Les enjeux du télétravail : progrès social ou levier de surexploitation ? (2/3)

Temps de lecture : 3 minutes

Le confinement établi officiellement depuis le 16 mars 2020 a contraint de nombreux salariés au télétravail, souvent pour le meilleur, mais aussi parfois pour le pire. Pourtant, malgré ses limites, travailler de cette manière permet de bousculer, voire de révolutionner beaucoup de codes dans les entreprises française, et a un réel impact social positif.

 

  • Le télétravail permet de…

 

Et les retombées positives sur la qualité de l’air, de l’environnement et sur la diminution du stress sont très vites visibles.

    • Limiter l’exposition des femmes et personnes assignées comme telles au harcèlement de rue

En effet, de nombreuses agressions sexuelles  ont lieu dans la rue et les transports en commun. Ne plus être obligée de les prendre pour aller travailler limite ainsi les déplacements, même si ce n’est pas ce qui permet de régler le problème sur la durée.

    • Rendre l’emploi accessible à plus de personnes ayant une affection longue durée ou reconnues comme travailleurs handicapés

Parce que l’injonction au présentéisme dans la majorité des entreprises entraine automatiquement la discrimination des travailleurs absentéistes, y compris lorsqu’il s’agit de raisons de santé.  De plus, beaucoup de postes en présentiels sont parfois hors de portée pour cette force de travail, et ce, malgré la validité de leurs compétences, à cause de la fatigue qu’ils entrainent.

    • Limiter les discriminations liées au territoire

Le télétravail permet également de supprimer les freins à l’embauche de quelqu’un n’habitant pas assez près du lieu de travail. Ceci entraine une plus grande diversité au sein des collaborateurs, et est bénéfique à la fois pour les candidats vivant dans des lieus excentrés, mais aussi pour la force de travail d’une entreprise.

    • Donner plus d’opportunités de briser le plafond de verre

Pour la simple raison qu’on peut créer beaucoup plus de valeur et de richesses lorsqu’on n’a pas besoin de déployer toute une logistique pour se rendre au travail (temps de trajet, mais également temps de préparation etc…).

    • Ne plus déléguer le travail domestique à des personnes précaires

A noter que reprendre la main sur ce travail permet également de se reconnecter à soi et aux personnes avec qui on vit, ce qui est important pour maintenir un équilibre plus sain entre vie personnelle et vie professionnelle. Ceci permet également de casser la domination de genre et de race qu’implique l’externalisation de ce travail.

    • Avoir plus d’autonomie sur la gestion de son temps

C’est une manière d’atténuer le lien de subordination avec son employeur, mais aussi de se faire passer en premier, en agissant sur les leviers qu’on maîtrise.

    • Économiser ses droits en termes de congés maladie ou parentalité

Parce que parfois, la maladie ou la parentalité ne nécessite pas l’arrêt total du travail, mais rend impossible le trajet pour aller travailler. Et que dans ces cas de figure, les congés pour maladie ou parentalité ne règlent pas le problème, voire, peut même l’aggraver.

    • Casser les codes sociaux superflus

Parce qu’on n’a pas besoin de se voir tous les jours, d’être tiré sur quatre épingles, de se serrer la main, de se faire la bise, de participer à des réunions, des déjeuners, des pauses café ou des « after-work » pour s’apprécier, se respecter, ou même être efficace. C’est même plutôt le contraire.

 

  • Mais il faut veiller à…

 

    • Respecter le droit à la déconnexion

Parce que la violation de ce droit provoque burn-out et dépressions.

    • Ne pas tendre vers un déséquilibre entre vie personnelle et vie professionnelle

Pour cela, il est nécessaire de faire preuve d’un minimum d’auto-gestion et de discipline sur l’usage de son temps. Maintenir des routines est important (sport, repas, méditation, temps de pause….).

    • Ne pas supprimer d’emplois sans solution pérenne pour vivre dignement

Si l’injonction à l’emploi est toxique, dans un contexte où l’emploi reste la norme pour subvenir à ses besoins primaires, les supprimer brutalement sans réelle alternative risque d’entrainer plus de violences que de progrès social.

    • Consolider des liens sociaux par une présence réelle régulière

Si les liens sociaux virtuels ne sont pas anodins, il est important de les confirmer par une présence physique régulière.

 

Plus globalement au niveau de la société, la question du télétravail en soulève bien d’autres : celle des disparités sociales entre les métiers où le télétravail est impossible et les autres, mais aussi celle du niveau (variable) de nécessité des métiers que l’on peut exercer de chez soi. En effet, on peut se demander pourquoi les métiers les plus pénibles (qui sont aussi les plus vitaux) sont aussi mal rémunérés, alors que les « bullshit jobs » rapportent gros (même lorsqu’ils rendent malheureux) en termes financiers, et sont souvent nuisibles à la société.

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Ce que la crise sanitaire (et le confinement l’accompagnant) révèle de nous et de notre société

Temps de lecture : 4 minutes

La pandémie désormais mondiale de COVID-19 exacerbe toutes les réalités sociales de manière plus ou moins surprenante. Voici une liste (non-exhaustive) de faits vérifiés par les conséquences de cette crise.

  • Notre système économique est à bout de souffle

Car c’est à la fois ce système qui a créé cette pandémie comme les autres (conséquence de la consommation d’animaux sauvages ou élevés de manière industrielle), et ce même système qui nous empêche de sortir de cette crise sanitaire (conséquence d’un manque de moyens couplé à une mauvaise gestion du service public de la santé).

  • Les métiers les moins valorisés financièrement sont aussi ceux les plus indispensables à notre vie quotidienne

Les personnels soignants, les salariés des fournisseurs d’énergie et de télécommunication, les chauffeurs routiers, les livreurs, les salariés de la grande distribution, les agents d’entretien nous permettent d’assouvir les besoins les plus vitaux, ceux qui sont à la base de la pyramide de Maslow. Pourtant, ce sont aussi les métiers les plus précaires, et les moins rémunérés.          Ensuite, les services de sécurité, d’information, d’éducation et de transport sont également indispensables : ils peuvent être mieux rémunérés, mais la norme reste la précarité et la paupérisation.

Enfin, tous les métiers de représentation, et ceux qui permettent l’enrichissement d’une minorité de personnes ou l’optimisation financière peuvent rapporter gros, même si la finalité n’est pas explicite.

  • Le confinement cumulé à la crise sanitaire révèle toutes les disparités sociales, sans exception

En partant des personnes qui peuvent se permettre de rester confinées, par rapport à celles contraintes de prendre des risques de contamination au service des premières et celles qui n’ont même pas les moyens de l’être, jusqu’à celles qui sont confinées dans des manoirs ou appartements vastes et luxueux, contrairement à celles obligées de squatter dans des logements exigus, voire insalubres.

En passant par les personnes confinées avec d’autres dangereuses, comme les femmes victimes de violence conjugale ou les enfants victimes de maltraitance familiale.

A cela s’ajoute le reste des discriminations ; face à une pénurie de tests, de masques, et de lits dans les hôpitaux, il n’est pas difficile de deviner quelles vies seront préservées (les plus jeunes), et lesquelles seront  sacrifiées (les moins jeunes et…les moins désirables). Dans un climat anxiogène où une présence policière accrue est inévitable, le risque d’augmentation des abus policiers n’est aussi pas négligeable.

  • Le confinement expose également au grand jour les comportements toxiques des gens

Les situations d’urgence où se mêlent angoisse et instinct de survie permettent de mettre à nu les réelles intentions, et les réflexes de chacun et de chacune. Personne n’est à l’abri de se rendre coupable de comportements toxiques. En effet, ces comportements peuvent être également de bons indicateurs sur ses propres besoins, ceux des autres, et sur les ressentis qui en découlent.

  • Les querelles entre militants semblent désormais lointaines et absurdes

Parce que le risque sanitaire face à l’infiniment petit qui nous expose inévitablement et de manière universelle malgré les inégalités sociales permet de nous concentrer sur le consensus à propos du constat des injustices. Les différences de stratégies couplées à un mauvais entretien du lien social entre militants semblent alors plus faciles à surmonter.

  • Les liens sociaux virtuels s’avèrent aussi précieux que les autres

Parce qu’en période de confinement, ils peuvent être les seuls existant pour les personnes isolées, mais également un moyen de préserver la vie de ses proches les plus fragiles, lorsqu’on évite d’être confinés sous le même toit.

On réalise alors que ces liens peuvent tout autant détruire, blesser, que réconforter. Et que le cyberharcèlement n’est pas un mythe, comme la solidarité existe bel et bien via les médias sociaux.

  • Il est possible de réduire notre empreinte carbone très rapidement

Et on a pu le constater en seulement quelques jours….Preuve que la course effrénée à l’activité que nous menons est directement responsable du réchauffement climatique et de la destruction des ressources naturelles.

  • Notre temps est une ressource bien plus précieuse que n’importe quel patrimoine économique

…Et c’est bien pour cette raison précise que les patrons achètent cette ressource en embauchant des salariés ! Lorsque nous nous retrouvons au chômage (qu’il soit partiel, complet ou technique), nous pouvons perdre de l’argent, mais nous récupérons notre temps. Notre avenir et notre condition ne dépend donc pas uniquement du montant sur notre compte bancaire ou des déterminisme sociaux, mais aussi de la façon dont nous choisissons de gérer notre ressource-temps.

  • Le confinement peut être une torture pour les personnes souffrant déjà de troubles mentaux (et elles sont plus nombreuses qu’on ne veut le croire)

Pour certaines personnes, les interactions sociales réelles et le contact extérieur sont indispensables à leur bien-être mental, mais aussi physique. C’est pour cette raison que si le confinement en France est aujourd’hui plus que nécessaire, et que la responsabilité est aussi individuelle que collective dans son bon déroulement, il est également important de faire preuve de bienveillance envers les personnes supportant mal le climat anxiogène généré par cette mesure.

  • D’autres façons de travailler sont possibles, au-delà de tout culte de la performance

Hier, on estimait que le télétravail n’était possible que pour certaines professions (sous des prétextes souvent validistes), aujourd’hui on essaie de le généraliser un maximum, faute de mieux. Là encore, le télétravail, bien que comportant des limites, permet aux travailleurs d’avoir une plus grande marge de manœuvre sur leur gestion du temps, et donne ainsi la possibilité de réfléchir à des fins plus qualitatives que quantitatives dans le monde de l’entreprise.

  • Tous les rites et codes d’apparence semblent aujourd’hui futiles

Se rendre à un bureau à des heures fixes quelle que soit la quantité de travail à effectuer, atteindre des cadences invraisemblables, se saluer par des bises ou des poignées de main, porter des vêtements inconfortables, remplir des standards physiques improbables, évaluer la qualité d’un travail sur sa forme et non sur le fond, multiplier les réunions interminables…Tout ceci semble bien inutile quand les enjeux prioritaires sont de survivre,  de se protéger mutuellement, et de sauver ainsi la vie et l’économie de son pays.

 

  • La solution de confinement n’était pas la seule pour gérer cette crise

En contrôlant efficacement les personnes provenant de foyers infectés, et en les confinant par précaution, le temps d’avoir du recul sur ce virus, on aurait pu éviter beaucoup de contaminations. En adoptant des règles de civisme, tout en testant un maximum de personnes, on aurait également pu éviter un confinement maximal, comme ceci a été le cas en Corée du Sud.

Finalement, le confinement, c’est déjà le quotidien des personnes oubliées habituellement. Le COVID-19 nous donne une claque collective : pas seulement parce qu’il remet en question entièrement nos comportements et modes de vie (individuels et collectifs), mais aussi parce qu’il nous plonge violemment et brusquement dans la réalité de celles et ceux oubliés par tous ; les personnes n’ayant pas les moyens de sortir de leur dimension de travailleur-consommateur, et toutes celles assignées à résidence par leur condition physique et/ou mentale. Cependant, cette période de confinement nous laisse une opportunité précieuse : celle de reprendre le contrôle de notre temps et de nos vies, pour agir dans la durée.

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Comment l’ubérisation peut favoriser le travail dissimulé

Temps de lecture : 4 minutes

Dissimuler un travail, c’est ne pas déclarer intentionnellement partiellement ou entièrement son travail, ou un emploi salarié. Ceci permet aux travailleurs indépendants de s’exonérer de leurs obligations fiscales, mais aussi aux employeurs d’économiser des cotisations sociales, voire d’éviter d’embaucher du personnel pour un poste permanent.

A l’ère de l’ubérisation, où l’économie est à la fois digitalisée et dérégulée, les frontières entre travail dissimulé et travail déclaré sont de plus en plus floues. Comment ceci est-il possible ? Peut-on rendre les nouvelles technologies seules responsables de ce phénomène ?

L’ubérisation renforce le lien de subordination entre employeur et salarié à défaut de l’annuler…

….Ce qui a pour corollaire de tendre les rapports de force à l’avantage des employeurs. Et qui dit rapports de force tendus, dit pression plus forte sur les travailleurs, donc plus de précarité et de chantage à l’emploi.

Cette tension pousse les employeurs à exiger de plus en plus des travailleurs, et les travailleurs à accepter des conditions de travail de plus en plus lamentables. Ainsi, dans ce contexte, il est beaucoup plus aisé pour les employeurs de faire des entorses aux règles du Code du Travail (qui protège de moins en moins), et les travailleurs sont beaucoup plus enclins à subir ces entorses.

Pire, l’ubérisation amenuisant l’offre d’emploi alors que la demande est toujours plus pressante, les travailleurs sont de plus en plus forcés d’accepter des formes de revenu non salarié, comme c’est le cas des chauffeurs Uber, mais aussi des enseignants des organismes de soutien scolaire à domicile, des femmes de ménage, des baby-sitters et des livreurs de repas, pour ne citer que quelques exemples. Souvent, ce type de travaux est rémunéré à la tâche, à l’heure ou à la commission et ne permet pas de dégager une somme suffisante pour vivre car ils sont ponctuels. Le seul avantage pour ceux qui les effectuent, c’est qu’ils permettent de dégager un complément de salaire pour une durée de travail pas trop excessive….en théorie.

De plus, même quand on est déjà salarié, le salaire moyen n’augmentant que très peu par rapport à l’inflation, de plus en plus de travailleurs se tournent vers ce genre d’options afin de conserver un pouvoir d’achat décent ; ce qui fait qu’aujourd’hui, les employeurs friands de ce type de main d’œuvre flexible n’ont que l’embarras du choix, et n’hésitent pas à mettre en concurrence directe des travailleurs qui ne sont pourtant pas liés par un contrat.

Ainsi, même si le lien de subordination n’est pas matérialisé via un contrat de travail, étant donné la nature déséquilibrée du rapport de forces existant au niveau des besoins en force de travail, il est bel et bien présent. Et ce lien de subordination tendu renforce la précarité de tous les travailleurs, qu’ils bénéficient de la protection d’un contrat de travail ou non, puisqu’ils sont tous mis en compétition directe sur le marché du travail.

 

Comment la précarité facilite la dissimulation du travail

Il existe plusieurs façons de dissimuler du travail ; on peut ne pas déclarer un emploi salarié, afin de s’exonérer illégalement des cotisations patronales, on peut aussi ne pas déclarer un travail indépendant afin de ne pas être imposé sur ses bénéfices, et on peut encore attribuer à un salarié  des missions qui ne sont pas détaillées dans son contrat ou sa fiche de poste.

Si l’on connait déjà bien les deux premières techniques de dissimulation du travail, la dernière est en pleine expansion du fait de la précarisation grandissante du travail. Les exemples les plus flagrants se retrouvent dans le milieu du web, là où il n’est pas rare de constater que les journalistes ou rédacteurs web, portent aussi la casquette de community manager, voire de webmaster. Ces 3 métiers sont pourtant très distincts et spécifiques, même s’ils évoluent au sein du même environnement. Il y a aussi le cas du stagiaire amovible, ou du CDD éternellement renouvelé, qui occupe un poste permanent dans l’entreprise. Ces techniques de dissimulation du travail permettent par la précarité qu’elle fait subir aux travailleurs, d’exercer une pression toujours plus grande sur ces derniers et de les mettre en concurrence directe. Ce qui signifie que pour conserver son poste, il faut être capable de subir plus de charge de travail que son voisin, peu importe si les conditions de travail deviennent intenables.

Ceci est aussi est d’autant plus vrai pour les travailleurs dits « indépendants » comme les chauffeurs Uber, les livreurs de repas, les femmes de ménages, les professeurs particuliers à domicile et autres baby-sitters qu’il n’y a même pas besoin de procédure administrative lourde à dérouler pour se séparer d’un travailleur pas assez malléable, puisqu’il n’y a pas de contrat de travail.

Ainsi, il est devenu banal qu’un salarié occupe jusqu’à 3 postes différents au sein d’une entreprise, qu’un article de presse soit échangé contre de la « notoriété » à son auteur pour ne pas avoir à le payer, ou qu’on congédie un travailleur qui refuserait de faire des heures supplémentaires gratuites.

Aussi, il serait intéressant de questionner le mode opératoire de cette dissimulation, et le rôle des nouvelles technologies dans ce phénomène.

Les nouvelles technologies sont-elles responsables des nouvelles techniques de dissimulation du travail ?

Les nouvelles technologies d’information et de communication ont permis de dématérialiser de nombreux services tels que la communication interne et externe des entreprises ; cette dématérialisation ayant permis des gains considérables en productivité, mais aussi de créer des nouvelles façons de travailler, comme la réunion en visioconférence, ou le télétravail, ce qui représentent d’indéniables progrès.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que ces nouvelles technologies représentent aussi le lien sans lequel l’ubérisation n’existerait pas. C’est pourquoi on constate souvent que ces nouvelles technologies sont souvent un prétexte qui permet à l’employeur de surcharger ses salariés de travail, de considérer que le télétravail n’est pas du « vrai travail », voire de distribuer du travail qui va au-delà des fonctions du travailleur. Il est donc ainsi beaucoup plus aisé de dissimuler du travail.

Cependant, faut-il pour autant blâmer l’existence de ces nouvelles technologies ? Pas tellement, non. Parce qu’en les utilisant à bon escient, on pourrait travailler à une meilleure répartition du travail afin d’œuvrer pour une organisation plus saine et plus respectueuse de l’être humain. En effet, la question du droit à la déconnexion ne doit pas mener vers une diabolisation de tout progrès technologique, mais plutôt vers une réglementation du travail « numérique » plus claire et plus protectrice des travailleurs.

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