Les enjeux du télétravail : progrès social ou levier de surexploitation ? (2/3)

Temps de lecture : 3 minutes

Le confinement établi officiellement depuis le 16 mars 2020 a contraint de nombreux salariés au télétravail, souvent pour le meilleur, mais aussi parfois pour le pire. Pourtant, malgré ses limites, travailler de cette manière permet de bousculer, voire de révolutionner beaucoup de codes dans les entreprises française, et a un réel impact social positif.

 

  • Le télétravail permet de…

 

Et les retombées positives sur la qualité de l’air, de l’environnement et sur la diminution du stress sont très vites visibles.

    • Limiter les femmes et personnes assignées comme telles au harcèlement de rue

En effet, de nombreuses agressions sexuelles  ont lieu dans la rue et les transports en commun. Ne plus être obligée de les prendre pour aller travailler limite ainsi les déplacements, même si ce n’est pas ce qui permet de régler le problème sur la durée.

    • Rendre l’emploi accessible à plus de personnes ayant une affection longue durée ou reconnues comme travailleurs handicapés

Parce que l’injonction au présentéisme dans la majorité des entreprises entraine automatiquement la discrimination des travailleurs absentéistes, y compris lorsqu’il s’agit de raisons de santé.  De plus, beaucoup de postes en présentiels sont parfois hors de portée pour cette force de travail, et ce, malgré la validité de leurs compétences, à cause de la fatigue qu’ils entrainent.

    • Limiter les discriminations liées au territoire

Le télétravail permet également de supprimer les freins à l’embauche de quelqu’un n’habitant pas assez près du lieu de travail. Ceci entraine une plus grande diversité au sein des collaborateurs, et est bénéfique à la fois pour les candidats vivant dans des lieus excentrés, mais aussi pour la force de travail d’une entreprise.

    • Donner plus d’opportunités de briser le plafond de verre

Pour la simple raison qu’on peut créer beaucoup plus de valeur et de richesses lorsqu’on n’a pas besoin de déployer toute une logistique pour se rendre au travail (temps de trajet, mais également temps de préparation etc…).

    • Ne plus déléguer le travail domestique à des personnes précaires

A noter que reprendre la main sur ce travail permet également de se reconnecter à soi et aux personnes avec qui on vit, ce qui est important pour maintenir un équilibre plus sain entre vie personnelle et vie professionnelle. Ceci permet également de casser la domination de genre et de race qu’implique l’externalisation de ce travail.

    • Avoir plus d’autonomie sur la gestion de son temps

C’est une manière d’atténuer le lien de subordination avec son employeur, mais aussi de se faire passer en premier, en agissant sur les leviers qu’on maîtrise.

    • Économiser ses droits en termes de congés maladie ou parentalité

Parce que parfois, la maladie ou la parentalité ne nécessite pas l’arrêt total du travail, mais rend impossible le trajet pour aller travailler. Et que dans ces cas de figure, les congés pour maladie ou parentalité ne règlent pas le problème, voire, peut même l’aggraver.

    • Casser les codes sociaux superflus

Parce qu’on n’a pas besoin de se voir tous les jours, d’être tiré sur quatre épingles, de se serrer la main, de se faire la bise, de participer à des réunions, des déjeuners, des pauses café ou des « after-work » pour s’apprécier, se respecter, ou même être efficace. C’est même plutôt le contraire.

 

  • Mais il faut veiller à…

 

    • Respecter le droit à la déconnexion

Parce que la violation de ce droit provoque burn-out et dépressions.

    • Ne pas tendre vers un déséquilibre entre vie personnelle et vie professionnelle

Pour cela, il est nécessaire de faire preuve d’un minimum d’auto-gestion et de discipline sur l’usage de son temps. Maintenir des routines est important (sport, repas, méditation, temps de pause….).

    • Ne pas supprimer d’emplois sans solution pérenne pour vivre dignement

Si l’injonction à l’emploi est toxique, dans un contexte où l’emploi reste la norme pour subvenir à ses besoins primaires, les supprimer brutalement sans réelle alternative risque d’entrainer plus de violences que de progrès social.

    • Consolider des liens sociaux par une présence réelle régulière

Si les liens sociaux virtuels ne sont pas anodins, il est important de les confirmer par une présence physique régulière.

 

Plus globalement au niveau de la société, la question du télétravail en soulève bien d’autres : celle des disparités sociales entre les métiers où le télétravail est impossible et les autres, mais aussi celle du niveau (variable) de nécessité des métiers que l’on peut exercer de chez soi. En effet, on peut se demander pourquoi les métiers les plus pénibles (qui sont aussi les plus vitaux) sont aussi mal rémunérés, alors que les « bullshit jobs » rapportent gros (même lorsqu’ils rendent malheureux) en termes financiers, et sont souvent nuisibles à la société.

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Faut-il arrêter de privilégier les procédures aux résultats ? (1/3)

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En temps normal, la fiabilité d’un résultat (scientifique ou autre) dépend fortement de la rigueur avec laquelle une procédure est appliquée. Or, que faire et quoi penser, lorsque l’urgence nous empêche de mettre en œuvre toutes les étapes d’une procédure, ou que cette dernière, trop rigide, peut nous empêcher d’avancer ?

Prenons l’exemple de l’usage de la chloroquine comme traitement antiviral dans la pandémie du COVID-19. A ce jour, aucune étude aboutie ne prouve son efficacité. Pourtant, de nombreux médecins sur le terrain ont déjà établi un protocole de soins autour de cette molécule partout dans le monde. Faut-il les en blâmer, ou au contraire les féliciter ?

Pour répondre à ces questions, nous allons discuter ici de la pertinence des procédures selon le contexte, et montrer pourquoi dans tous les cas, la priorité, c’est la préservation de l’intégrité physique et morale des personnes.

  • Les procédures sont souvent une garantie de qualité des résultats….

…Lorsqu’elles sont exécutées en conditions normales ! Et c’est parce qu’elles ne sont pas forcément toutes conçues pour gérer l’imprévu qu’elles ne marchent pas à tous les coups. Si, dans l’idéal, le meilleur moyen de prévoir l’imprévisible, est de prévoir un maximum de choses, ce n’est malheureusement pas toujours possible.

Alors, à moins que les procédures ne prennent en compte toutes les éventualités, il faut parfois les modifier ou les accélérer lorsqu’il y a urgence.

  • Elles peuvent servir d’outils d’exclusion et de discrimination

Il faut aussi prendre en compte le fait que les procédures peuvent être utilisées pour exclure, voire discriminer n’importe quelle personne tentée de les remettre en question.

L’exemple le plus parlant ce sont les procédures pour délivrer des titres et des diplômes dans les écoles et les universités les plus prestigieuses et les plus reconnues. Ces titres peuvent être utilisés comme biais de manipulation, comme l’explique Robert Cialdini dans son ouvrage « Influence et Manipulation ». En effet, les titres peuvent être utilisés pour intimider toute personne qui n’en possèderait pas d’équivalent, afin de la discréditer, ou de la dissuader d’agir. C’est donc pour cette raison que des jeunes à haut potentiel se retrouvent en échec scolaire ; on confond leur inaptitude à un système avec un manque de compétences ou de connaissances.

  • L’urgence n’est jamais un prétexte valable pour mettre en danger des vies humaines

Cependant, même dans l’urgence, trop négliger les procédures (qui restent une référence et un filet de sécurité, quoiqu’on en pense) peut s’avérer dangereux. On n’a pas le droit de mettre en danger des vies, sous prétexte qu’une procédure serait trop longue et complexe.

On peut tout de même la modifier en l’adaptant au contexte d’urgence ; mais toujours en respectant un minimum de précautions.

 

Pour conclure, ce qu’il faut questionner avant tout, c’est la façon dont sont construites les procédures, et pas forcément leur existence. En effet, les procédures permettent de rassurer. Mais pour qu’elles soient valables dans n’importe quel contexte (social), il est important de les tester dans toutes les circonstances (et de vérifier qu’elles y sont adaptées) avant de les privilégier en tout temps. Si ce n’est pas le cas, il faut avoir l’humilité de les remettre en cause, surtout lorsqu’elles excluent de manière injuste, ou ne donnent pas les résultats espérés parce que trop lentes ou inadaptées, en temps de crise, par exemple.

Pour revenir à la crise sanitaire actuelle, il y a assez de recul sur l’usage de la chloroquine dans d’autres circonstances, mais aucun sur la dose préconisée pour baisser la charge virale du COVID-19. Les patients qui en ont reçu se sentent mieux, mais nous ne savons pas à quel prix, et nous ne savons pas encore si ces résultats apparemment prometteurs seront confirmés sur du plus long terme. La question d’administrer ce traitement ne doit revenir donc qu’aux médecins seuls, et à ce jour, elle est plus d’ordre éthique, que de rigueur scientifique ; faut-il administrer ce traitement sans visibilité sur les effets secondaires, ou prendre le risque de perdre encore plus de patients (qui varie entre 1 et 3%, ce qui est faible en taux de pourcentage, mais conséquent en nombre de vies humaines à l’échelle d’un pays) ?

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Ce que la crise sanitaire (et le confinement l’accompagnant) révèle de nous et de notre société

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La pandémie désormais mondiale de COVID-19 exacerbe toutes les réalités sociales de manière plus ou moins surprenante. Voici une liste (non-exhaustive) de faits vérifiés par les conséquences de cette crise.

  • Notre système économique est à bout de souffle

Car c’est à la fois ce système qui a créé cette pandémie comme les autres (conséquence de la consommation d’animaux sauvages ou élevés de manière industrielle), et ce même système qui nous empêche de sortir de cette crise sanitaire (conséquence d’un manque de moyens couplé à une mauvaise gestion du service public de la santé).

  • Les métiers les moins valorisés financièrement sont aussi ceux les plus indispensables à notre vie quotidienne

Les personnels soignants, les salariés des fournisseurs d’énergie et de télécommunication, les chauffeurs routiers, les livreurs, les salariés de la grande distribution, les agents d’entretien nous permettent d’assouvir les besoins les plus vitaux, ceux qui sont à la base de la pyramide de Maslow. Pourtant, ce sont aussi les métiers les plus précaires, et les moins rémunérés.          Ensuite, les services de sécurité, d’information, d’éducation et de transport sont également indispensables : ils peuvent être mieux rémunérés, mais la norme reste la précarité et la paupérisation.

Enfin, tous les métiers de représentation, et ceux qui permettent l’enrichissement d’une minorité de personnes ou l’optimisation financière peuvent rapporter gros, même si la finalité n’est pas explicite.

  • Le confinement cumulé à la crise sanitaire révèle toutes les disparités sociales, sans exception

En partant des personnes qui peuvent se permettre de rester confinées, par rapport à celles contraintes de prendre des risques de contamination au service des premières et celles qui n’ont même pas les moyens de l’être, jusqu’à celles qui sont confinées dans des manoirs ou appartements vastes et luxueux, contrairement à celles obligées de squatter dans des logements exigus, voire insalubres.

En passant par les personnes confinées avec d’autres dangereuses, comme les femmes victimes de violence conjugale ou les enfants victimes de maltraitance familiale.

A cela s’ajoute le reste des discriminations ; face à une pénurie de tests, de masques, et de lits dans les hôpitaux, il n’est pas difficile de deviner quelles vies seront préservées (les plus jeunes), et lesquelles seront  sacrifiées (les moins jeunes et…les moins désirables). Dans un climat anxiogène où une présence policière accrue est inévitable, le risque d’augmentation des abus policiers n’est aussi pas négligeable.

  • Le confinement expose également au grand jour les comportements toxiques des gens

Les situations d’urgence où se mêlent angoisse et instinct de survie permettent de mettre à nu les réelles intentions, et les réflexes de chacun et de chacune. Personne n’est à l’abri de se rendre coupable de comportements toxiques. En effet, ces comportements peuvent être également de bons indicateurs sur ses propres besoins, ceux des autres, et sur les ressentis qui en découlent.

  • Les querelles entre militants semblent désormais lointaines et absurdes

Parce que le risque sanitaire face à l’infiniment petit qui nous expose inévitablement et de manière universelle malgré les inégalités sociales permet de nous concentrer sur le consensus à propos du constat des injustices. Les différences de stratégies couplées à un mauvais entretien du lien social entre militants semblent alors plus faciles à surmonter.

  • Les liens sociaux virtuels s’avèrent aussi précieux que les autres

Parce qu’en période de confinement, ils peuvent être les seuls existant pour les personnes isolées, mais également un moyen de préserver la vie de ses proches les plus fragiles, lorsqu’on évite d’être confinés sous le même toit.

On réalise alors que ces liens peuvent tout autant détruire, blesser, que réconforter. Et que le cyberharcèlement n’est pas un mythe, comme la solidarité existe bel et bien via les médias sociaux.

  • Il est possible de réduire notre empreinte carbone très rapidement

Et on a pu le constater en seulement quelques jours….Preuve que la course effrénée à l’activité que nous menons est directement responsable du réchauffement climatique et de la destruction des ressources naturelles.

  • Notre temps est une ressource bien plus précieuse que n’importe quel patrimoine économique

…Et c’est bien pour cette raison précise que les patrons achètent cette ressource en embauchant des salariés ! Lorsque nous nous retrouvons au chômage (qu’il soit partiel, complet ou technique), nous pouvons perdre de l’argent, mais nous récupérons notre temps. Notre avenir et notre condition ne dépend donc pas uniquement du montant sur notre compte bancaire ou des déterminisme sociaux, mais aussi de la façon dont nous choisissons de gérer notre ressource-temps.

  • Le confinement peut être une torture pour les personnes souffrant déjà de troubles mentaux (et elles sont plus nombreuses qu’on ne veut le croire)

Pour certaines personnes, les interactions sociales réelles et le contact extérieur sont indispensables à leur bien-être mental, mais aussi physique. C’est pour cette raison que si le confinement en France est aujourd’hui plus que nécessaire, et que la responsabilité est aussi individuelle que collective dans son bon déroulement, il est également important de faire preuve de bienveillance envers les personnes supportant mal le climat anxiogène généré par cette mesure.

  • D’autres façons de travailler sont possibles, au-delà de tout culte de la performance

Hier, on estimait que le télétravail n’était possible que pour certaines professions (sous des prétextes souvent validistes), aujourd’hui on essaie de le généraliser un maximum, faute de mieux. Là encore, le télétravail, bien que comportant des limites, permet aux travailleurs d’avoir une plus grande marge de manœuvre sur leur gestion du temps, et donne ainsi la possibilité de réfléchir à des fins plus qualitatives que quantitatives dans le monde de l’entreprise.

  • Tous les rites et codes d’apparence semblent aujourd’hui futiles

Se rendre à un bureau à des heures fixes quelle que soit la quantité de travail à effectuer, atteindre des cadences invraisemblables, se saluer par des bises ou des poignées de main, porter des vêtements inconfortables, remplir des standards physiques improbables, évaluer la qualité d’un travail sur sa forme et non sur le fond, multiplier les réunions interminables…Tout ceci semble bien inutile quand les enjeux prioritaires sont de survivre,  de se protéger mutuellement, et de sauver ainsi la vie et l’économie de son pays.

 

  • La solution de confinement n’était pas la seule pour gérer cette crise

En contrôlant efficacement les personnes provenant de foyers infectés, et en les confinant par précaution, le temps d’avoir du recul sur ce virus, on aurait pu éviter beaucoup de contaminations. En adoptant des règles de civisme, tout en testant un maximum de personnes, on aurait également pu éviter un confinement maximal, comme ceci a été le cas en Corée du Sud.

Finalement, le confinement, c’est déjà le quotidien des personnes oubliées habituellement. Le COVID-19 nous donne une claque collective : pas seulement parce qu’il remet en question entièrement nos comportements et modes de vie (individuels et collectifs), mais aussi parce qu’il nous plonge violemment et brusquement dans la réalité de celles et ceux oubliés par tous ; les personnes n’ayant pas les moyens de sortir de leur dimension de travailleur-consommateur, et toutes celles assignées à résidence par leur condition physique et/ou mentale. Cependant, cette période de confinement nous laisse une opportunité précieuse : celle de reprendre le contrôle de notre temps et de nos vies, pour agir dans la durée.

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Développement personnel : savoir faire le tri entre levier de progrès social et manipulation

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Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies d’information et de communication (TIC), il y a une prolifération de « coachs » en tout genre (fitness, nutrition, psychologie etc…) se réclamant du « développement personnel » [terme problématique en soi si on vise une forme de progrès social puisqu’il évoque une approche individualiste].

Cependant, parmi une horde de gourous peu crédibles, voire dangereux, il existe des créateurs de contenu à haute valeur ajoutée, avec un potentiel impact social positif. Voici quelques indicateurs à évaluer pour reconnaître ces derniers.

  • Utilisation d’éléments de langage flous

Prudence lorsqu’on parle de « sortir de sa zone de confort », « prendre des risques » ou de « sortir de ses croyances limitantes », surtout si ces expressions ne sont pas clairement illustrées par des exemples concrets : il y a une nuance entre oser faire certaines choses utiles à son épanouissement, et se mettre en danger.

  • Évacuation totale ou presque des questions sociales et politiques

Un coach qui ne prend pas en compte les inégalités de genre, la question raciale ou votre situation économique ne pourra jamais vous conseiller efficacement, car il négligera une partie importante du contexte social dans lequel vous évoluez. Par exemple, vous inciter au « miracle morning » (pratique qui consiste à se réveiller beaucoup plus tôt le matin pour faire plus d’activités en une journée) alors que vous souffrez de n’importe quelle maladie chronique, ou que votre corps réclame du sommeil est une approche validiste. Les contenus visant la mise en place d’une routine peuvent générer de l’anxiété, voire des TOC (troubles obsessionnels compulsifs), à cause de l’augmentation de la charge mentale que vous pouvez vous infliger suite à la consommation de ce type de productions. Pareil pour les injonctions au « healthy lifestyle » (style de vie sain), qui peuvent perturber votre relation avec la nourriture, voire provoquer des troubles du comportement alimentaire (TCA).

  • Présence d’un discours culpabilisant

Les injonctions du type « quand on veut on peut » ou la variante « il faut se faire violence pour obtenir des résultats » peuvent vous pousser à des comportements addictifs dangereux pour votre santé physique et mentale.

  • Présentation des solutions proposées comme des alternatives à la spiritualité ou à la médecine classique

Un coach responsable est dans l’obligation morale de vous conseiller un avis médical et/ou de vous écouter en priorité lorsqu’il vous prodigue un conseil. Leurs prestations d’accompagnement peuvent éventuellement servir de complément à un traitement médical ou une introspection personnelle, mais jamais de substitut.

  • Présence d’un discours complotiste

Il y a danger également lorsque le discours tenu à propos des institutions classiques fait écho à des théories complotistes…souvent fausses.

  • Confusion entre retour d’expérience personnelle et vérité générale établie scientifiquement

Un coach honnête se doit de distinguer son retour d’expérience et une vérité scientifique, sauf s’il est en mesure d’appuyer son témoignage à partir de faits rigoureusement démontrés.

  • Promesse de miracle à partir de solutions « clé-en-main » et simplistes pour résoudre un problème complexe

Le rôle d’un coach est de vous accompagner dans une démarche que vous entreprenez individuellement, et non de répondre à votre place à vos questions ; ceux qui vous promettent des solutions « magiques » risquent de vous mettre en danger.

 

Finalement, les outils utilisés dans ce qu’on appelle le « développement personnel » (qui est en réalité un accompagnement complémentaire médical ou psychologique) peuvent contribuer à une empreinte sociale positive, à la seule condition d’être dans une démarche de travail politique et social de fond, sur le long terme, avec une vision à l’échelle collective.

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Pourquoi travailler plus ne fait pas (vraiment) gagner plus (2/3)

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La formule « travailler plus pour gagner plus » a rendu Nicolas Sarkozy populaire pendant sa première campagne présidentielle, et sa mesure de défiscalisation des heures supplémentaires a été bien accueillie par les salariés qui en ont bénéficié, car ils ont gagné en pouvoir d’achat.

Or, cette solution n’est qu’un pansement sur l’hémorragie ; non seulement elle pose d’autres problèmes (surcharge de travail, suppressions de postes, licenciements économiques), mais en plus, elle permet aux salariés seulement de récupérer les miettes que les dirigeants d’entreprises veulent bien leur accorder. Explications.

  • Travailler plus, c’est à la fois prendre le risque de réduire sa productivité et de ruiner sa santé sur le long terme

D’une part parce que la productivité se mesure en calculant le rapport entre le nombre d’unités produites sur le temps passé à les produire, et mathématiquement, ce nombre diminue lorsqu’on allonge le temps de travail. D’autre part, parce que l’allongement du temps de travail provoque de l’épuisement professionnel, coûteux sur le long terme, en plus du préjudice subi par les travailleurs.

  • Le travail salarié requiert une disponibilité constante, mais rapporte peu d’argent dans la plupart des cas, malgré la sécurité de l’emploi

Si un salaire fixe permet une sécurité financière relative, le lien de subordination qui l’accompagne peut aussi faire perdre au travailleur une bonne partie de son autonomie, notamment en termes de temps de travail.

En effet, les heures supplémentaires ne sont pas forcément rémunérées (Cf. les modalités du forfait jour), et mêmes lorsqu’elles le sont, les bénéfices obtenus ne sont pas toujours supérieurs aux risques pris.

  • Les personnes au meilleur pouvoir d’achat sont celles qui savent où investir leur temps et leur argent

Contrairement à ce que l’idéologie dominante voudrait nous faire croire, ce n’est pas le nombre d’heures de travail qui permet une meilleure rémunération, mais bien une gestion intelligente et efficiente des ressources humaines, horaires et financières.

 

Si un bon salaire en début de carrière permet d’épargner, sur le long terme, ce n’est pas ce qui rapporte le plus. Ce qui fait réellement gagner plus d’argent c’est de savoir où investir son temps et son argent, tout en faisant travailler d’autres pour soi afin de se consacrer à ce qui est le plus rentable.

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Pourquoi l’injonction au salariat est une entourloupe (1/3)

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A cause de la généralisation de l’intérim et des contrats précaires, le CDI est perçu à juste titre comme la perle rare qu’il faudrait poursuivre à tout prix.

Seulement, la stabilité financière qu’offrent ces contrats a un prix non négligeable : le lien de subordination et le manque d’autonomie qui souvent l’accompagne.

Ainsi, il n’est pas toujours judicieux de courir après ces contrats si on ne sait pas dans quoi on s’engage.

  • L’offre de salariat se raréfie à cause de la transition économique

Parce qu’aujourd’hui le travail s’automatise et « s’ubérise », le travail salarié est de moins en moins adapté, voire plus du tout pertinent dans ce contexte : c’est d’ailleurs pour ces raisons que désormais la norme de recrutement n’est plus celle du CDI.

Nous sommes donc souvent contraints à la précarité, faute d’alternative crédible, et poursuivre l’opportunité d’un travail salarié stable devient de plus en plus complexe.

  • Les conditions du travail salarié se dégradent

Ainsi, avec la baisse de travailleurs salariés, la charge de travail s’intensifie et repose sur ceux qui le sont encore. En effet, comme l’offre de travail salarié se raréfie, le rapport de forces est de plus en plus tendu au niveau du climat social au sein des entreprises, ce qui détériore fortement l’environnement de travail.

  • Le salariat peut être une forme de contrôle social visant à bloquer les initiatives innovantes

Parce que le lien de subordination conditionnant le travail salarié entrave l’autonomie de manière plus ou moins importante, les travailleurs les plus créatifs peuvent se retrouver limités au niveau de leur épanouissement, dès lors que leurs idées dépassent le cadre du système de valeurs instauré dans une entreprise.

 

Si aujourd’hui le salariat ressemble de moins en moins à une option de sécurité, l’option de l’entreprenariat n’est pas forcément plus rassurante. En effet, aujourd’hui il existe une nouvelle forme de prolétariat, appelée aussi « précariat », proliférant en partie à cause du statut d’auto-entrepreneur : statut dont les employeurs abusent pour faire l’économie de cotisations sociales dues pour tout travail salarié. L’injonction à l’entreprenariat, surtout dans ce contexte incertain, est donc loin d’être meilleure que celle au salariat. La seule issue pour sortir à la fois de la précarité et du lien de subordination, serait de favoriser un entreprenariat comprenant une intelligence du marché, avec une réelle valeur ajoutée, et une prise en compte de l’empreinte sociale.

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Pourquoi Edouard Philippe a utilisé l’article 49-3 pour le projet de loi sur les retraites

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On pourrait passer des heures, des jours, des mois à déplorer l’action d’Edouard Philippe en ce samedi 29 février 2020, et à se plaindre de la douleur pas ravivée depuis le règne de feu Manuel Valls. Mais ce serait inutile, parce que ceci ne nous mènerait nulle part. Nous allons ici passer en revue l’ensemble des éléments ayant contribué à ce nouvel échec social. 

  • Le premier ministre a le pouvoir, les moyens et l’opportunité de passer en force…

…Il ne s’est donc pas gêné, et à vrai dire, n’importe qui aurait fait pareil à sa place, compte tenu du rapport de forces existant.

  • Le 49-3 est toujours déploré après usage, mais il n’y a pas à ce jour de remise en question crédible de cet article en amont

Car encore une fois, il ne suffit pas de réagir de manière plus ou moins virulente après coup à chaque fois, mais bien de structurer des organisations suffisamment puissantes pour se permettre l’ambition de retirer cet article de la Constitution. Ce qui requiert un travail pro-actif…et sur le long terme.

  • La résistance n’a pas été à la hauteur

Parce que d’une part elle ne s’est faite qu’en réaction du calendrier ministériel, et de manière relativement molle ; et d’autre part, elle a mis de côté une partie non négligeable des travailleurs, ce qui a empêché des convergences de se créer.

  • On ne peut pas se contenter de réclamer de la protection de la part de ceux qui nous dominent, si derrière on offre ni alternative crédible, ni cadre sécurisant pour les travailleurs

Réclamer le soutien de riches personnalités est donc vain. La priorité est de formuler une demande claire, précise, de se fixer des objectifs à court terme et long terme et atteignables, de se concerter afin d’agir sur des leviers qu’on maîtrise. Puis, une fois que l’on s’est recentré sur nous, on est en mesure de créer les liens sociaux nécessaires à la construction d’un véritable rapport de forces sur le long terme.

Finalement, cet n-ième coup bas confirme le fait qu’il faut radicalement changer de paradigme en termes de modalités de lutte. En effet, il est inutile de conserver des méthodes sans prise en compte du contexte économique en transition (notamment l’ubérisation), car celles-ci ne fonctionnent plus aujourd’hui. 

Pourquoi certains candidats aux municipales cherchent à « végétaliser » les quartiers populaires ?

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“Végétaliser les milieux urbains”, c’est devenu l’argument tendance, à l’ère où les populations occidentales privilégiées souffrent “d’éco-anxiété” et où le  marketing vert prospère. Ainsi, les mesures proposées vont du simple potager collectif au remplacement des gares parisiennes pour y mettre des parcs. Ces idées peuvent donner envie, et même partir de très bonnes intentions. Seulement, elles sont bien souvent problématiques, et voici pourquoi.

  • Parler d’environnement pour dépolitiser la question de l’écologie

En effet, se limiter à des enjeux environnementaux et des solutions purement technologiques, c’est éviter de questionner les modèles économiques qui entraînent pollution et surconsommation des ressources de la planète. Ce procédé permet également de contourner la dimension impérialiste (existant également au niveau de la consommation dite “éthique”) du pillage de ces mêmes ressources.

 

  • Poursuivre la gentrification des centres-villes de banlieue ou de Province et de Paris intra-muros et accroître ainsi la fracture sociale

Par exemple, vouloir déplacer la gare de l’Est à Noisy-le-Sec pour la remplacer par un parc pose plusieurs problèmes sociaux bien que cette mesure permettrait une meilleure qualité de vie pour les habitants de ce quartier ; supprimer cette gare parisienne, c’est enclaver encore plus les banlieues Est de l’Ile-de-France desservies par les transiliens (elles le sont suffisamment), mais aussi repousser les habitants de Noisy-le-Sec encore plus loin, puisque l’agrandissement d’une gare provoque automatiquement une augmentation des loyers et du prix au mètre carré aux alentours. Ce mécanisme s’appelle la gentrification, et exclut automatiquement de l’amélioration des services publics et des infrastructures les populations les plus précaires.

Ainsi, l’argument de la réduction de la pollution pour défendre ce type de mesures n’est pas totalement fondé.

  • Le paradigme colonial sous couvert de sécurité

Il existe une autre mesure qui cache des motifs peu avouables : c’est la volonté de lutter contre le “bétonnage” en protestant contre les projets de construction de logements sociaux, quand les autres projets immobiliers passent sans problème. Lorsqu’on gratte le vernis (la préservation de la faune et la flore), on comprend que ce qui effraie derrière les logements sociaux, c’est le risque de délinquance, de saturation des services publics et baisse de valeur sur le patrimoine immobilier. Parce que les quartiers populaires sont automatiquement associés aux populations non-blanches (sur-représentées chez les pauvres), à l’insécurité et aux incivilités. A côté, il n’y a pas de revendication autour de services publics et infrastructures plus efficientes, ou de moyens favorisant la consommation raisonnées des ressources naturelles : ce n’est donc pas l’écologie qui motive ce combat, mais bien le racisme et l’imaginaire colonial vis-à-vis des habitant.e.s de quartiers populaires.

Finalement, lorsqu’on creuse jusqu’aux origines de cette envie de « végétaliser » les quartiers populaires (où les urgences sont ailleurs), on réalise que non seulement il n’y a pas de sincère volonté d’envisager politiquement le changement climatique, mais en plus il y a une suspicion relevant du racisme et/ou du mépris de classe envers les habitant.e.s de ces quartiers. Un exemple hautement symbolique de ce racisme sous couvert d’écologie, fut l’expulsion du camp de Roms du Samaritain, car il se trouvait sur l’itinéraire des chefs d’Etat se rendant à la COP21. En effet, vouloir végétaliser ces territoires avant de vouloir régler les problématiques urgentes, c’est considérer implicitement qu’ils sont trop “animalisés”. Outre ce sous-entendu déshumanisant, on entretient l’ensauvagement réel ou supposé de ces populations lorsqu’on ne travaille pas pour de meilleures conditions de vie et on ne progresse pas sur la question écologique sans politique de long terme (meilleur accès à la consommation raisonnée, encadrement des loyers pour une réelle mixité sociale sans accroître le phénomène de gentrification, transports en commun gratuits et plus efficients pour dissuader l’usage de la voiture, promotion du télétravail etc…)

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