Le pantouflage, véritable raison du manque de représentativité des responsables politiques

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Le pantouflage désigne le phénomène des hauts fonctionnaires qui terminent leur carrière dans des entreprises privées. En effet, aujourd’hui, les élus craignent plus ceux qui financent leurs campagnes électorales que le résultat des urnes. Pourquoi ?

  • Leur ambition principale n’est pas de représenter le peuple

Outre l’attrait pour les fonctions avec du pouvoir, l’accès à ces positions est de moins en moins motivé par le désir de transmettre la volonté du peuple, mais par celui de défendre une idéologie dominante, voire leurs intérêts personnels.

  • Leurs décisions ne servent pas l’intérêt général, mais des intérêts privés

En effet, les décisions prises durant leurs mandats ne servent pas toujours l’intérêt général, contrairement à ce qui est affiché. La récente réforme des retraites par exemple, a été imposée par 49-3 (malgré le fait que la majorité parlementaire corresponde à la majorité présidentielle), contre l’opinion populaire, et même s’il a été prouvé que cette réforme ne permettait pas de faire des économies au niveau du budget de l’Etat ; en effet, les seuls gagnants ici seront les fonds de pension privés. La question a d’ailleurs été posée lorsque des représentants de Blackrock ont été reçus à l’Elysée.

  • L’accès au pouvoir représente une étape pour atteindre leur objectif réel

La défense d’intérêts privés lors d’un mandat dans la fonction publique n’est pas forcément illégale, et peut s’avérer juteuse lorsqu’une fin de carrière est négociée au profit du fonctionnaire concerné. On est donc en droit de se demander quels sont ces objectifs quand les élus et représentants ne font rien pour satisfaire celles et ceux qui les ont mis au pouvoir.

Dénoncer le pantouflage est essentiel : c’est pourquoi il faut mettre en place des procédures de protection pour les lanceurs d’alertes. Or, c’est loin d’être suffisant. Si on veut donner des responsabilités uniquement à des personnes motivées par l’intérêt général et la qualité du service public, c’est sur les moyens d’accès au pouvoir qu’il faut agir de façon durable.

 

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Pourquoi rien de ce qu’on dit, voit ou fait, n’est neutre

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On a souvent tendance à confondre objectivité, recherche de vérité et neutralité. Seulement peut-on considérer que ces trois notions soient similaires ? Et surtout, quels sont les enjeux de ce qu’on appelle « neutralité » ?

 

  • La « neutralité » sert d’alibi aux personnes cherchant à éviter une prise de position dans les situations de conflits d’intérêts

Les conflits d’intérêts étant définis par toute situation d’interférence entre intérêts publics et intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction, lorsqu’on ne prend pas position clairement dessus, sous prétexte de « neutralité », on laisse en réalité ces situations se développer et proliférer.

  • Chercher à créer un équilibre artificiel empêche souvent d’atteindre la vérité recherchée

Déjà parce que l’énergie déployée à créer un contexte en apparence équilibré, c’est de l’énergie qu’on n’utilise pas pour chercher et trouver la vérité. Ensuite, parce que c’est faire fi du contexte des faits, qui est un indicateur assez fiable permettant de déterminer ce qui est réel, plausible ou non.

La volonté de « neutralité » n’est donc ni une fin si on vise le réalisme, ni un moyen fiable pour vérifier des informations.

  • Ce qu’on appelle « neutralité » offre en réalité un terrain favorable aux idéologies dominantes, elle n’est donc jamais gage de vérité

Ce qu’on veut dire lorsqu’on parle de neutralité, c’est plutôt le fait de ne pas intervenir, de ne pas agir, lorsqu’il y a une situation de conflits, en ignorant tout contexte ou tout rapport de forces.

Ainsi, cette inaction profite forcément au camp dominant, puisqu’en valorisant une certaine neutralité, on réduit à néant toute forme de résistance ou contre-pouvoir face au pouvoir majoritaire, ce qui pose un problème d’équité en termes de représentation lorsqu’on a la volonté de servir une forme de démocratie (qu’elle soit directe ou non).

 

Finalement, la notion de neutralité n’existe pas vraiment, puisqu’aucune situation n’est vraiment « neutre ». Il convient donc de ne jamais poser ce concept en objectif à atteindre lorsque l’on cherche à exposer, analyser et démontrer des faits.

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