Pourquoi il faut arrêter de confondre idéologie et luttes d’intérêts

Temps de lecture : 2 minutes

Lorsqu’on s’engage concrètement, on réalise bien assez tôt qu’il y a un écart (plus ou moins important) entre ses intimes convictions, l’adhésion à une idéologie et la réalité de ses propres actions sur le terrain des luttes de pouvoir.

Cette différence est souvent perçue comme problématique, et utilisée parfois à des fins d’invective personnelle. Pourtant, vouloir à tout prix modifier la réalité pour qu’elle colle à des idéaux théoriques s’avère contre-productif la plupart du temps. Voici pourquoi.

  • Percevoir les luttes d’intérêts sous un prisme moral empêche toute forme de réflexion stratégique efficace

D’une part parce qu’il faut garder un minimum de rationalité froide pour mettre toutes les chances de son côté dans la lutte, d’autre part parce que la notion de morale (le Mal versus le Bien), contrairement à l’éthique (basée sur un socle de valeurs) évacue toute forme de nuance, nécessaire à une gestion saine des émotions et à la construction de liens durables.

  • La dissonance cognitive peut générer de la souffrance lorsque nos propres intérêts entrent en contradiction avec nos idéaux

Et il est plus accessible d’adapter ses croyances (qui relèvent de perceptions internes) que d’agir sur un contexte où on n’a pas de pouvoir direct.

  • Une idéologie sert de repère théorique fixe, alors que les luttes d’intérêts sont constamment en mouvement selon leur contexte

Les paradoxes et contradictions font donc naturellement partie intégrante d’un parcours militant au fil des années. Ce n’est donc pas un problème en soi, mais plutôt une étape obligatoire d’un processus stratégique qu’il faut apprendre à dépasser.

Finalement, si des idéaux permettent de construire des valeurs communes pour générer des actions dans le but de gagner des combats, leur préservation n’est pas une fin en soi. Le purisme militant n’a donc pas lieu d’être, et relève plus d’une dérive sectaire que d’une réelle victoire idéologique.

 

 

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Pourquoi les modèles économiques les plus rentables ne reposent pas sur le buzz

Temps de lecture : 2 minutes

La rentabilité d’un modèle économique correspond au ratio du bénéfice généré sur l’investissement de départ. Or, on croit beaucoup trop souvent (à tort) que les indicateurs d’influence, de pouvoir et de rentabilité sont ceux les plus ostentatoires. Seulement, les structures, qu’elles soient à but lucratif ou non, les plus pérennes, ne sont pas forcément celles qui font le plus de bruit médiatique. Explications.

  • Le buzz est un paramètre aléatoire sur lequel on a en réalité, peu de marges de manœuvres

Notamment parce qu’il est bien souvent imprévisible. Et que chercher à vouloir recréer les conditions d’un buzz de manière répétée est non seulement épuisant, mais peut aussi nuire à la qualité de son contenu ou de sa prestation.

  • C’est l’entretien du lien avec son public ou sa cible qui permet de créer de l’engagement, de l’investissement, un meilleur taux de transformation

Ce n’est pas parce qu’il y a buzz, qu’il y a investissement, engagement, ou achat derrière. Seuls le niveau de confiance et la qualité du lien permettent une relation de travail durable et fructueuse.

  • On est moins épuisé lorsqu’on lâche prise sur la recherche de buzz, et donc mieux organisé dans son travail

Ne pas s’acharner à poursuivre un objectif inatteignable, c’est préserver son temps et son énergie sur des actions donnant des résultats avec une visibilité à court terme, et ce, de manière durable et régulière.

  • La réussite et l’efficacité de sa structure ne dépendent pas de la taille de l’audience

Avoir un large public avec peu d’interactions fructueuses est moins payant que d’avoir une audience moindre, mais très investie dans votre travail. Pour la simple raison qu’il est beaucoup plus facile de répondre efficacement aux besoins d’une cible réduite, que de chercher à satisfaire un maximum de personnes.

  • Les signes extérieurs d’influence sont souvent artificiels et servent surtout comme biais de manipulation, voire de domination

Les paramètres comme le nombre de likes et de followers manquent de précision : il peut s’agir de bot, de faux comptes, mais aussi de likes achetés avec le SEM (référencement artificiel à partir de publications sponsorisées). Cependant, ces indicateurs peuvent attirer de nouveaux prospects, abonnés ou clients à cause du biais de manipulation « plus de likes = plus d’influence ».

Finalement, là où de nombreux influenceurs sont en burn-out et arrivent à saturation, les business les plus discrets tirent leur épingle du jeu avec des performances plus qu’honorables, et fonctionnent sur le long terme.

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Les raisons pour lesquelles l’engagement peut nous rendre malheureux

Temps de lecture : 3 minutes 

Dans n’importe quel espace militant, le constat est unanime : il existe un mal-être, une souffrance générale de plus en plus perceptible. Pourquoi, et surtout, comment on en arrive là ?

Voici une liste (non-exhaustive) de pistes de réflexion :

 

  • Organisations du travail pathogènes

L’absence de procédures claires de travail, d’outils de gestion de projet, voire de vision précise, conduit à une organisation instable et stressante pouvant mener à des burn-out à cause d’une surcharge de travail.

  • Impunité des agresseurs et des personnes violentes

Cette impunité entretient la violence de l’écosystème, et exclut de facto les victimes, peu importe leur apport au sein des structures militantes ; puisque ce ne sont pas les compétences qui sont préservées, mais bien les leviers d’image (à tort).

Cette inertie empêche également la protection des lanceurs d’alertes, malgré la loi Sapin 2 qui oblige pourtant toutes les organisations à disposer d’un système de recueil des alertes en interne.

  • Manque de réflexion politique et économique dans la gouvernance des structures associatives

On oublie souvent de se poser la question du niveau de prise en compte de la parole des personnes concernées (notamment en termes de temps consacré), de leur niveau d’investissement et de responsabilité dans une structure qui s’adresse à elles. On néglige également la question du financement de l’association, et à quel moment on choisit de professionnaliser une partie ou la totalité de ses activités.

Eviter ces questions pourtant primordiales, c’est s’exposer à une mauvaise articulation entre travail salarié et bénévolat (risques de travail dissimulé), un manque de moyens financiers et/ou d’indépendance financière pour fonctionner correctement, des indicateurs de performance inadéquats par rapport aux objectifs des structures associatives, et à une logique de réponses à des appels d’offres et de prestations de services qui ne permettent pas d’être propriétaire de son calendrier.

 

  • Absence d’une charte éthique claire

Si des règles peuvent se mettre en place de manière informelle, il n’est pas dit qu’elles soient cohérentes avec la vision d’une structure. D’où l’intérêt de les définir clairement le plus tôt possible.

Il existe également une culture du sacrifice très présente dans le milieu associatif, où faire passer le bien de la structure avant celui des personnes qui la composent est hautement valorisé, bien que dangereux et improductif.

  • Mauvaise gestion des conflits

Sous prétexte de débat, on légitime la violence de réels conflits, en laissant libre cours à tout type de violences, notamment dans la manière de communiquer.

  • Ruptures douloureuses

Dans un environnement ultra-conflictuel, les liens ne peuvent être préserver et mènent vers des ruptures coûteuses socialement parlant, en plus des projets avortés.

  • Manque de remise en question des comportements toxiques

Lorsqu’il n’y a pas de relation de confiance installée, on préfère laisser des comportements toxiques se développer par crainte de rupture. C’est malheureusement ainsi que les situations conflictuelles s’enveniment :  c’est pourquoi il faut remettre en question les comportements, en les détachant des personnes qui en sont responsables (ils ne sont heureusement pas irréversibles).

  • Energie concentrée sur ce qui ne dépend pas de nous

Réclamer ce qu’on n’a pas aux autres, sans entretenir ce qu’on a déjà pour avancer est une stratégie vouée à l’échec. En effet, parce qu’on n’a aucun pouvoir direct sur les décisions institutionnelles, demander qu’elles changent, sans agir à son niveau, empêche de percevoir les progrès que l’on fait, et finit par décourager l’ensemble des efforts fournis.

  • Manque de renouvellement des modes d’action

Il y a beaucoup de réflexes militants qu’on ne questionne plus, même lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous :  ces répétitions finissent par épuiser les forces d’engagement sur le long terme.

  • Concentration des pouvoirs et de la charge mentale sur une poignée de personnes

Outre les risques liés aux abus et au culte de la personnalité, ceci empêche à la fois la distribution du pouvoir et l’émergence de nouveaux leaders capables d’augmenter la force collective.

  • Critiques non constructives

Lorsque les critiques sont émises uniquement pour se soulager en rabaissant autrui, et non dans le but d’une réussite collective, elles peuvent être perçues comme violentes par celleux qui les reçoivent et entraver toute construction de lien et/ou de projet commun.

  • Marché militant segmenté mais non ciblé

Aujourd’hui, notre environnement militant fonctionne comme un marché où tout le monde se dispute les parts, mais où personne (ou presque) ne se pose la question des besoins du public qu’on cible. Cette logique hyperconcurrentielle empêche toute construction de pouvoir collectif durable, en plus de ne pas répondre aux problématiques communes.

  • Invasion de la vie militante dans la vie privée

Que des liens d’ordre privé se créent dans un environnement militant n’est pas un problème. Mais que des militants se mêlent de la vie privée d’autrui, ou que la vie militante ne laisse plus de place à une vie privée peut s’avérer destructeur. Le développement collectif ne doit jamais être prétexte pour des sacrifices individuels ; lutter pour une justice sociale en laissant des individus sur le bas-côté n’a aucun sens.

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Des usages [abusifs] du storytelling

Temps de lecture : 2 minutesLe storytelling est un procédé marketing (d’ailleurs souvent utilisé dans la publicité) puissant ; en effet, il permet de captiver son audience à partir de sa sensibilité et de ses besoins, dans le but d’obtenir de sa part du soutien, une adhésion, un engagement, de l’investissement ou même un achat. C’est d’ailleurs la meilleure méthode à exécuter si c’est ce qu’on cherche.

Or, le storytelling comporte des limites, notamment dans les cas qui vont suivre.

  • Ce n’est pas un outil d’analyse

….Parce que c’est un outil de vente ! Et c’est pour cette raison qu’il a été créé. Et pour vendre, il ne faut pas chercher à analyser, ni à trouver la vérité, mais à persuader.

Ainsi, si le storytelling est intéressant lorsqu’on cherche à mobiliser autour d’une idée et/ou d’un produit, il ne l’est pas lorsqu’on cherche à valider, vérifier, confirmer des faits ou un phénomène. C’est pourquoi une juxtaposition de témoignages racontant des histoires personnelles ne fait pas office de preuve factuelle, même si cela permet de donner vie à des idées, et de fédérer autour d’elles.

  • Il peut empêcher la réflexion politique

Vouloir mobiliser en persuadant sans informer correctement des faits en amont ne fonctionne pas sur le long terme : en effet, pour garantir une adhésion réelle, il faut convaincre.

Ceci passe par du débat, des interactions, l’acceptation des divergences de chacun.e avant de pouvoir atteindre une vision collective (et ceci prend du temps !) ; ce que le storytelling ne permet pas, parce que justement, il vise à limiter toute discussion pour obtenir une adhésion le plus rapidement possible.

  • Il peut entretenir et développer un culte de la personnalité lorsqu’il est utilisé pour mettre en avant des individus

Si la valorisation de parcours individuels inspirants peut créer une énergie d’excellente qualité, cette mise en lumière peut créer des biais de manipulation et de domination dont on se passerait bien en contexte militant. En effet, en donnant de la force à une poignée de personnes, on prend le risque de confier du pouvoir (pas forcément utilisé à bon escient), tout en le retirant à d’autres, qu’on le veuille ou non.

C’est pourquoi il faut donner de l’importance aux personnes partageant les mêmes valeurs que soi, d’une part, mais aussi s’assurer que cette force soit redistribuée équitablement, d’autre part.

En somme, le storytelling peut être un outil puissant lorsqu’on cherche à promouvoir une action (de préférence collective) qu’il ne faut pas hésiter à utiliser quand c’est nécessaire. Cependant, cet usage ne doit pas faire l’économie d’un travail de politisation, d’analyse factuelle, et de conscientisation dans le souci d’une éducation populaire, si on veut qu’il soit efficace de manière authentique.

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De l’intégrité à la bienveillance

Temps de lecture : < 1 minuteLorsque l’ont s’engage sincèrement, on est très souvent intègre. Seulement, si on vise des pratiques militantes saines, l’intégrité est loin d’être suffisante, s’auto-proclamer « bienveillant » ne signifie pas qu’on l’est dans les faits. Quels outils peut-on déployer pour l’être ou le devenir ?

  • Poser des limites et respecter celles des autres

C’est en connaissant ses propres limites, et en les communiquant aux autres clairement dans un premier temps qu’on est en mesure de respecter celles des autres. En effet, il est inutile de vouloir aider la terre entière si vous acceptez qu’on introduise votre espace vital, et que vous répercutez les retombées (souvent négatives) de cette intrusion autour de vous.

  • Faire usage d’une communication non-violente

La communication non-violente est un outil formidable pour apprendre à exprimer clairement ses besoins aux autres sans jamais être dans une imposition verticale. Ceci est important dans un contexte où le travail bénévole est encore la norme, et où les liens de subordination informels voire les situations de harcèlement se prolifèrent.

  • Apprendre à [vraiment] écouter

Il s’agit de la partie difficile lors de la création de liens. Parce que cela nécessite de se décentrer, mais aussi de se mettre à la place de l’autre, pour comprendre l’expression de ses besoins.

 

Si la bienveillance est un indicateur important de pérennité d’une structure, il ne faut jamais effacer la notion de politique au nom d’elle. En effet, l’obsession du  « safe » peut s’avérer contre-productive, et entraver le calendrier politique d’une organisation.

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Reconnaître les signes d’une omerta au sein d’une structure

Temps de lecture : < 1 minuteLorsque nous constatons une situation de violence, bien souvent, la loi appliquée est celle du silence. La première étape pour en sortir serait donc logiquement d’identifier les éléments qui nous empêchent de parler, afin de les débloquer.  

  • Les oppresseurs prennent garde à ne pas laisser de traces écrites des échanges problématiques

Cette pratique permet de limiter les preuves de malveillance, et de décrédibiliser la parole d’éventuelles victimes.

  • Vous recevez des menaces, des pressions et vous subissez du chantage dans le but de vous empêcher de parler

Il s’agit de méthodes d’intimidation, voire de harcèlement si ces actes sont répétés.

  • On vous demande de vous taire pour « l’intérêt de la lutte »

Il s’agit d’une forme de chantage affectif, qui vise à vous culpabiliser dans l’échec du combat mené dans la structure. Cet argument est bien entendu faux. Aucune lutte ne vaut la peine pour que des militant.e.s soient maltraité.e.s. C’est même tout le contraire : aucun combat ne peut être mené correctement si des personnes sont laissées sur le bas-côté.

  • Il y a une inertie face aux violences

Cette inaction peut être due à un lien de dépendance au niveau de la structure, ou à la protection d’intérêts personnels.

  • Des stratégies sont construites pour rendre toute prise de parole impossible

Dans ce cas, il est certain que les intérêts des personnes qui commettent des violences sont protégés.

 

Lorsque tous les espaces sont cloisonnés au sein d’une structure pour témoigner de violences, il faut impérativement en trouver d’autres à l’extérieur. Il peut s’agir de personnes de confiance dans un premier temps, puis dans des espaces plus collectifs.

Du dilemme entre justice et posture militante

Temps de lecture : < 1 minuteLa politique n’a rien de pur. Nous finissons tous par le réaliser tout au long de la durée de notre engagement. Même si beaucoup aiment se voiler la face et se raconter des histoires en se prenant pour des justiciers. Parfois, nous devons choisir entre nos convictions et la recherche de la vérité. Et souvent, nous sommes amenés à nous salir les mains….Toujours pour la bonne cause.

  • Certaines postures sont indispensables à la construction d’un rapport de forces…

Elles deviennent donc prioritaires et indispensables à préserver : pour lutter contre les violences sexuelles par exemple. Dans ce cas précis, un contexte hors institutions où la charge de la preuve est inversée est prioritaire, devant la recherche de vérité.

  • D’autres, sont en revanche, un moyen pour conserver des privilèges

Comme la posture qui consiste à organiser son impunité lorsqu’on est coupable d’agression pour exercer une emprise sur l’ensemble de la communauté militante, entretenir une logique de monopole pour capter toute l’attention et toute l’énergie militante (par conséquent, empêcher ou étouffer toute forme d’initiative), ou encore exiger que tout conflit se règle en interne, ce qui développe une certaine omerta.

  • Ces postures ne peuvent servir de prétexte à l’abandon de toute forme de justice

Dans tous les cas, il faudra, tôt ou tard, faire le travail d’investigation qui mènera à la vérité pour prendre des décisions.

Il convient d’étudier l’origine de chaque posture avant de porter un jugement sur elles, et de comprendre que tous les intérêts n’ont pas forcément vocation à converger. Mais il est également important de se baser sur des principes éthiques et une ligne de conduite transparente sur les pratiques militantes, afin de garantir une certaine traçabilité.

Pourquoi on a intérêt à utiliser des méthodes de communication non-violente dans le milieu militant

Temps de lecture : 2 minutesIl n’est pas rare que des initiatives militantes soient totalement sabotées et explosent en plein vol. De plus, le harcèlement est devenu une norme dans la sphère militante, quelle que soit l’idéologie. Le dénominateur commun de tous ces dommages, c’est une communication défaillante, mal menée, et très souvent violente.

Voici donc toutes les raisons pour lesquelles nous devons travailler individuellement, puis collectivement, dans ce sens.

  • Parce que le harcèlement en milieu militant est devenu une des problématiques principales

La communication non-violente est donc une urgence absolue pour éviter les conflits stériles et la rupture de liens.

  • Parce que la communication externe représente la part visible du travail militant et la communication interne permet de construire une base militante solide

Si la communication doit arriver en bout de chaîne de tout travail militant (c’est-à-dire après la création de liens solides entre militant.e.s), finalement, cette partie émergée de l’iceberg sera celle connue du grand public.

Une communication externe perçue comme violente sera donc nuisible à la réputation d’une structure ou d’un groupe de militant.e.s. Et une communication interne violente nuit fortement à la création de liens de solidarité durables ; ce qui compromet considérablement un espoir de victoire sur le long terme ou de visibilité pérenne.

  • Parce que communiquer de manière non-violente est important pour rester cohérent avec les valeurs que l’on affiche

…Et éviter ainsi de souffrir de dissonance cognitive.

  • Parce que les bénéfices de la communication non-violente sont à la fois individuels et collectifs

C’est pourquoi la communication non-violente est utilisée en thérapie ; elle permet effectivement d’entretenir des relations plus saines, de préserver des liens, mais également d’être plus serein et d’améliorer sa qualité de vie.

Une fois que l’on a intégré la nécessité d’instaurer une communication plus saine, il faut déterminer des axes de travail pour mettre les outils les mieux adaptés en place.

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Comment reconnaître les contextes favorables au développement de violences en milieu militant

Temps de lecture : 3 minutesParce qu’on est souvent motivé par des liens d’attachement (idéologiques ou autres) avec les autres militant.e.s, il est souvent compliqué d’admettre que l’on se trouve dans des situations de violences. Pourtant, afin de préserver les intérêts de nos combats, il est nécessaire de savoir identifier les indicateurs de violence pour trouver des solutions. En voici quelques-uns :

Si les militant.e.s rejoignant votre structure partent aussi rapidement qu’iels sont arrivé.e.s, ou peinent à s’investir sur le long terme, c’est un indicateur que ces personnes souffrent. Il est donc nécessaire d’offrir un cadre sécurisant à l’engagement.

  • Charge mentale reposant principalement sur des bénévoles ou des prestataires en pro-bono

Aujourd’hui, il est communément admis que pour pérenniser le travail associatif, il faut des prestations rémunérées, de préférence sous forme de salaire. Si, bien sûr, ceci est plus facile à dire qu’à faire, il est de la responsabilité des cadres des structures de ne pas instaurer de liens de subordination implicites à des bénévoles ou des prestataires en pro-bono. Ce qui implique de ne pas imposer de présence permanente, de délai, de contraintes trop fortes sans s’assurer que lae bénévole ou prestataire pro-bono s’investisse uniquement sur la base du volontariat.

A noter que consentir à un engagement dans une structure n’est pas suffisant, c’est au bénévole d’être à l’initiative de son investissement et de ses termes.

 

  • Situations de harcèlement provoquées par un excès de listes de diffusion ou groupes de discussion

Comme je l’ai déjà constaté précédemment, ces applications ne sont pas des outils de gestion de projet fiables, et exposent à du harcèlement et à de l’épuisement. Si on vous inscrit à trop de listes de diffusion, surtout sans votre consentement, ceci peut très vite devenir épuisant, voire violent. A noter également, que plus il y a de participants dans un groupe de discussion, moins la parole y sera libre.

Il est aussi tout aussi violent de retirer une personne d’un groupe de discussion sans l’en aviser en amont : cette dernière risque de développer un sentiment de rejet, et ce n’est pas ce qu’on cherche dans des structures associatives.

  • Fatigue numérique

Contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas en supprimant totalement l’usage des nouvelles technologies de communication qu’on se préserve de la fatigue numérique, mais bien en s’octroyant un droit à la déconnexion, et en détectant les situations de violence.

Le besoin de s’éloigner de ses écrans peut donc venir de ces situations, et pas forcément des écrans à eux seuls (malgré leurs désagréments bien connus).

  • Manque de vie privée, relations intrusives avec d’autres militant.e.s

Lorsque vous n’avez plus de temps pour vous, ou que certain.e.s militant.e.s s’ingèrent dans votre vie privée sans votre consentement, il s’agit, là encore de violence. Il est nécessaire de poser fermement ses limites dans ces cas de figure.

  • Critiques injustifiées, dénigrement

Les critiques injustifiées et le dénigrement d’une personne sont des indicateurs de harcèlement moral, et donc d’une ambiance toxique de travail qu’il est préférable de fuir si l’on en a la possibilité.

  • Absence de charte éthique

Lorsqu’il n’y a pas de charte éthique clairement établie, il n’y a pas de règles ni principes ; c’est donc la porte ouverte à tout type d’abus.

  • Absence d’outils de gestion de projet

L’absence d’outils de gestion de projet engendre nécessairement des pratiques managériales stressantes et vectrices de conflits, voire de violences. C’est d’ailleurs une des premières choses à établir lorsqu’on ouvre une structure (en-dehors de l’aspect purement administratif), car la bienveillance et l’intégrité des individus est une condition nécessaire, mais insuffisante.

 

Cette liste n’est probablement pas exhaustive, mais part de mon constat personnel de ce que j’ai pu observer parmi les structures par lesquelles je suis passée. L’étape suivante après l’identification de ces situations de violence, c’est de trouver des solutions sur le long terme. Il n’existe pas de solution clé-en-main, mais il est possible de travailler sur plusieurs aspectes ; je les détaillerai dans une formation plus approfondie prochainement.

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Pourquoi la méthode Kanban n’est pas adaptée aux structures militantes (en 3 points)

Temps de lecture : < 1 minuteLa méthode Kanban s’inscrit dans une démarche d’optimisation des procédures, en se basant sur la réduction des coûts, des stocks, des délais sans que la qualité ne soit impactée. Cette manière de travailler a été pensée pour et par des industries, et semble attractive en théorie. Tellement que beaucoup de structures militantes tentent de la mettre en application en interne.

Seulement, c’est une stratégie vouée à l’échec, et voici pourquoi :

  • Une structure associative et/ou politique requiert un processus sur le long terme et la charge de travail est relativement constante et prévisible

Ce qui signifie qu’il est absurde de vouloir réduire les stocks d’actions militantes à déployer ou les délais : ceci risquerait même d’impacter négativement la qualité du travail.

  • Le « juste-à-temps » n’est donc pas adapté à ce type d’enjeux

Le travail militant n’étant pas à but lucratif de court terme mais social sur le long terme, ce n’est pas en réduisant les coûts qu’on obtient des résultats, c’est justement en investissant des moyens et de l’énergie en quantité suffisante que l’on réussit.

  • Les organisations du travail de type Kanban génèrent de la souffrance

Car elles font reposer une charge mentale lourde sur les personnes qui les subissent : dans le milieu militant, elles poussent à la surconsommation des ressources bénévoles, et nous connaissons les conséquences en termes de conflits et de rupture de liens dans ces circonstances.

 

Finalement, nous devons admettre collectivement qu’on ne peut pas tout obtenir tout de suite lorsque nous cherchons à améliorer le monde qui nous entoure. Vouloir mettre en place ce genre de méthodes de travail est donc un objectif qu’il faut oublier.

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