4 raisons [valables] pour miser sur la société civile en politique

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Bien souvent, on parle de renouvellement en politique, mais on ne laisse une chance qu’à celles et ceux que tout le monde connaît déjà, même s’ils n’ont aucun bilan positif à proposer. Pourtant, pour que ce renouvellement se fasse, il faut non seulement laisser la place à de nouveaux profils sociologiques, mais aussi à une nouvelle génération de militantes et militants afin de porter un nouveau regard sur les questions nous concernant.

  • Celles et ceux qui le font accèdent plus rapidement aux instances de pouvoir

Et c’est valable quelle que soit l’idéologie d’un mouvement : cette stratégie a fonctionné pour Ciudadanos (centre-droit) en Espagne, ainsi que pour Podemos (gauche radicale). En France, cette stratégie n’a été adoptée que par LREM, et elle a permis une énorme concentration de pouvoirs en seulement 3 ans.

  • Les vieilles pratiques militantes sont usées et pourrissent les gens jusqu’à la moëlle

Aujourd’hui la norme du militantisme, c’est malheureusement la logique du monopole reposant sur la recherche de buzz et menant vers une forme de sectarisme. Cette norme, en plus d’être toxique pour les militants, ne mène pas vers la victoire. Ainsi, le seul moyen d’en sortir, c’est de recruter en dehors des structures et réseaux connus.

  • Il est utopique d’espérer généraliser une « déconstruction » individuelle

L’excuse qu’on utilise pour exclure la société civile des organisations militantes, c’est de prétexter le manque de formation, le manque d’intérêt pour la politique ou encore un manque de déconstruction vis-à-vis de l’idéologie dominante. Outre l’élitisme et la condescendance de ces considérations, vouloir déconstruire les individus sans questionner en amont les idéologies, c’est à la fois contre-productif et contre-révolutionnaire.

  • C’est le meilleur moyen de tendre vers une représentation plus adéquate et des pratiques plus démocratiques

La force de la société civile, c’est à la fois qu’elle est plus susceptible de comprendre les problématiques de la majorité des citoyens (attention, ce n’est ni toujours vrai, ni forcément un atout) et donc qu’on peut plus facilement s’y identifier.

En effet, il est plus aisé de tendre vers une démocratie directe, si la démocratie représentative met en valeur des personnes qui ressemblent aux électeurs ciblés.

Si recruter parmi la société civile pour renouveler les organisations politiques permet de dépoussiérer des pratiques qui ne fonctionnent plus, il faut veiller à ne pas idéaliser cette solution. En effet, il est préférable de vérifier, selon ses objectifs, si les personnes avec qui on s’engage travaillent de la même manière que soi si on souhaite construire efficacement et durablement.  

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De l’agonie des institutions politiques

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La crise politique en France existe depuis longtemps. Mais personne ne la voyait. Ou personne ne voulait la voir. Pire, elle est devenue [presque] normale. Les abus de confiance, les abus de pouvoir, la justice à 2 vitesses font désormais partie du paysage politique. Avec ceci, la dépolitisation des sujets de société (violences envers les femmes, sexisme, racisme…), la standardisation et l’automatisation des institutions qui ont conduit à leur déshumanisation.

Or, si les lanceurs d’alertes sont encore trop peu nombreux à pointer du doigt les insuffisances de ce modèle, il y a tout de même un nombre assez incroyable de personnes qui n’hésitent plus à brandir toutes sortes d’épouvantails afin de sauvegarder la « démocratie ».

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Pourtant, le modèle de la Vème République française, n’a plus grand-chose de démocratique, si ce n’est son droit de vote. Droit de vote qui sert à choisir des représentants aux pleins pouvoirs qui ne représentent presque plus personne.

En effet, le droit de vote est surtout instrumentalisé pour préserver un modèle dont les limites [aur]ont eu raison de lui, jusqu’à le conduire aujourd’hui en fin de vie. Il n’a donc plus aucune influence concrète sur notre quotidien.

Cependant, peut-on en déduire que le vote est inutile ? Tout dépend du message que l’on souhaite faire passer. Si on estime que le système peut très bien survivre à condition qu’on lui réinjecte de l’adrénaline à base de « fronts » ou encore « sursauts républicains », il faut continuer à voter « utile », c’est-à-dire pour les partis qui se sont toujours distribués le pouvoir. Dans cette solution, les courants politiques dissidents n’auront pas d’autres choix que de se greffer au pouvoir en place, ou de mourir. Si ce n’est qu’une question de candidats qui ne répondraient pas aux besoins des électeurs, voter blanc pourrait suffire, bien que ce vote ne soit pas reconnu à égalité avec celui pour un parti. Enfin, s’il s’agit d’exprimer un rejet de ce système électoral, le vote, qu’il soit blanc ou exprimé, est inutile.

Inutile, car si on veut passer à autre chose, maintenir sous perfusion une entité qui ne demande qu’à être débranchée, c’est juste de l’acharnement thérapeutique.

On peut donc se demander quelles sont les solutions qui s’offrent à nous. Réveiller le peu de vie qu’il reste à notre système politique en lui infligeant une violente cure d’électrochocs ? A part prolonger notre calvaire par peur de l’inconnu, cela ne changera rien. Ou l’abandonner à son triste sort, afin d’en faire le deuil et d’y trouver une alternative crédible, qui tendrait vers une démocratie directe, avec un vote blanc [vraiment] reconnu, un [réel] non-cumul des mandats et des élus révocables.

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