Distinguer les leaders des petits chefs (en 11 points)

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Le terme de leadership est aujourd’hui souvent galvaudé, car réduit à du storytelling de succès économiques. Seulement, l’émergence de leaders est naturelle dans n’importe quel groupe social, surtout lorsque la structure du groupe tend vers l’horizontalité des liens sociaux.

D’où l’intérêt de savoir distinguer les leaders des impostures autoritaires.

  • Un leader a conscience de son pouvoir/influence/privilège, un petit chef cherche constamment à le prouver ou le valider
  • Un leader cherche à construire du lien social et des relations solides basées sur le respect mutuel et la confiance, un petit chef se nourrit de la discorde
  • Un leader est à l’écoute et capable de remise en question en cas de conflit, un petit chef se met en colère systématiquement
  • Un leader encourage, un petit chef sanctionne
  • Un leader participe, un petit chef se décharge de ses responsabilités
  • Un leader tire des leçons en cas d’échec pour apprendre de ses erreurs, un petit chef rejette la faute sur les autres et sur des causes externes
  • Un leader cherche à renforcer les membres de son équipe pour augmenter sa puissance collective, un petit chef cherche à accaparer le pouvoir et à rabaisser les autres pour briller
  • Un leader cherche à inspirer d’autres leaders potentiels, un petit chef cherche à susciter l’envie et la jalousie
  • Un leader s’inspire des autres, un petit chef jalouse, envie et se compare à eux
  • Un leader crée de la valeur, un petit chef reproduit des modèles et procédures, même lorsque ceci ne donne pas de résultats efficaces.
  • Un leader émerge souvent après avoir prouvé sa légitimité, un petit chef est plutôt nommé

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Elle est cependant à nuancer ; les manquements des personnes que l’on pourrait considérer comme des « petits chefs » viennent bien souvent de leur histoire personnelle. D’où l’intérêt de savoir faire preuve de bienveillance à chaque fois que c’est possible.

Pour lutter contre ce fléau, il faut évaluer deux pistes ; d’abord trouver des stratégies d’auto-défense pour survivre à ces agissements, comme le suggère Robert Sutton dans « Objectif Zéro Sale Con », puis apprendre à formuler ses demandes pour espérer une remise en question des personnes concernées.

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La monétisation dans le milieu associatif : Quand, pourquoi et comment.

Temps de lecture : 2 minutes

A cause du tabou qui plane sur cette question épineuse, la gestion de l’argent dans les structures associatives peut s’avérer très opaque ; ce qui crée un contexte favorable au développement de tout type d’abus.

Seulement, nous verrons que dans beaucoup de cas, la monétisation devient vite nécessaire. Tous les enjeux résident donc dans le fait de pouvoir générer de l’argent sans entrer en contradiction avec les objectifs et valeurs de la structure.

 

 

  • Quand ?

 

    • Lorsqu’on monte un projet clairement défini qui nécessite des fonds

A noter qu’il est nécessaire de dessiner une stratégie pointue de gestion de projet en amont, afin d’y inclure précisément les fonds requis.

    • Lorsque la charge de travail (temporaire ou permanente) nécessite une forte disponibilité

Selon la nature des tâches, et la disponibilité requise pour ces dernières, arrive un moment où la charge mentale ne peut plus reposer uniquement sur du bénévolat. Si on a un besoin d’une tâche précise ponctuellement, on peut faire appel à des prestataires externes, si c’est une tâche de plus long terme, on peut embaucher à durée déterminée. Enfin, si la charge est permanente, il est nécessaire de créer un poste en CDI.

 

  • Pourquoi ?

 

    • Demander une contribution aux bénéficiaires de la structure renforce l’engagement de cette cible

Parce que contribuer à une structure en y adhérant ou en la soutenant financièrement quand on bénéficie de ses actions responsabilise. Les adhérents, militants et donateurs deviennent une partie prenante importante, et sont légitimes pour orienter la stratégie de l’association.

    • Impossible d’obtenir une disponibilité importante/une qualité professionnelle sans budget

…car c’est générateur de stress et de violences. Le bénévolat ne doit se faire que sur la base du volontariat, et il est primordial que ce travail soit valorisé et reconnu afin de bénéficier aux bénévoles.

 

  • Comment ?

 

    • Levée et utilisation des fonds transparentes à 100%

Là encore, il est nécessaire de tracer en amont une stratégie de gestion de projet, afin de connaitre précisément le budget alloué à chaque tâche. De cette manière, on est en mesure de présenter une campagne de financement transparente sur les montants requis et leur utilisation.

    • Vente de produits et de services répondant aux besoins de la population ciblée par la structure

Il est également possible de vendre des produits dérivés ou des services en lien avec la thématique de l’association, pour récolter des fonds supplémentaires, car si les associations loi 1901 sont à but non-lucratif, il est cependant toléré de générer des bénéfices.

    • Réinvestissement automatique des fonds

La condition nécessaire pour que les profits soient en adéquation avec les valeurs éthiques d’une structure c’est qu’ils soient réinvestis de manière pérenne ; projets à impact social positif, création d’emploi, matériel pour améliorer la qualité du travail de la structure….

 

La clé d’une gestion saine des ressources financières, c’est la transparence vis-à-vis des acteurices de la structure, mais aussi vis-à-vis de ses bénéficiaires. En effet, à partir du moment où les règles de gestion sont clairement établies et connues de tous.tes, il n’y a aucun problème à assumer le fait de générer de l’argent.

 

 

De l’intégrité à la bienveillance

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Lorsque l’ont s’engage sincèrement, on est très souvent intègre. Seulement, si on vise des pratiques militantes saines, l’intégrité est loin d’être suffisante, s’auto-proclamer « bienveillant » ne signifie pas qu’on l’est dans les faits. Quels outils peut-on déployer pour l’être ou le devenir ?

  • Poser des limites et respecter celles des autres

C’est en connaissant ses propres limites, et en les communiquant aux autres clairement dans un premier temps qu’on est en mesure de respecter celles des autres. En effet, il est inutile de vouloir aider la terre entière si vous acceptez qu’on introduise votre espace vital, et que vous répercutez les retombées (souvent négatives) de cette intrusion autour de vous.

  • Faire usage d’une communication non-violente

La communication non-violente est un outil formidable pour apprendre à exprimer clairement ses besoins aux autres sans jamais être dans une imposition verticale. Ceci est important dans un contexte où le travail bénévole est encore la norme, et où les liens de subordination informels voire les situations de harcèlement se prolifèrent.

  • Apprendre à [vraiment] écouter

Il s’agit de la partie difficile lors de la création de liens. Parce que cela nécessite de se décentrer, mais aussi de se mettre à la place de l’autre, pour comprendre l’expression de ses besoins.

 

Si la bienveillance est un indicateur important de pérennité d’une structure, il ne faut jamais effacer la notion de politique au nom d’elle. En effet, l’obsession du  « safe » peut s’avérer contre-productive, et entraver le calendrier politique d’une organisation.

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Reconnaître les signes d’une omerta au sein d’une structure

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Lorsque nous constatons une situation de violence, bien souvent, la loi appliquée est celle du silence. La première étape pour en sortir serait donc logiquement d’identifier les éléments qui nous empêchent de parler, afin de les débloquer.  

  • Les oppresseurs prennent garde à ne pas laisser de traces écrites des échanges problématiques

Cette pratique permet de limiter les preuves de malveillance, et de décrédibiliser la parole d’éventuelles victimes.

  • Vous recevez des menaces, des pressions et vous subissez du chantage dans le but de vous empêcher de parler

Il s’agit de méthodes d’intimidation, voire de harcèlement si ces actes sont répétés.

  • On vous demande de vous taire pour « l’intérêt de la lutte »

Il s’agit d’une forme de chantage affectif, qui vise à vous culpabiliser dans l’échec du combat mené dans la structure. Cet argument est bien entendu faux. Aucune lutte ne vaut la peine pour que des militant.e.s soient maltraité.e.s. C’est même tout le contraire : aucun combat ne peut être mené correctement si des personnes sont laissées sur le bas-côté.

  • Il y a une inertie face aux violences

Cette inaction peut être due à un lien de dépendance au niveau de la structure, ou à la protection d’intérêts personnels.

  • Des stratégies sont construites pour rendre toute prise de parole impossible

Dans ce cas, il est certain que les intérêts des personnes qui commettent des violences sont protégés.

 

Lorsque tous les espaces sont cloisonnés au sein d’une structure pour témoigner de violences, il faut impérativement en trouver d’autres à l’extérieur. Il peut s’agir de personnes de confiance dans un premier temps, puis dans des espaces plus collectifs.

Du dilemme entre justice et posture militante

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La politique n’a rien de pur. Nous finissons tous par le réaliser tout au long de la durée de notre engagement. Même si beaucoup aiment se voiler la face et se raconter des histoires en se prenant pour des justiciers. Parfois, nous devons choisir entre nos convictions et la recherche de la vérité. Et souvent, nous sommes amenés à nous salir les mains….Toujours pour la bonne cause.

  • Certaines postures sont indispensables à la construction d’un rapport de forces…

Elles deviennent donc prioritaires et indispensables à préserver : pour lutter contre les violences sexuelles par exemple. Dans ce cas précis, un contexte hors institutions où la charge de la preuve est inversée est prioritaire, devant la recherche de vérité.

  • D’autres, sont en revanche, un moyen pour conserver des privilèges

Comme la posture qui consiste à organiser son impunité lorsqu’on est coupable d’agression pour exercer une emprise sur l’ensemble de la communauté militante, entretenir une logique de monopole pour capter toute l’attention et toute l’énergie militante (par conséquent, empêcher ou étouffer toute forme d’initiative), ou encore exiger que tout conflit se règle en interne, ce qui développe une certaine omerta.

  • Ces postures ne peuvent servir de prétexte à l’abandon de toute forme de justice

Dans tous les cas, il faudra, tôt ou tard, faire le travail d’investigation qui mènera à la vérité pour prendre des décisions.

Il convient d’étudier l’origine de chaque posture avant de porter un jugement sur elles, et de comprendre que tous les intérêts n’ont pas forcément vocation à converger. Mais il est également important de se baser sur des principes éthiques et une ligne de conduite transparente sur les pratiques militantes, afin de garantir une certaine traçabilité.

Pourquoi on a intérêt à utiliser des méthodes de communication non-violente dans le milieu militant

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Il n’est pas rare que des initiatives militantes soient totalement sabotées et explosent en plein vol. De plus, le harcèlement est devenu une norme dans la sphère militante, quelle que soit l’idéologie. Le dénominateur commun de tous ces dommages, c’est une communication défaillante, mal menée, et très souvent violente.

Voici donc toutes les raisons pour lesquelles nous devons travailler individuellement, puis collectivement, dans ce sens.

  • Parce que le harcèlement en milieu militant est devenu une des problématiques principales

La communication non-violente est donc une urgence absolue pour éviter les conflits stériles et la rupture de liens.

  • Parce que la communication externe représente la part visible du travail militant et la communication interne permet de construire une base militante solide

Si la communication doit arriver en bout de chaîne de tout travail militant (c’est-à-dire après la création de liens solides entre militant.e.s), finalement, cette partie émergée de l’iceberg sera celle connue du grand public.

Une communication externe perçue comme violente sera donc nuisible à la réputation d’une structure ou d’un groupe de militant.e.s. Et une communication interne violente nuit fortement à la création de liens de solidarité durables ; ce qui compromet considérablement un espoir de victoire sur le long terme ou de visibilité pérenne.

  • Parce que communiquer de manière non-violente est important pour rester cohérent avec les valeurs que l’on affiche

…Et éviter ainsi de souffrir de dissonance cognitive.

  • Parce que les bénéfices de la communication non-violente sont à la fois individuels et collectifs

C’est pourquoi la communication non-violente est utilisée en thérapie ; elle permet effectivement d’entretenir des relations plus saines, de préserver des liens, mais également d’être plus serein et d’améliorer sa qualité de vie.

Une fois que l’on a intégré la nécessité d’instaurer une communication plus saine, il faut déterminer des axes de travail pour mettre les outils les mieux adaptés en place.

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Comment reconnaître les contextes favorables au développement de violences en milieu militant

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Parce qu’on est souvent motivé par des liens d’attachement (idéologiques ou autres) avec les autres militant.e.s, il est souvent compliqué d’admettre que l’on se trouve dans des situations de violences. Pourtant, afin de préserver les intérêts de nos combats, il est nécessaire de savoir identifier les indicateurs de violence pour trouver des solutions. En voici quelques-uns :

Si les militant.e.s rejoignant votre structure partent aussi rapidement qu’iels sont arrivé.e.s, ou peinent à s’investir sur le long terme, c’est un indicateur que ces personnes souffrent. Il est donc nécessaire d’offrir un cadre sécurisant à l’engagement.

  • Charge mentale reposant principalement sur des bénévoles ou des prestataires en pro-bono

Aujourd’hui, il est communément admis que pour pérenniser le travail associatif, il faut des prestations rémunérées, de préférence sous forme de salaire. Si, bien sûr, ceci est plus facile à dire qu’à faire, il est de la responsabilité des cadres des structures de ne pas instaurer de liens de subordination implicites à des bénévoles ou des prestataires en pro-bono. Ce qui implique de ne pas imposer de présence permanente, de délai, de contraintes trop fortes sans s’assurer que lae bénévole ou prestataire pro-bono s’investisse uniquement sur la base du volontariat.

A noter que consentir à un engagement dans une structure n’est pas suffisant, c’est au bénévole d’être à l’initiative de son investissement et de ses termes.

 

  • Situations de harcèlement provoquées par un excès de listes de diffusion ou groupes de discussion

Comme je l’ai déjà constaté précédemment, ces applications ne sont pas des outils de gestion de projet fiables, et exposent à du harcèlement et à de l’épuisement. Si on vous inscrit à trop de listes de diffusion, surtout sans votre consentement, ceci peut très vite devenir épuisant, voire violent. A noter également, que plus il y a de participants dans un groupe de discussion, moins la parole y sera libre.

Il est aussi tout aussi violent de retirer une personne d’un groupe de discussion sans l’en aviser en amont : cette dernière risque de développer un sentiment de rejet, et ce n’est pas ce qu’on cherche dans des structures associatives.

  • Fatigue numérique

Contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas en supprimant totalement l’usage des nouvelles technologies de communication qu’on se préserve de la fatigue numérique, mais bien en s’octroyant un droit à la déconnexion, et en détectant les situations de violence.

Le besoin de s’éloigner de ses écrans peut donc venir de ces situations, et pas forcément des écrans à eux seuls (malgré leurs désagréments bien connus).

  • Manque de vie privée, relations intrusives avec d’autres militant.e.s

Lorsque vous n’avez plus de temps pour vous, ou que certain.e.s militant.e.s s’ingèrent dans votre vie privée sans votre consentement, il s’agit, là encore de violence. Il est nécessaire de poser fermement ses limites dans ces cas de figure.

  • Critiques injustifiées, dénigrement

Les critiques injustifiées et le dénigrement d’une personne sont des indicateurs de harcèlement moral, et donc d’une ambiance toxique de travail qu’il est préférable de fuir si l’on en a la possibilité.

  • Absence de charte éthique

Lorsqu’il n’y a pas de charte éthique clairement établie, il n’y a pas de règles ni principes ; c’est donc la porte ouverte à tout type d’abus.

  • Absence d’outils de gestion de projet

L’absence d’outils de gestion de projet engendre nécessairement des pratiques managériales stressantes et vectrices de conflits, voire de violences. C’est d’ailleurs une des premières choses à établir lorsqu’on ouvre une structure (en-dehors de l’aspect purement administratif), car la bienveillance et l’intégrité des individus est une condition nécessaire, mais insuffisante.

 

Cette liste n’est probablement pas exhaustive, mais part de mon constat personnel de ce que j’ai pu observer parmi les structures par lesquelles je suis passée. L’étape suivante après l’identification de ces situations de violence, c’est de trouver des solutions sur le long terme. Il n’existe pas de solution clé-en-main, mais il est possible de travailler sur plusieurs aspectes ; je les détaillerai dans une formation plus approfondie prochainement.

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Pourquoi la méthode Kanban n’est pas adaptée aux structures militantes (en 3 points)

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La méthode Kanban s’inscrit dans une démarche d’optimisation des procédures, en se basant sur la réduction des coûts, des stocks, des délais sans que la qualité ne soit impactée. Cette manière de travailler a été pensée pour et par des industries, et semble attractive en théorie. Tellement que beaucoup de structures militantes tentent de la mettre en application en interne.

Seulement, c’est une stratégie vouée à l’échec, et voici pourquoi :

  • Une structure associative et/ou politique requiert un processus sur le long terme et la charge de travail est relativement constante et prévisible

Ce qui signifie qu’il est absurde de vouloir réduire les stocks d’actions militantes à déployer ou les délais : ceci risquerait même d’impacter négativement la qualité du travail.

  • Le « juste-à-temps » n’est donc pas adapté à ce type d’enjeux

Le travail militant n’étant pas à but lucratif de court terme mais social sur le long terme, ce n’est pas en réduisant les coûts qu’on obtient des résultats, c’est justement en investissant des moyens et de l’énergie en quantité suffisante que l’on réussit.

  • Les organisations du travail de type Kanban génèrent de la souffrance

Car elles font reposer une charge mentale lourde sur les personnes qui les subissent : dans le milieu militant, elles poussent à la surconsommation des ressources bénévoles, et nous connaissons les conséquences en termes de conflits et de rupture de liens dans ces circonstances.

 

Finalement, nous devons admettre collectivement qu’on ne peut pas tout obtenir tout de suite lorsque nous cherchons à améliorer le monde qui nous entoure. Vouloir mettre en place ce genre de méthodes de travail est donc un objectif qu’il faut oublier.

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Pourquoi rien de ce qu’on dit, voit ou fait, n’est neutre

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On a souvent tendance à confondre objectivité, recherche de vérité et neutralité. Seulement peut-on considérer que ces trois notions soient similaires ? Et surtout, quels sont les enjeux de ce qu’on appelle « neutralité » ?

 

  • La « neutralité » sert d’alibi aux personnes cherchant à éviter une prise de position dans les situations de conflits d’intérêts

Les conflits d’intérêts étant définis par toute situation d’interférence entre intérêts publics et intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction, lorsqu’on ne prend pas position clairement dessus, sous prétexte de « neutralité », on laisse en réalité ces situations se développer et proliférer.

  • Chercher à créer un équilibre artificiel empêche souvent d’atteindre la vérité recherchée

Déjà parce que l’énergie déployée à créer un contexte en apparence équilibré, c’est de l’énergie qu’on n’utilise pas pour chercher et trouver la vérité. Ensuite, parce que c’est faire fi du contexte des faits, qui est un indicateur assez fiable permettant de déterminer ce qui est réel, plausible ou non.

La volonté de « neutralité » n’est donc ni une fin si on vise le réalisme, ni un moyen fiable pour vérifier des informations.

  • Ce qu’on appelle « neutralité » offre en réalité un terrain favorable aux idéologies dominantes, elle n’est donc jamais gage de vérité

Ce qu’on veut dire lorsqu’on parle de neutralité, c’est plutôt le fait de ne pas intervenir, de ne pas agir, lorsqu’il y a une situation de conflits, en ignorant tout contexte ou tout rapport de forces.

Ainsi, cette inaction profite forcément au camp dominant, puisqu’en valorisant une certaine neutralité, on réduit à néant toute forme de résistance ou contre-pouvoir face au pouvoir majoritaire, ce qui pose un problème d’équité en termes de représentation lorsqu’on a la volonté de servir une forme de démocratie (qu’elle soit directe ou non).

 

Finalement, la notion de neutralité n’existe pas vraiment, puisqu’aucune situation n’est vraiment « neutre ». Il convient donc de ne jamais poser ce concept en objectif à atteindre lorsque l’on cherche à exposer, analyser et démontrer des faits.

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Pour en finir avec la fatigue numérique

Temps de lecture : 2 minutes

Dans le domaine de l’engagement associatif et politique, il est aujourd’hui quasi impossible de travailler sans médias sociaux et sans smartphones, tellement ces outils sont puissants pour connecter des personnes et créer du lien social.

Cependant, cette connexion permanente entraîne fatigue et charge mentale constantes. Comment y faire face sans avoir à brûler tous ses écrans ?

  • Désactiver les notifications/désinstaller les applications de réseaux sociaux

Ceci permet d’éviter la tentation de répondre à tout et à n’importe quoi, mais aussi de diminuer les nuisances liées à ces notifications (lumière, sonneries).

  • S’autoriser des moments où on ne répond pas

Lorsqu’il s’agit d’engagement bénévole, il n’y a aucune obligation de répondre, du moins pas dans l’immédiat. On ne doit de temps à personne, et on n’est pas à disposition des autres militants ; on choisit de proposer notre aide. C’est ce qui distingue le volontariat (travail bénévole) du lien de subordination (salariat).

  • Les listes de diffusion WhatsApp/Signal/Télégram/mail ne sont pas des outils de gestion de projet adéquats

Ces applications sont adaptées à un usage de messagerie et de conversation. Elles ne sont pas formatées pour débattre comme le sont Facebook ou Twitter, ni pour poser des jalons, définir des tâches critiques et poser des délais (il est compliqué de retrouver des messages, bien que ce ne soit pas impossible).

Par ailleurs, le travail dans des structures politiques et associatives requiert des outils de gestion de projet dédiés.

  • Eviter les projets à flux tendu : apprendre à dire non

Trop utiliser les messageries pour gérer des projets provoque forcément des flux tendus ; c’est-à-dire une charge de travail supérieure à la force de travail disponible. Dans la mesure du possible, il faut éviter d’accepter de s’engager dans des projets où il n’y a pas d’outils adéquats de gestion.

C’est pourquoi il est, encore une fois, nécessaire de mettre en place des outils de gestion de projet adaptés : ainsi, on peut voir directement si on est en mesure de démarrer de nouveaux projets, et éventuellement les refuser, le cas échéant.

La fatigue numérique peut mener à des burn-out, dépressions et ruptures de lien. Il est donc primordial de lutter contre pour arriver au terme des projets associatifs.  

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