De l’agonie des institutions politiques

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La crise politique en France existe depuis longtemps. Mais personne ne la voyait. Ou personne ne voulait la voir. Pire, elle est devenue [presque] normale. Les abus de confiance, les abus de pouvoir, la justice à 2 vitesses font désormais partie du paysage politique. Avec ceci, la dépolitisation des sujets de société (violences envers les femmes, sexisme, racisme…), la standardisation et l’automatisation des institutions qui ont conduit à leur déshumanisation.

Or, si les lanceurs d’alertes sont encore trop peu nombreux à pointer du doigt les insuffisances de ce modèle, il y a tout de même un nombre assez incroyable de personnes qui n’hésitent plus à brandir toutes sortes d’épouvantails afin de sauvegarder la « démocratie ».

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Pourtant, le modèle de la Vème République française, n’a plus grand-chose de démocratique, si ce n’est son droit de vote. Droit de vote qui sert à choisir des représentants aux pleins pouvoirs qui ne représentent presque plus personne.

En effet, le droit de vote est surtout instrumentalisé pour préserver un modèle dont les limites [aur]ont eu raison de lui, jusqu’à le conduire aujourd’hui en fin de vie. Il n’a donc plus aucune influence concrète sur notre quotidien.

Cependant, peut-on en déduire que le vote est inutile ? Tout dépend du message que l’on souhaite faire passer. Si on estime que le système peut très bien survivre à condition qu’on lui réinjecte de l’adrénaline à base de « fronts » ou encore « sursauts républicains », il faut continuer à voter « utile », c’est-à-dire pour les partis qui se sont toujours distribués le pouvoir. Dans cette solution, les courants politiques dissidents n’auront pas d’autres choix que de se greffer au pouvoir en place, ou de mourir. Si ce n’est qu’une question de candidats qui ne répondraient pas aux besoins des électeurs, voter blanc pourrait suffire, bien que ce vote ne soit pas reconnu à égalité avec celui pour un parti. Enfin, s’il s’agit d’exprimer un rejet de ce système électoral, le vote, qu’il soit blanc ou exprimé, est inutile.

Inutile, car si on veut passer à autre chose, maintenir sous perfusion une entité qui ne demande qu’à être débranchée, c’est juste de l’acharnement thérapeutique.

On peut donc se demander quelles sont les solutions qui s’offrent à nous. Réveiller le peu de vie qu’il reste à notre système politique en lui infligeant une violente cure d’électrochocs ? A part prolonger notre calvaire par peur de l’inconnu, cela ne changera rien. Ou l’abandonner à son triste sort, afin d’en faire le deuil et d’y trouver une alternative crédible, qui tendrait vers une démocratie directe, avec un vote blanc [vraiment] reconnu, un [réel] non-cumul des mandats et des élus révocables.

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Pourquoi les abstentionnistes ne sont pas (forcément) anti-républicains

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Je ne suis pas une rebelle. Je ne suis pas une anarchiste pseudo-anti-système. J’ai participé à la campagne des départementales en 2015. J’ai toujours fait en sorte d’être une citoyenne et plus largement, une personne exemplaire. Je n’ai donc pas de leçon à recevoir. Mais pourtant j’ai fait partie des abstentionnistes.

Non pas que je me désintéresse de la vie politique, bien que la classe politique m’exaspère au plus haut point. Et bien sûr, je ne tiens pas à ce que le FN soit au pouvoir.

Mais s’il arrive au pouvoir, faut-il accuser les abstentionnistes ou le pouvoir en place qui n’essaie même pas de tenir ses promesses quelque soit sa couleur ? Et si ce parti est un réel danger pour la République, pourquoi l’autoriser et lui offrir une large tribune dans les médias ?

Non je ne suis pas allée voter. Car :
1) depuis que j’ai 19 ans, j’ai changé 6 fois de résidence que ce soit pour le travail ou les études
2) fin 2014, je me suis retrouvée au chômage et mes indemnités ont mis 4 mois à se débloquer : ma préoccupation principale était de payer mon loyer, mon prêt étudiant et me nourrir avec 0€ sur mon compte, tout en cherchant un travail dans ces conditions. Donc pardon si j’ai oublié de m’inscrire sur les listes électorales de mon lieu de résidence (toujours temporaire).
3) je pourrais me déplacer chez mes parents où je suis inscrite, mais encore une fois un aller-retour à 80€ minimum, c’est le prix pour accomplir mon devoir citoyen mais c’est aussi le prix de mon abonnement mensuel Navigo.
4) il y a la procuration, mais mes parents n’étant pas français, mon frère étant mineur et ma soeur se trouvant dans la même situation que moi (loin du domicile familial pour des études et peu de ressources financières), cette solution n’est tout simplement pas envisageable.

Conclusion : non seulement la classe politique ne nous donne pas envie de voter, mais en plus, elle ne nous facilite pas la tâche.

PS : la République aurait certainement obtenu mon suffrage si la promesse du droit de vote des étrangers avait été tenue ! 😉

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