De l’effet « débandant » du bled

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Voyage pour Alger, visite familiale, presque 2000 bornes. Tout ça pour rendre visite à la famille.

Détrompez-vous, l’idée de retrouver les miens à l’occasion de la fête de l’Aïd-el-Fitr (عيد ال فطر) me réjouit. Cependant, il est toujours difficile pour moi de m’adapter au néo-conservatisme algérien.
Tenues jamais assez couvrantes, regards indiscrets, gêne constante…Puis constater que les mentalités deviennent de plus en plus médiévales.
Mais passons. La plus grande frustration est de voir ce qu’il y a de magnifique dans ce pays et qui est ruiné ou peu exploité par le peuple.
Le manque de civisme, la violence sous-jacente, l’oubli de la dimension spirituelle de la religion, tout ceci laisse un constat amer de l’Algérie d’aujourd’hui.
La fierté et la combativité de ce peuple auquel j’ai l’honneur d’appartenir du fait de mes racines, me manquent. Peu à peu, la fraternité, l’engagement que l’on connaissait dans le combat mené pour l’Indépendance, s’effritent au profit de l’angoisse, la frustration et le matérialisme.
Tant de richesses et de chaleur humaine détruites par des peurs qui deviennent obsessionnelles.

Certes, le pays vient de loin (colonisation & terrorisme), ce qui explique ce repli mais ne l’excuse pas.
Oui, il ne faut pas se laisser coloniser et maltraiter à nouveau, mais NON, on ne doit pas céder à la panique.
Voilà ce que je ressens à chaque fois que je pose un pied sur la terre de mes aïeux, un mélange d’euphorie et de fierté qui laisse vite place à un violent désarroi.
D’où l’effet « débandant » dont je parle dans le titre de ce billet.
Oui, mon coeur est celui d’une pauvre gamine à qui on explose un magnifique ballon de baudruche multicolore lorsque je prétends me ressourcer auprès des miens.
Ou celui d’une quadra frustrée par les piètres performances de son mari/amant ou des deux.

تحياء الخزائر

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