Pourquoi il faut rejoindre la Marche de la Dignité du 31/10/2015

Temps de lecture : 2 minutes

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Le samedi 31/10, il y aura une marche qui débutera à 14h à Barbès.

Ce ne sera pas une n-ième marche banale contre le racisme. Il ne s’agira pas ici de s’apitoyer sur son sort.

Cette marche, c’est parce que d’autres ont marché avant nous en 1983 pour réclamer l’égalité des droits.

Égalité qui, aujourd’hui (soit 32 ans plus tard), n’existe que sur le papier.

Parce qu’en 2015, on ne punit [toujours] pas les crimes policiers lorsqu’ils sont commis sur des Noirs ou des Arabes. Pire, parfois, ils sont tout simplement ignorés.

Parce que malgré le fait que le triste scénario de la colonisation des territoires palestiniens et des massacres qui y sont perpétrés se répète depuis 1948, les médias occultent le détail de ces informations.

Parce que lorsqu’on est musulman d’apparence, on a 4 fois plus de risques de se faire discriminer à l’embauche et que les travailleurs musulmans doivent parfois subir l’islamophobie de leur patron.

Parce que quelques soient nos origines, on y est toujours ramené et on oublie notre citoyenneté française.

Parce que même si le temps des colonies est révolu, le gouvernement français continue de mener des guerres impérialistes dans le monde.

Parce que lorsque nous voulons exprimer notre soutien aux peuples opprimés, nous sommes bâillonnés sans honte dans le pays des « droits de l’Homme ».

Parce qu’en France, on laisse encore prospérer dans les médias de grande audience des propos racistes et haineux pour créer le buzz.

Parce qu’une femme voilée n’a pas le même accès à l’emploi, ni le même droit à la parole, ni celui d’être une maman comme les autres et qu’on lui confisque toujours sa liberté d’expression.

Parce que malgré la flambée des actes islamophobes, on continue à nier ce phénomène et à hiérarchiser les différents racismes.

Parce qu’on rase et on évacue des campements de Roms sans solution de relogement viable dans des villes tenues par des maires qui se proclament humanistes.

Parce qu’on ne nous accorde la parole que si nous acceptons de cracher sur les nôtres.

Parce que nous avons encore besoin d’exhiber nos corps tuméfiés ou les dépouilles de nos enfants pour qu’on daigne s’indigner à propos des violences que nous subissons.

Parce que que nous soyons noirs, arabes, musulmans, roms, trans, homos, voilées, on ne nous accepte pas tels que nous sommes.

Pourtant nous existons. Nous réussissons. Nous entreprenons. Nous investissons. Nous construisons. Nous nous battons. Nous grandissons. Nous vivons ensemble. Nous élevons nos enfants, nos petits frères, nos petites sœurs. Nous gardons le sourire.

Nous restons fiers, et surtout, nous restons dignes.

C’est pourquoi nous marcherons ensemble le 31 octobre, et cette fois-ci, nous ne laisserons personne récupérer nos combats pour mieux les piétiner ensuite.

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De « l’islamo-mania »

Temps de lecture : 5 minutes

Précédemment, je vous avais fait part des perles qu’on pouvait entendre de certaines personnes qui étaient plus ou moins conscientes d’être islamophobes. J’avais ainsi démontré à partir de ces exemples que dans la plupart des cas, ces inepties n’étaient pas dues à de la méchanceté gratuite mais à de l’ignorance.

Ainsi, on peut se demander quelles sont les raisons de cette méconnaissance. On pourrait accuser (à raison) ceux qui ne maîtrisent pas le sujet de ne pas se renseigner correctement. Cependant, on est forcé de constater qu’ils ne sont pas les seuls à blâmer quand on voit le flot trop important d’informations non pertinentes/incomplètes/erronées (rayer la mention inutile) fournies par nos médias de grande audience.

Pour commencer, on a l’utilisation du préfixe « islamo » qui ne veut rien dire mais qui vient polluer de plus en plus de gros titres pour trouver un moyen de définir les protagonistes de faits divers.

paru dans lefigaro.fr, le 22 décembre 2014
paru dans lefigaro.fr, le 22 décembre 2014
paru dans Le Parisien, 12 juin 2015
paru dans leparisien.fr , le 12 juin 2015

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Pour ma part, je ne comprends pas le concept d’ « islamo-délinquance », et encore moins celui de l’ « islamo-psychiatrie » . Le braqueur aurait-il prononcé « Allahu Akbar » avant d’accomplir son méfait ? Qu’est-ce que l’islamo-psychiatrie ? C’est une méthode de soins inspirée par le Coran ? C’est quand le divan du patient est orienté vers la Mecque ? Ou quand le médecin dit Bismillah avant de commencer ?

Pour apprécier ce qui va suivre à sa juste valeur, il est important de rappeler la définition d’un attentat ; à savoir un acte violent destiné à mettre en péril les intérêts et les institutions d’une nation et/ou d’un territoire. On reconnaît un attentat au fait qu’il soit revendiqué par une organisation souvent terroriste.

Ensuite, on a droit à la surenchère et à la spéculation de la part des chaînes d’information en continu au moindre fait divers. En effet, lorsqu’il y a une tragédie, on lui cherche toujours une « islamo-cause ». On peut aisément le notifier dans l’affaire Yassine Salhi, qui a souhaité déguiser en attentat terroriste un règlement de compte avec son patron. Ici, I-Télé parle d’attentat alors qu’il n’y a eu aucune revendication de la part d’organisations terroristes.

Autre exemple avec le crash de Germanwings, où Jean-Pierre Elkabbach interviewe sur Europe 1 Alain Vidalies, secrétaire d’État aux transports et cherche à connaître la nationalité des passagers, afin de savoir si ces derniers étaient des candidats au terrorisme, et donc des suspects potentiellement responsables de la catastrophe.

– Jean-Pierre Elkabbach : « Parmi les 144 passagers victimes de cette catastrophe, il y a 67 Allemands, 45 Espagnols, c’est-à-dire 112. Qui sont les 32 autres ? »

– Alain Vidalies : « Il y a un certain nombre de nationalités, cela a été dit, des Belges, des Anglais, des Turcs, il y a des vérifications qui sont en cours puisque nous sommes à l’intérieur de l’espace Schengen… »

– JPE : « Justement on se disait avec Maxime Switec [présentateur du journal de 8h sur Europe 1] tout à l’heure, comment se fait-il qu’il y avait le nom des passagers mais pas leur nationalité ? »

– AV : « C’est la réalité quand vous prenez un avion à l’intérieur de la France ou à l’intérieur de l’espace Schengen… »

– JPE : « Et il n’y a pas de changement à envisager ? »

– AV : « Écoutez je pense qu’à ce moment-là ça voudrait dire qu’on ne pourrait plus prendre les billets par internet ou d’une manière facile donc je crois qu’il faut réfléchir à ces conséquences… »

JPE : « Dans les noms que vous avez des passagers, il n’y en a pas qui viennent d’endroits où on pourrait soupçonner qu’ils sont en mission suicidaire ? »

(source : Acrimed)

De la même manière, personne n’a voulu prononcer le mot « attentat » lorsque Dylann Roff a assassiné 9 noirs dans une église avec pour seul mobile la haine raciale. Au contraire, certains articles comme celui de la version suisse du site 20 minutes ont même cherché à trouver des « excuses » à ce [mauvais] « comportement » qui ne serait finalement pas [tellement] pire qu’un [banal] crime passionnel.

Évidemment, tous ces exemples ont pour inévitable corollaire la cristallisation des peurs existant autour de l’Islam. A tel point que récemment, une CM a été violemment prise à partie pour avoir publié des recettes orientales à l’occasion du Ramadan en évoquant la convivialité et le partage qui règne durant cette période cruciale pour les musulmans. Un « islamo-bad buzz », donc.

Cet épisode prouve bien qu’aujourd’hui, nul besoin d’être musulman pour être victime d’islamophobie ; il suffit simplement d’éprouver de l’affection ou de la compassion avec tout ce qui se rapproche de près ou de loin de l’islam.

Enfin, pour ne pas faire de procès d’intention, on n’accusera point ici les médias d’être [consciemment] islamophobes (même si on pourrait). Cependant, on peut légitimement se poser la question de l’intérêt de cette « islamo-obsession ». Un élément de réponse serait de dire que tout ce qui se rapporte de façon négative à l’islam en temps de crise économique et identitaire, le tout rythmé par des attentats terroristes, trouve un bon public . Qui dit bon public, dit plus d’audimat, plus de ventes, plus de vues et donc, plus d’argent. Les fins mercantiles de nos médias de références (devenues désormais prépondérantes par rapport à leur devoir d’informer) pourraient donc expliquer au moins en partie cet « islamo-(dés)amour ».

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Où commence l’islamophobie ?

Temps de lecture : 6 minutes

Les rares fois où l’on entend parler d’islamophobie, c’est pour évoquer des agressions sur des femmes voilées. Car oui, même si on commence à en parler, les infos à ce sujet sont encore trop peu diffusées. Sujet tabou. Trop sensible. Tellement gênant, que l’on préfère se voiler à la face en parlant pudiquement de « racisme anti-musulmans » à défaut de pouvoir découvrir [dans tous les sens du termes] le dessein de ces femmes , et plus largement, de tous ceux qui, de manière revendiquée ou non, se trouvent être de culture, ou de confession musulmane.

Bien sûr, ce qu’on omettra de vous préciser, c’est que ces agressions, dont le nombre croît de manière effroyable, ne sont que la partie visible de l’iceberg. Or si la partie immergée n’est pas la plus sanglante, elle n’en reste pas moins sournoise.

Ainsi, dans la liste qui suit, on constatera que la violence de l’islamophobie ne se traduit pas seulement par des histoires de coups et de blessures, ou de vandalisme ; c’est aussi l’accumulation de remarques, actions, paroles, idées [assumées ou refoulées] qui de manière insidieuse envahit notre quotidien depuis désormais plusieurs décennies. Et c’est bien ici que commence le problème.

En effet, ne vous en déplaise, l’islamophobie, c’est aussi :

  • Quand une collégienne se voit privée de cours, rejetée par les profs et les élèves à cause de bandeaux sur la tête et de jupes trop longues et qu’elle est sous anti-dépresseurs à l’âge de 15 ans (Cf. Premier chapitre de l’ouvrage « Islamophobie :Comment les élites fabriquent le problème musulman » par Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat)

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  • Quand une collégienne (encore une !) n’a même pas le droit de mettre les pieds dans l’enceinte du collège alors qu’elle respecte la loi sur la « laïcité » en retirant son foulard à l’entrée, et ce sans le moindre avertissement ni conseil de discipline parce que sa jupe serait trop longue. Outre le ridicule de cette excuse (puisque la jupe en question est portée par de nombreuses clientes de Kiabi, toutes confessions confondues), il faut noter que le droit à l’éducation de cette enfant (qui n’a pas 16 ans) n’est pas respecté. Jules Ferry aurait adoré.

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  • Quand la ministre de l’Éducation Nationale (pourtant de culture musulmane) soutient cette décision illégale sous couvert de « lutte contre le prosélytisme » sans aucune preuve tangible du supposé « comportement prosélyte » de la jeune fille.

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  • Quand un directeur d’école dénonce un enfant de 8 ans pour « apologie du terrorisme » à la police défaut de remplir son rôle éducatif pour des propos malheureux

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  • Quand la même ministre maquille la vérité sur cette affaire (Cf. Affaire Ahmed)

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  • Quand on minimise l’islamophobie par rapport à l’antisémitisme dans la lutte anti-raciste

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  • Quand le corps des femmes musulmanes appartient plus à la République qu’à elles-mêmes à cause de lois liberticides

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  • Quand on accuse un étudiant musulman pratiquant qui mange hallal de « faire chier » parce qu’on veut organiser un repas de promo dans un restaurant de grillades (alors que le mec veut quand même participer quitte à payer pour les autres sans manger lui-même)

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  • Quand un étudiant abruti engueule la secrétaire de l’école dans un mail envoyé à TOUT LE MONDE parce que cette dernière informe que la cafétéria propose des sandwichs à la dinde hallal en plus des sandwichs existants

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  • Quand le frère de ton amoureux lui demande si tu bois de l’alcool, si tu manges du porc et si tu acceptes les relations sexuelles pour vérifier que tu sois pas intégriste

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  • Quand on te pose des questions gênantes sur ta sexualité et/ou sur ta présupposée « virginité » parce que tu es une femme

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  • Quand on te pose toujours les mêmes questions reloues pendant le Ramadan alors que le jeûne temporaire est une méthode de nutrition aussi utilisée par des non-musulmans

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  • C’est aussi quand tu te sens obligée de mentir sur ta pause déjeuner pendant le Ramadan pour éviter les remarques stupides et désobligeantes

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  • …Ou quand tes voisins de chambre à l’internat trouvent marrant de foutre une tranche de jambon sous ton oreiller

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  • ou encore quand on te dit « c’est cool d’avoir un Sam sur qui compter » parce que t’es le seul à pas picoler

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  • Quand quelqu’un qui ne connaît absolument pas ta religion se permet de s’ériger en moufti parce que tu bois de l’alcool/manges du porc/fais ce que tu veux de tes fesses

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  • Quand on te colle une image de « nana qui veut pas s’intégrer » parce que tu refuses une invitation à une soirée étudiante où il y a plus de 200 personnes/trop d’alcool/des viols et que tu connais personne (et qu’en plus t’es jamais allée dans ce genre de soirées)

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  • Quand on te sort après ça que c’est parce que tu juges les agnostiques qui font la fête

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  • Puis qu’on te colle cette image aux yeux des profs qui finissent par te clasher pendant toute l’année scolaire

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  • Quand on te pose plusieurs fois la question « pourquoi tu ne portes pas le voile si tu es musulmane ? »

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  • Quand on te fait les yeux ronds lorsque tu dis que le mariage de tes parents n’a pas été arrangé par la famille. Ni celui de tes grands-parents d’ailleurs.

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  • Quand à la cantine on te fait une crise de jalousie par ce que tu as eu un cordon bleu/un steak/du poisson pané à la place du lard tout dégueulasse

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  • Quand des profs s’acharnent sur tes gosses parce que tu portes le voile et qu’ils ne s’imaginent pas que tu as toi aussi un bac +5

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Avec tous ces exemples d’islamophobie ordinaire (provenant de ce que moi et mes proches ont pu vivre), on aura compris que le responsable de ce phénomène ce n’est ni la gauche, ni la droite (extrême ou non) mais bel et bien l’ignorance. D’une part, les non-musulmans ne prennent pas la peine de se renseigner avant de donner leur avis sur l’Islam. D’autre part, une partie des musulmans encourage le repli sur soi sous prétexte de se protéger au lieu de s’ouvrir aux autres pour mieux vivre ensemble.

Outre le fait de combattre l’ignorance en ne fermant pas le dialogue pour cause de crispation identitaire, il serait aussi judicieux ne pas instrumentaliser les violences à caractère islamophobe dans le but de s’octroyer de la publicité sous couvert de militantisme. En effet, il n’y a rien de plus insupportable que de voir la dignité de ces victimes bafouée au nom de la lutte contre l’islamophobie.

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Tuto : le soufflé raté selon Marianne

Temps de lecture : 3 minutes

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Aujourd’hui, on va apprendre à déceler les inepties dans un article de presse classique.

Prenons l’exemple (au hasard) de l’article du dernier numéro de Marianne.

L’objectif ici est de faire décoller les ventes d’un hebdomadaire, qui malgré les subventions de l’Etat peine à faire entendre parler de lui. Il faut donc en mettre plein la vue, et ce dès la vision de la couverture dans le kiosque.

Et pour cela, rien de mieux que la recette du soufflé. Vous savez, ce plat qui gonfle de façon impressionnante dans le four et qui se ratatine si vous ne maîtrisez pas l’art de sa cuisson ?

Or le problème ici, c’est que visiblement, prendre le nom du symbole de la République française et prétendre s’adresser à ses citoyens n’empêche pas cette rédaction de prendre ses lecteurs potentiels pour des idiots.

En effet, ici le soufflé se ratatine de façon violente, mais le magazine a espéré quand même que personne ne s’en rendrait compte.

Ainsi, comme vous vous en doutez, si la mayonnaise ne prend pas, c’est parce que la tambouille de Marianne est d’abord simpliste avant d’être peu ragoûtante.

Alors, si comme Joseph Macé-Scaron, vous rêvez d’apparaître dans la matinale de BFMTV, que vous êtes plus connu pour votre « copier-coller » que pour vos talents d’écriture et que les ventes de votre magazine sont en perte de vitesse, procédez de la manière suivante :

        1. Offrez-vous une couverture bien racoleuse comme il faut (avec un sujet bien chaud comme l’Islam), mais ne citez aucun nom, afin d’éviter un procès pour diffamation. Faites mijoter toute la nuit avant la sortie officielle dans les kiosques, afin de tenir tous les becs affamés en haleine. Pour pimenter le tout, rajoutez un petit partenariat avec RMC Info, les grands spécialistes du racolage de l’info.

2. Dans vos articles, prenez les propos d’un journaliste, sortez-les du contexte, saupoudrez-les d’une bonne dose de mauvaise foi, et SURTOUT, ne vous donnez pas la peine d’interviewer la ou les personnes concernées en bonne et due forme. Il ne faudrait pas prendre le risque de faire preuve d’éthique afin de rendre son travail légitime.

3. N’hésitez pas à remuer énergiquement le tout en illustrant l’article avec une photo non-libre de droits et pour laquelle vous aurez malencontreusement oublié de demander l’autorisation de l’utiliser. Avec ce mélange, vous obtiendrez un goût prononcé de malhonnêteté.

4. Attaquez-vous à un média indépendant (et donc non subventionné) qui gagne ses auditeurs uniquement sur la qualité de son contenu et qui n’a pas le même patron que vous pour ne pas vous brûler les doigts lorsque vous sortirez votre bébé du four.

5. Enfin, -pour que votre soufflé se ratatine de façon spectaculaire-, admettez que les interlocuteurs de l’émission ont « le verbe haut », qu’ils représentent une « élite » et que « le programme a du succès ». Ainsi, vos lecteurs comprendront que ce qui dérange, c’est que les élites de ce pays laissées pour compte dans les médias traditionnels prennent la parole qui leur est due.

Félicitations, votre soufflé s’est maintenant aplati en beauté !

Sur ce, je vous souhaite un bon appétit, si jamais vous n’êtes pas encore écœurés par cet amas indigeste.

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Affaire Ahmed : pourquoi la version officielle ne tient pas debout

Temps de lecture : 2 minutes

Comme vous le savez, je suis ingénieur de formation. C’est pourquoi la démonstration qui suivra dans cet article sera basée sur une méthode de raisonnement mathématique simple, mais infaillible : le contre-exemple.

En effet, le contre-exemple est puissant, puisqu’il permet de démolir n’importe quelle théorie en ne la contredisant qu’une seule fois ; c’est-à-dire qu’un unique contre-exemple suffit pour juger une affirmation fausse.

L’affirmation étudiée ici sera celle de Madame Najat Valaud-Belkacem, notre ministre de l’Education Nationale, qui a déclaré sans sourciller aux médias qu’il « n’y avait aucune plainte déposée contre l’enfant, et que celui-ci a été entendu dans le cadre de la plainte déposée contre son père qui s’était introduit plusieurs fois dans l’école sans y avoir été autorisé et en menaçant le personnel de l’école ».

Bien sûr, lorsqu’on n’écoute que ce son de cloche, cette version est tout à fait probable : l’enfant étant à l’origine de l’intrusion de son père au sein de l’établissement scolaire, il est tout à fait plausible qu’il soit convoqué au commissariat afin que la police puisse établir les faits dans le cadre de l’enquête menée contre son père.

Or, tout bon procédurier sait qu’en France, lorsque l’on dépose une plainte au commissariat, il y a automatiquement un procès-verbal qui est rédigé et qui se matérialise sous la forme d’un document papier qui relate les détails de la plainte, qui est daté, signé et tamponné par la police. Evidemment, la police et le plaignant conservent chacun un exemplaire de ce document.

Dans ce cas, il est donc aisé de vérifier s’il y a eu oui ou non, une plainte déposée contre le jeune enfant de 8 ans ; il suffit de vérifier si ce fameux procès-verbal existe.

Effectivement, ici, plusieurs personnes ont pu constater l’existence de ce document, dont l’avocat qui défend Ahmed et un membre du CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France), Elsa Ray.

Ainsi, on peut affirmer avec certitude que s’il y a eu une plainte déposée contre le père de l’enfant, il n’est pas le seul à être attaqué : l’enfant est bel et bien poursuivi par le directeur de son école pour « apologie du terrorisme », et il n’a pas été entendu par un officier de police judiciaire dans le cadre d’une enquête menée sur son père, mais bel et bien dans le cadre de la plainte contre lui.

On peut donc en déduire que la version de notre ministre est en partie erronée. Reste à savoir s’il s’agit d’un manque d’information ou d’une réelle volonté d’occulter le fait qu’on autorise les poursuites judiciaires sur un enfant pour des propos tenus.

Enfin, s’il y a une leçon à retenir de cette affaire, c’est celle-ci :

« Il suffit d’un contre-exemple pour prouver qu’une affirmation est fausse »

(Par tous les professeurs de mathématiques en Maths Sup et Spé)

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