Pourquoi les grosses structures sont plus visibles que les autres

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On déplore souvent la distribution inégale des ressources, jusque dans notre tissu associatif, où là où certaines associations captent toute l’attention, d’autres meurent dans l’ignorance la plus totale. Pourtant, ce phénomène ne sort pas de nulle part, et est loin d’être insurmontable.

 

  • La preuve sociale fait que nous sommes naturellement attirés par ce qui est le plus visible

Nous supposons donc que plus une structure est visible, plus elle est influente et puissante, et donc efficace. Or, ce n’est pas forcément le cas.

…Et nous donnent l’illusion que les nombreuses interactions virtuelles se traduisent par des actions pertinentes sur le terrain. Si les réseaux sociaux représentent un outil intéressant pour produire des connaissances, communiquer, nouer des liens, et s’informer, la majorité du travail ne se fait pas sur cet espace.

  • Il y a des secteurs et des marchés plus porteurs que d’autres, car considérés plus « glamour » que d’autres

Soit parce qu’il y a une demande à la fois forte et urgente, soit parce que la friction à l’engagement est minime. Lorsqu’une structure répond efficacement à un besoin douloureux, urgent et reconnu, elle mérite pleinement son influence. Les structures qui peinent à se distinguer des autres ont souvent du mal à identifier le besoin de leur cible, et travaillent également sur une demande moins forte. Par exemple, l’aide aux plus précaires, l’accompagnement à la scolarité et à entrepreneuriat, la production de savoir (écriture, réalisation, recherche académique) sont des besoins importants et urgents, mais ne sont pas toujours perçus comme tels (sauf pour l’aide aux personnes pauvres) parce qu’ils demandent un engagement réciproque de la part de leur cible ; il faut lire, acheter, contribuer pour que ces actions aboutissent et aient un impact significatif. Ces secteurs nécessitent donc un travail de communication plus conséquent.

 

             S’il est de notre responsabilité individuelle et collective de donner force et visibilité aux structures qui nous semblent d’utilité publique, il ne faut pas non plus négliger le travail de communication qui permet de concilier perception et besoins des bénéficiaires d’une association.

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Pourquoi nos responsables politiques n’en sont pas

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La crise sanitaire que nous traversons en ce moment a révélé les preuves d’irresponsabilité, de manque d’exemplarité, d’inconscience et de déconnexion totale des personnes se trouvant au pouvoir. Ceci est déplorable à plusieurs niveaux, notamment parce que c’est la population qui va en payer les conséquences économiques et sociales au prix fort. Si, bien sûr, la pression de telles responsabilités est difficile à assumer, il convient de réfléchir aux causes et aux origines de tels comportements.

  • Ils sont dans le déni et inconscients du biais de normalité qui les conditionnent

Parce que la déconnexion du fait de leur fonction et de leur pouvoir leur fait perdre conscience vis-à-vis de la réalité, et rend la peur du ridicule plus déterminante que la peur du danger imminent dans leurs actions. C’est pour cette raison précise que l’action politique est souvent plus tournée vers la communication que vers la prise de décision pragmatique pour l’intérêt général.

  • Ils n’assument ni leurs actes ni leurs erreurs

Car c’est impossible de le faire lorsqu’on est beaucoup trop déconnecté de la réalité. Il n’est d’ailleurs pas rare en effet que nos responsables politiques soient convaincus de la viabilité de leurs choix. La peur du ridicule, mais aussi celle de la perte de pouvoir, les empêchent également d’admettre leurs erreurs ; car le sentiment de vulnérabilité suscité par cet aveu serait perçu comme une perte de crédibilité, et une détérioration de leur image.

  • Ils utilisent leur temps pour se décharger de leurs responsabilités au lieu de l’utiliser pour trouver des solutions

Là où prendre leurs responsabilités en devenant conscients du biais de normalité, et en agissant dans ce sens pour tirer des leçons positives de leurs erreurs, leur réflexe est souvent de se décharger en culpabilisant collectivement la société pour leurs propres choix et décisions. Il s’agit ici de comportements toxiques qui rendent impossible toute tentative de construction saine de lien entre les responsables politiques et le reste de la société.

Dans ce contexte, utiliser son énergie pour déverser sa colère inaudible sur nos dirigeants relève du gaspillage et sera forcément stérile et non constructif. En effet, il est essentiel de sortir de ce cercle vicieux de comportements toxiques en commençant par ne pas les reproduire pour prendre du recul et poser des limites. Ensuite, on pourra être dans une démarche d’organisation collective en faisant passer nos priorités et nos urgences avant toute échéance institutionnelle.

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