La monétisation dans le milieu associatif : Quand, pourquoi et comment.

Temps de lecture : 2 minutes

A cause du tabou qui plane sur cette question épineuse, la gestion de l’argent dans les structures associatives peut s’avérer très opaque ; ce qui crée un contexte favorable au développement de tout type d’abus.

Seulement, nous verrons que dans beaucoup de cas, la monétisation devient vite nécessaire. Tous les enjeux résident donc dans le fait de pouvoir générer de l’argent sans entrer en contradiction avec les objectifs et valeurs de la structure.

 

 

  • Quand ?

 

    • Lorsqu’on monte un projet clairement défini qui nécessite des fonds

A noter qu’il est nécessaire de dessiner une stratégie pointue de gestion de projet en amont, afin d’y inclure précisément les fonds requis.

    • Lorsque la charge de travail (temporaire ou permanente) nécessite une forte disponibilité

Selon la nature des tâches, et la disponibilité requise pour ces dernières, arrive un moment où la charge mentale ne peut plus reposer uniquement sur du bénévolat. Si on a un besoin d’une tâche précise ponctuellement, on peut faire appel à des prestataires externes, si c’est une tâche de plus long terme, on peut embaucher à durée déterminée. Enfin, si la charge est permanente, il est nécessaire de créer un poste en CDI.

 

  • Pourquoi ?

 

    • Demander une contribution aux bénéficiaires de la structure renforce l’engagement de cette cible

Parce que contribuer à une structure en y adhérant ou en la soutenant financièrement quand on bénéficie de ses actions responsabilise. Les adhérents, militants et donateurs deviennent une partie prenante importante, et sont légitimes pour orienter la stratégie de l’association.

    • Impossible d’obtenir une disponibilité importante/une qualité professionnelle sans budget

…car c’est générateur de stress et de violences. Le bénévolat ne doit se faire que sur la base du volontariat, et il est primordial que ce travail soit valorisé et reconnu afin de bénéficier aux bénévoles.

 

  • Comment ?

 

    • Levée et utilisation des fonds transparentes à 100%

Là encore, il est nécessaire de tracer en amont une stratégie de gestion de projet, afin de connaitre précisément le budget alloué à chaque tâche. De cette manière, on est en mesure de présenter une campagne de financement transparente sur les montants requis et leur utilisation.

    • Vente de produits et de services répondant aux besoins de la population ciblée par la structure

Il est également possible de vendre des produits dérivés ou des services en lien avec la thématique de l’association, pour récolter des fonds supplémentaires, car si les associations loi 1901 sont à but non-lucratif, il est cependant toléré de générer des bénéfices.

    • Réinvestissement automatique des fonds

La condition nécessaire pour que les profits soient en adéquation avec les valeurs éthiques d’une structure c’est qu’ils soient réinvestis de manière pérenne ; projets à impact social positif, création d’emploi, matériel pour améliorer la qualité du travail de la structure….

 

La clé d’une gestion saine des ressources financières, c’est la transparence vis-à-vis des acteurices de la structure, mais aussi vis-à-vis de ses bénéficiaires. En effet, à partir du moment où les règles de gestion sont clairement établies et connues de tous.tes, il n’y a aucun problème à assumer le fait de générer de l’argent.

 

 

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Comment reconnaître les contextes favorables au développement de violences en milieu militant

Temps de lecture : 3 minutes

Parce qu’on est souvent motivé par des liens d’attachement (idéologiques ou autres) avec les autres militant.e.s, il est souvent compliqué d’admettre que l’on se trouve dans des situations de violences. Pourtant, afin de préserver les intérêts de nos combats, il est nécessaire de savoir identifier les indicateurs de violence pour trouver des solutions. En voici quelques-uns :

Si les militant.e.s rejoignant votre structure partent aussi rapidement qu’iels sont arrivé.e.s, ou peinent à s’investir sur le long terme, c’est un indicateur que ces personnes souffrent. Il est donc nécessaire d’offrir un cadre sécurisant à l’engagement.

  • Charge mentale reposant principalement sur des bénévoles ou des prestataires en pro-bono

Aujourd’hui, il est communément admis que pour pérenniser le travail associatif, il faut des prestations rémunérées, de préférence sous forme de salaire. Si, bien sûr, ceci est plus facile à dire qu’à faire, il est de la responsabilité des cadres des structures de ne pas instaurer de liens de subordination implicites à des bénévoles ou des prestataires en pro-bono. Ce qui implique de ne pas imposer de présence permanente, de délai, de contraintes trop fortes sans s’assurer que lae bénévole ou prestataire pro-bono s’investisse uniquement sur la base du volontariat.

A noter que consentir à un engagement dans une structure n’est pas suffisant, c’est au bénévole d’être à l’initiative de son investissement et de ses termes.

 

  • Situations de harcèlement provoquées par un excès de listes de diffusion ou groupes de discussion

Comme je l’ai déjà constaté précédemment, ces applications ne sont pas des outils de gestion de projet fiables, et exposent à du harcèlement et à de l’épuisement. Si on vous inscrit à trop de listes de diffusion, surtout sans votre consentement, ceci peut très vite devenir épuisant, voire violent. A noter également, que plus il y a de participants dans un groupe de discussion, moins la parole y sera libre.

Il est aussi tout aussi violent de retirer une personne d’un groupe de discussion sans l’en aviser en amont : cette dernière risque de développer un sentiment de rejet, et ce n’est pas ce qu’on cherche dans des structures associatives.

  • Fatigue numérique

Contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas en supprimant totalement l’usage des nouvelles technologies de communication qu’on se préserve de la fatigue numérique, mais bien en s’octroyant un droit à la déconnexion, et en détectant les situations de violence.

Le besoin de s’éloigner de ses écrans peut donc venir de ces situations, et pas forcément des écrans à eux seuls (malgré leurs désagréments bien connus).

  • Manque de vie privée, relations intrusives avec d’autres militant.e.s

Lorsque vous n’avez plus de temps pour vous, ou que certain.e.s militant.e.s s’ingèrent dans votre vie privée sans votre consentement, il s’agit, là encore de violence. Il est nécessaire de poser fermement ses limites dans ces cas de figure.

  • Critiques injustifiées, dénigrement

Les critiques injustifiées et le dénigrement d’une personne sont des indicateurs de harcèlement moral, et donc d’une ambiance toxique de travail qu’il est préférable de fuir si l’on en a la possibilité.

  • Absence de charte éthique

Lorsqu’il n’y a pas de charte éthique clairement établie, il n’y a pas de règles ni principes ; c’est donc la porte ouverte à tout type d’abus.

  • Absence d’outils de gestion de projet

L’absence d’outils de gestion de projet engendre nécessairement des pratiques managériales stressantes et vectrices de conflits, voire de violences. C’est d’ailleurs une des premières choses à établir lorsqu’on ouvre une structure (en-dehors de l’aspect purement administratif), car la bienveillance et l’intégrité des individus est une condition nécessaire, mais insuffisante.

 

Cette liste n’est probablement pas exhaustive, mais part de mon constat personnel de ce que j’ai pu observer parmi les structures par lesquelles je suis passée. L’étape suivante après l’identification de ces situations de violence, c’est de trouver des solutions sur le long terme. Il n’existe pas de solution clé-en-main, mais il est possible de travailler sur plusieurs aspectes ; je les détaillerai dans une formation plus approfondie prochainement.

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