce que les recours pour lutter contre les violences sexistes sont bien souvent des mesures répressives et carcérales, qui ne règlent pas le problème sur le long terme, et ont même tendance à le compliquer. Sans oublier que ces répressions ciblent en priorité et principalement les hommes non-blancs.

Or, lorsqu’on est une femme non-blanche, non seulement se ranger du côté du féminisme blanc ne fait pas forcément avancer sa condition, car les intérêts divergent, mais en plus cette lutte peut se faire au détriment du combat antiraciste comme le démontre la citation extraite de l’ouvrage d’Houria Bouteldja « Les Blancs, les Juifs et Nous », quand elle relaye le témoignage d’une femme noire victime de viol par un homme noir, qui dit : « je n’ai jamais porté plainte parce que je voulais vous protéger. Je ne pouvais pas supporter de voir un autre homme noir en prison. »

  • Craintes de diluer la lutte antiraciste

Parce que la condition des femmes non-blanches est spécifique, elle ne peut s’affranchir d’une lutte antiraciste radicale, ou du moins d’une lecture intersectionnelle de leur condition.

En effet, s’il existe indéniablement des injonctions à délaisser les luttes de femmes dans les espaces antiracistes, beaucoup de femmes choisissent de leur propre chef de reléguer au second plan ce combat, pour des raisons diverses et variées.

Par exemple, pour Fatiha, militante accompagnant de jeunes hommes africains sans-papiers, « le féminisme ne concorde ni avec mes valeurs, ni mon éducation » [ndlr]. « On ne cesse de dénoncer un système patriarcal, pourtant, rien ne garantit qu’un système matriarcal serait meilleur. J’aurais le sentiment de trahir mon père et mon grand-père en les remettant en cause, eux qui ont tant œuvré pour l’épanouissement des femmes dans ma famille. Je considère d’ailleurs que les personnes les plus opprimées en France sont les jeunes hommes africains, tant ils vivent de plein fouet la violence du racisme structurel (violences policières, discriminations à l’embauche, au logement, disparitions), alors qu’il existe un système de protection sociale en France qui bénéficie aux femmes. J’ai d’ailleurs le sentiment que les violences faites aux femmes viennent plus d’un manque de sororité ou de l’absence d’un père que des hommes eux-mêmes même si je ne dois probablement pas avoir toutes les données sur cette question.» Elle ajoute que pour elle, « le féminisme fait plus de mal aux hommes non-blancs qu’il ne fait du bien aux femmes. Cette idéologie a construit une figure de mâle dominant de toutes pièces, sans prendre en compte le vécu des hommes non-blancs, alors qu’ils sont souvent victimes d’accusations mensongères pour des faits de violences sexistes, sur des bases racistes. Certaines femmes qui occupent des fonctions de pouvoir dans les institutions défendent des valeurs dans lesquelles je ne me reconnais pas, comme le fait d’élever des enfants sans homme, et ce sont souvent ces mêmes femmes que l’on retrouve à la tête des mouvements féministes. »

  • Multiplication des « call-out » dans le milieu intersectionnel qui mettent toutes les femmes dans une position vulnérable

Les dénonciations publiques, lorsqu’elles ne sont pas accompagnées de preuves solides profitent rarement aux victimes de violences sexistes. Elles exposent toutes les femmes qui y participent, à du harcèlement, des pressions telles que des plaintes pour diffamation, et ce même lorsque les faits sont avérés.

Dans ce contexte, il est donc naturel que des femmes aient du mal à se retrouver dans un féminisme qui ne les expose plus qu’il ne les protège.

  • Se ranger du côté du patriarcat pour se protéger du racisme

Comme l’explique Manon Garcia dans « On ne naît pas soumise, on le devient », si on prend la notion de soumission des femmes comme la domination patriarcale mais du point de vue des femmes, se plier à certains diktats patriarcaux peut faire partie d’une stratégie de réponse au patriarcat.

En contexte raciste, protéger les hommes de sa communauté du racisme peut également être une stratégie pour se protéger au passage, même si elle peut être discutable dans les cas des violences sexistes intra-communautaires.

Dans un contexte patriarcal et raciste structurellement, la construction d’une sororité pérenne est extrêmement complexe ; en effet, d’après tout ce qui précède, donner l’injonction aux femmes non-blanches d’être féministe n’est pas envisageable, et la charge mentale de toutes celles qui se revendiquent non-blanches est de plus en plus lourde à porter.

Comme le dit Liza, co-fondatrice du collectif féministe décolonial Nta Rajel ?, il faut une troisième voie autre que la récupération raciste ou les injonctions au sacrifice sur la question des hommes non-blancs.

C’est pourquoi des militants antiracistes s’intéressent désormais aux masculinités non-blanches sous l’angle du genre et de la race, et préfèrent parler de « luttes de femmes » (ou womanism) comme alternative au féminisme, encore trop influencé par la blanchité selon eux même lorsqu’il est intersectionnel ou décolonial, car il ne convient pas aux femmes qui souhaitent conserver leur mode de vie indigène.

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« Cancel culture » et « call-out » : la solution miracle pour préserver les victimes de violences et harcèlement ? (1/5)

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Disons-le tout de suite…NON. En tout cas, pas sur le long terme.

Or, comment faire lorsque les agresseurs, harceleurs, prédateurs et pointeurs polluent toutes les strates de la société, et qu’il n’y a quasiment aucune structure fiable pour s’en préserver ?

L’auto-organisation est donc indispensable. Pourtant, il y a des limites à ne pas franchir pour ne pas tomber dans une forme de « radicalisme rigide » (pour reprendre le terme de Jean-Michel Knutsen, community organizer et éditeur du site www.organisez-vous.org ), mais aussi pour préserver la sécurité de la victime à court, moyen et long terme.

  • Qu’est-ce que la « cancel culture » et le « call-out » ?

« Cancel » (qui signifie « annuler » ou « supprimer » en anglais) une personne influente ou perçue comme telle, c’est la boycotter, la mettre à l’écart et lui donner l’injonction de quitter sa position de leader parce qu’elle est accusée de tenir des paroles ou des agissements en contradiction manifeste avec ses valeurs affichées, ou tout simplement incompatibles avec la vie en groupe (propos racistes, misogynes, agressions, violences, parfois crimes). On parle de « cancel culture » lorsque ce mode opératoire est généralisé et systématique dans des structures ou systèmes au sein de la société.

« Call-out » son agresseur, c’est le dénoncer publiquement dans les médias ou les réseaux sociaux, sans forcément qu’il n’y ait de procédure judiciaire.

Si ces deux procédés existent, c’est pour compenser des blocages, des dysfonctionnements et des manquements structurels de la part de l’institution judiciaire, dans un contexte où ces violences restent trop souvent tues, impunies et mal combattues collectivement par les pouvoirs publics. En effet, nous sommes forcés de constater que « cancel » et/ou « call-out » une personne puissante, c’est envoyer un message fort ; celui de dire que la honte et la peur ne doivent plus se trouver du côté des victimes. Or, le message ne fait pas tout. Encore faut-il qu’il soit suivi d’effets concrets sur le terrain.

Ainsi, leur existence doit alerter sur une situation sociale plus que tendue, mais également être questionnée, puisque ces méthodes comportent également des risques et des limites et que ce sont des armes puissantes qui peuvent vite se retourner contre les victimes lorsqu’elles sont mal utilisées.

  • Les limites de la « cancel culture »

De plus en plus de militants de terrain trouvent que  dénoncer la cancel culture, c’est surtout une « tendance », mais qu’il serait plus sérieux de présenter des excuses auprès des personnes dont on a soi-même participé à l’isolement, lorsque c’est le cas. Ceci est une dérive présente parfois dans les milieux intersectionnels, qui ont malheureusement encore trop tendance à individualiser des combats d’ordre collectif. D’ailleurs, ce qu’on appelle « cancel culture » découle directement d’une frange du militantisme déconnectée des réalités du terrain, qui pense que pour faire avancer des luttes, il faut « déconstruire » tout le monde un par un. On peut même aller plus loin et penser que ce terme de « cancel culture » est trop réducteur pour la complexité de la problématique et inadapté au terrain, et préférer parler de logiques de culpabilisation, d’exclusion, de harcèlement, parfois sur des bases superficielles voire mensongères. En effet, la dénonciation de façade de la « cancel culture » est un symptôme direct de la numérisation du militantisme, où les logiques d’influence et de compétition passent avant l’avancement des combats sur le terrain.

Enfin, les personnes pratiquant sérieusement l’accompagnement des victimes de violences sexistes sur le terrain, savent d’expérience que la réalité est loin d’être manichéenne. On ne peut pas toujours jeter son bourreau sous le bus, pour des raisons affectives, ou matérielles. Assimiler ceci à de l’aliénation pour des raisons de performance radicale peut empêcher un suivi efficace des victimes de violences, et c’est pour cette raison précise que le call-out ne doit être utilisé qu’en dernier recours.

Ces faits démontrent parfaitement que la « cancel culture » appliquée à notre échelle, peut créer plus de problèmes qu’elle n’en règle, et ne profite pas toujours aux victimes de violences.

  • Les risques et dangers du « call-out » pour la victime présumée

Le risque le plus évident, c’est d’être attaqué en justice pour diffamation, et ce, même lorsqu’on dit la vérité. Attaquer une victime présumée pour diffamation, comme brandir la présomption d’innocence comme bouclier, est une technique bien connue des agresseurs pour se protéger…car elle est en effet très efficace !

L’autre risque, encore plus sournois, c’est que la victime se retrouve isolée et calomniée, et c’est d’autant plus le cas lorsqu’elle se trouve elle-même dans une situation précaire, ou avec une santé mentale fragile. Il n’est pas rare que les victimes reçoivent des injonctions, des pressions, voire des menaces, pour se taire. Ainsi, une victime exposée publiquement, est aussi une victime exposée à la vindicte populaire. Elle se retrouve donc propulsée parfois à son insu sur le devant de la scène, et souvent soumise à un processus insidieux où elle se retrouve elle-même culpabilisée de salir une personne présumée innocente, et victime de harcèlement, en plus d’avoir subi les agissements de son agresseur.

  • Il faut gagner en puissance perçue et en reconnaissance pour être en mesure de protéger et renforcer des victimes de violences

Parce que nous sommes tous manipulés à une certaine échelle par la preuve sociale, une victime de violence sera difficilement soutenue si elle est exposée seule, ou si les personnes autour d’elles sont perçues comme peu puissantes. Or le travail nécessaire à un renforcement et à une reconstruction se fait en dehors des projecteurs des télévisions et des buzz sur les médias sociaux.

En effet, un travail de thérapie est souvent nécessaire, et une procédure judiciaire en bonne et due forme peut éventuellement faire partie de la reconstruction. Ces méthodes demandent beaucoup de temps, de moyens et d’énergie. Parfois il y a plus urgent à régler, comme la question du logement, de la sécurité de la victime, ou de ses ressources financières.

La dénonciation demande au préalable un minimum de reconstruction du côté de la victime présumée, et surtout de la stratégie. L’urgence est donc de créer, de renforcer et d’entretenir des liens solides autour des victimes. Il est donc de la responsabilité collective de leurs complices de servir de « bouclier » pour préserver leur sécurité.

Cependant, les sentences ad aeternam et les attaques ad hominem ne doivent jamais faire partie des pratiques préconisées, à la seule condition que les victimes soient entièrement inclues dans le processus de décision sur le sort des agresseurs.

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Non, la prise de poids n’est pas automatique durant le confinement, et voici pourquoi (3/3)

Temps de lecture : 3 minutes 

L’annonce du confinement a fait resurgir les réflexes sexistes et grossophobes de partout. Conserver ses muscles, maigrir, ou du moins, ne pas prendre de poids, est devenu presque plus important que de ne pas attraper le COVID-19. En plus d’être anxiogènes et blessants, ces messages sont souvent faux. Explications.

  • Avoir envie de manger lorsqu’on est stressé.e est naturel

Le stress est un facteur de prise de poids. Si satisfaire une envie de manger permet de diminuer ce stress, ce n’est pas forcément une mauvaise chose. « L’alimentation émotionnelle est un phénomène naturel », précise Elyane, coach en alimentation intuitive. Elle ajoute que « le « souci » c’est quand ce phénomène nous fait souffrir, en général quand les quantités et la fréquence augmentent trop. Mais même dans ce cas, il ne sert à rien de parler de « problème » ou d’une chose « négative ».  C’est un fait, il vaut mieux l’accepter, l’accueillir et travailler dessus. Rejeter ce comportement ou le qualifier de « négatif » ne fait que renforcer notre culpabilité, ça ne nous aide pas à travailler dessus : la culpabilité ne fonctionne pas. »

  • On ne mange pas forcément plus durant le confinement si on est à l’écoute de ses sensations corporelles

Et c’est logique : si on a moins besoin d’énergie, on n’aura pas envie de vider son frigo et ses placards. Les crises de boulimie sont possibles, mais elles ont une origine psychologique, et c’est sur cet aspect qu’il faut travailler. A ce propos, Elyane nous informe que « le besoin de réconfort peut nous faire manger un peu plus, c’est OK. Là encore, si la fréquence et les quantités sont très grandes, ça n’est surement pas la faute du confinement, mais d’un souci avec la nourriture plus profond qui date bien d’avant le confinement. Le confinement est l’occasion de prendre conscience de ce problème, pour pouvoir travailler dessus par la suite. En quelque sorte, le confinement est une opportunité d’en apprendre plus sur nous-même. »

  • On a toujours besoin de se nourrir, même au repos

Même en restant allongé.e toute la journée, la faim peut se faire sentir. Et c’est normal, le corps continue à fonctionner même au repos. Il est possible d’avoir moins envie de manger lorsqu’on se dépense moins, c’est normal, et c’est pourquoi il faut être à l’écoute de ses besoins en priorité. Voici l’explication que donne Elyane : « Le corps fait un tas de trucs sans qu’on s’en rende compte. Même si nous on se repose, lui il ne se repose jamais, y compris pendant la nuit. L’exemple le plus marquant, c’est celui de la digestion, qui est ce qui consomme le plus d’énergie. »

  • La prise de poids a souvent pour origine la peur (consciente ou non) de manquer de nourriture

Lorsqu’on se prive de nourriture alors qu’on a envie ou besoin de manger, le corps se met en mode « pénurie » : non seulement il stocke la moindre prise alimentaire, mais en plus il se vengera en réclamant plus (trop) de nourriture. Quand on manque effectivement, cette peur est cohérente. Mais lorsqu’on se prive de manière volontaire, on actionne également ce mécanisme. Elyane confirme ce phénomène en évoquant les études scientifiques sur la perte de poids. « De nombreuses études montrent que la prise de poids est associée à la restriction. Parce que la restriction nous éloigne de nos signaux : on finit par manger plus que notre faim

Et aussi la restriction crée de la nourriture émotionnelle : on ne mange pas par faim, mais pour fuir nos émotions. »

Finalement, en se faisant confiance, il n’y a pas de raison pour que son corps change radicalement. Si, malgré tout ceci arrive, il convient d’accepter ce changement, car il s’agit de circonstances exceptionnelles, où la priorité est de se protéger et de protéger les autres de la contamination. C’est ainsi qu’on est en mesure de se recentrer sur ce qui compte vraiment, loin des considérations futiles qui nous font souffrir car elles pèsent lourd sur notre charge mentale. En effet, la situation de confinement peut générer du stress, c’est contre ce stress qu’il faut lutter, et non contre les conséquences du confinement.

Pour prendre conseil auprès d’Elyane et son équipe, c’est par ici. Vous pouvez également suivre ses réflexions sur l’alimentation intuitive comme thérapie, et sur la grossophobie structurelle de la société sur YouTube et Instagram.  

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Développement personnel : savoir faire le tri entre levier de progrès social et manipulation

Temps de lecture : 2 minutesAujourd’hui, avec les nouvelles technologies d’information et de communication (TIC), il y a une prolifération de « coachs » en tout genre (fitness, nutrition, psychologie etc…) se réclamant du « développement personnel » [terme problématique en soi si on vise une forme de progrès social puisqu’il évoque une approche individualiste].

Cependant, parmi une horde de gourous peu crédibles, voire dangereux, il existe des créateurs de contenu à haute valeur ajoutée, avec un potentiel impact social positif. Voici quelques indicateurs à évaluer pour reconnaître ces derniers.

  • Utilisation d’éléments de langage flous

Prudence lorsqu’on parle de « sortir de sa zone de confort », « prendre des risques » ou de « sortir de ses croyances limitantes », surtout si ces expressions ne sont pas clairement illustrées par des exemples concrets : il y a une nuance entre oser faire certaines choses utiles à son épanouissement, et se mettre en danger.

  • Évacuation totale ou presque des questions sociales et politiques

Un coach qui ne prend pas en compte les inégalités de genre, la question raciale ou votre situation économique ne pourra jamais vous conseiller efficacement, car il négligera une partie importante du contexte social dans lequel vous évoluez. Par exemple, vous inciter au « miracle morning » (pratique qui consiste à se réveiller beaucoup plus tôt le matin pour faire plus d’activités en une journée) alors que vous souffrez de n’importe quelle maladie chronique, ou que votre corps réclame du sommeil est une approche validiste. Les contenus visant la mise en place d’une routine peuvent générer de l’anxiété, voire des TOC (troubles obsessionnels compulsifs), à cause de l’augmentation de la charge mentale que vous pouvez vous infliger suite à la consommation de ce type de productions. Pareil pour les injonctions au « healthy lifestyle » (style de vie sain), qui peuvent perturber votre relation avec la nourriture, voire provoquer des troubles du comportement alimentaire (TCA).

  • Présence d’un discours culpabilisant

Les injonctions du type « quand on veut on peut » ou la variante « il faut se faire violence pour obtenir des résultats » peuvent vous pousser à des comportements addictifs dangereux pour votre santé physique et mentale.

  • Présentation des solutions proposées comme des alternatives à la spiritualité ou à la médecine classique

Un coach responsable est dans l’obligation morale de vous conseiller un avis médical et/ou de vous écouter en priorité lorsqu’il vous prodigue un conseil. Leurs prestations d’accompagnement peuvent éventuellement servir de complément à un traitement médical ou une introspection personnelle, mais jamais de substitut.

  • Présence d’un discours complotiste

Il y a danger également lorsque le discours tenu à propos des institutions classiques fait écho à des théories complotistes…souvent fausses.

  • Confusion entre retour d’expérience personnelle et vérité générale établie scientifiquement

Un coach honnête se doit de distinguer son retour d’expérience et une vérité scientifique, sauf s’il est en mesure d’appuyer son témoignage à partir de faits rigoureusement démontrés.

  • Promesse de miracle à partir de solutions « clé-en-main » et simplistes pour résoudre un problème complexe

Le rôle d’un coach est de vous accompagner dans une démarche que vous entreprenez individuellement, et non de répondre à votre place à vos questions ; ceux qui vous promettent des solutions « magiques » risquent de vous mettre en danger.

 

Finalement, les outils utilisés dans ce qu’on appelle le « développement personnel » (qui est en réalité un accompagnement complémentaire médical ou psychologique) peuvent contribuer à une empreinte sociale positive, à la seule condition d’être dans une démarche de travail politique et social de fond, sur le long terme, avec une vision à l’échelle collective.

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Du dilemme entre justice et posture militante

Temps de lecture : < 1 minuteLa politique n’a rien de pur. Nous finissons tous par le réaliser tout au long de la durée de notre engagement. Même si beaucoup aiment se voiler la face et se raconter des histoires en se prenant pour des justiciers. Parfois, nous devons choisir entre nos convictions et la recherche de la vérité. Et souvent, nous sommes amenés à nous salir les mains….Toujours pour la bonne cause.

  • Certaines postures sont indispensables à la construction d’un rapport de forces…

Elles deviennent donc prioritaires et indispensables à préserver : pour lutter contre les violences sexuelles par exemple. Dans ce cas précis, un contexte hors institutions où la charge de la preuve est inversée est prioritaire, devant la recherche de vérité.

  • D’autres, sont en revanche, un moyen pour conserver des privilèges

Comme la posture qui consiste à organiser son impunité lorsqu’on est coupable d’agression pour exercer une emprise sur l’ensemble de la communauté militante, entretenir une logique de monopole pour capter toute l’attention et toute l’énergie militante (par conséquent, empêcher ou étouffer toute forme d’initiative), ou encore exiger que tout conflit se règle en interne, ce qui développe une certaine omerta.

  • Ces postures ne peuvent servir de prétexte à l’abandon de toute forme de justice

Dans tous les cas, il faudra, tôt ou tard, faire le travail d’investigation qui mènera à la vérité pour prendre des décisions.

Il convient d’étudier l’origine de chaque posture avant de porter un jugement sur elles, et de comprendre que tous les intérêts n’ont pas forcément vocation à converger. Mais il est également important de se baser sur des principes éthiques et une ligne de conduite transparente sur les pratiques militantes, afin de garantir une certaine traçabilité.

3 astuces pour limiter la récupération raciste ou sexiste

Temps de lecture : < 1 minuteNous sommes toutes et tous confronté.e.s à des désaccords, voire de gros conflits entre membres d’un même groupe social, qui subit pourtant les mêmes oppressions. Ces désaccords peuvent être facilement récupérés et instrumentalisés politiquement contre nos intérêts collectifs, si on manque de vigilance.

S’il est hors de question d’étouffer nos divergences sous prétexte d’unité, il est cependant possible de mettre en place des techniques d’autodéfense simples afin de refuser fermement toute tentative d’instrumentalisation raciste ou sexiste. En voici 3 :

 

  • « Casse-toi » : refuser l’ingérence dans les débats internes

Il est impératif de refuser fermement ce type d’alliance qui offre un boulevard à des personnes dominantes potentiellement tentées de distribuer les bons et les mauvais points aux personnes dominées. Manquer de fermeté à ce sujet, c’est laisser une ouverture, même très fine, pour autoriser cette mise en concurrence raciste ou sexiste.

  • « Je ne suis pas un bébé phoque à sauver » : s’émanciper du paternalisme

La deuxième étape après avoir refusé l’ingérence, c’est de se construire en-dehors du regard dominant. Nous n’avons en effet pas besoin d’une bouée de sauvetage ou de servir de caution « bonne conscience », mais d’alliances stratégiques.

  • « Laisse-moi tranquille » : signifier à son interlocuteur.ice qu’il ne doit pas nous solliciter à nouveau avec cet agenda

Enfin, il faut dissuader de manière permanente toute sollicitation pour de la récupération, sans avoir à s’auto-censurer. Le mieux est de fermer la porte à toute proposition allant dans ce sens, et ce, sans hésiter.

 

Avant d’être en mesure de pouvoir faire preuve de fermeté à ce type de requêtes, il est nécessaire de se renforcer, de se construire, afin de gagner en confiance, et ne plus ressentir le besoin de se justifier ou de se plaindre.

 

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