Témoignage abstention : « Ma vie a beaucoup plus été changée, en mieux, par Steve Jobs, Bill Gates, et aussi par des artistes, des cinéastes, des écrivains, des gens qui ont eu une vision, un projet, une grande idée, qui se sont sentis investis d’une mission. »

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Antoine, humoriste et auteur, 33 ans

Je crois que je n’ai pas voté depuis 2002.

Le « chantage au FN » pour inciter les gens à voter, j’ai fini par intégrer que ça faisait partie du jeu. J’ai découvert ça y a un moment.

J’ai jamais aimé le FN, donc, ça me gênait pas de pas voter pour lui.

J’avais donc que la droite, la gauche ou le centre.

La droite m’a débecté assez vite, notamment à cause de la Sarkozie qui avait une vision de l’Etat pas assez grande à mon goût. Ça manquait de vision nationale et humaine, c’était géré façon entreprise, je n’aimais pas ça.

Me restait le centre et la gauche.

Pendant un moment, je me suis tâté, j’ai hésité sur Bayrou, avant de me lasser de son numéro de Sage Sur La Montagne.

Restait la gauche et l’extrême-gauche. J’ai vu l’extrême-gauche pactiser avec les islamistes dès 2007. J’ai tourné les talons en jurant.

Restait la gauche. Mais alors bon… Dans le genre « ça fait pas rêver »…

Ségolène Royal faisait une campagne de cruche, les lieutenants étaient des vieux mitterrandiens, soit le courant qui avait fait exploser le chômage de masse… Ça ne me disait rien. Du coup, j’ai commencé à plus avoir envie de rien. Ça me déprimait.

Mais dans ce cas, pourquoi ne pas voter blanc ou pour des listes indépendantes quand il y en a ?

Parce qu’il y a eu l’iPhone.

J’ai arrêté de croire en la politique quand j’ai découvert l’IPhone.

Sans déconner, c’était le plus incroyable symbole de la déconfiture politique.

La révolution, le changement de vie, l’accélération de mon niveau personnel, ça a été Internet, la technologie accessible, la communication qui s’accélère

Ma vie a beaucoup plus été changée, en mieux, par Steve Jobs, Bill Gates, et aussi par des artistes, des cinéastes, des écrivains, des gens qui ont eu une vision, un projet, une grande idée, qui se sont sentis investis d’une mission.

On peut dire ce qu’on veut des entrepreneurs, mais on ne peut pas leur retirer leur envie de changer ce qui les entoure.

Moi, j’ai besoin de ça.

Voir en face de moi quelqu’un d’enthousiaste, qui me propose un VRAI changement.

Et puis, il y a eu ma prise en main personnelle. Je me suis mis à bosser comme un chien, à vouloir moi changer ma vie, puisque personne dans mon pays ne se proposait de l’améliorer vraiment pour moi.

Donc, une fois que j’ai commencé à hausser mon niveau de vie tout seul, j’avais plus besoin des politiques.

J’ai créé des tonnes de trucs, je me suis concentré sur mon élévation sociale et mon confort financier, en me disant que de toute façon, entre Ségo et Sarko, rien ne changerait autour de moi si je n’en étais pas le principal acteur.

Je ne vois plus l’intérêt de voter, puisque ça n’aboutit qu’à un statu quo modifié à la marge. Les politiques n’ont pas plus de pouvoir que ça.

Tant que le statu quo est préservé, c’est à moi de me bouger pour améliorer mon sort.

Du coup, c’est ce que j’ai fait.

Je retournerai voter si je sens le statu quo en danger.

Je n’ai pas voté blanc parce que ça sert concrètement à rien.

Les gars disent « blanc » et puis voilà.

Une fois que tu as fait le deuil d’une influence positive de la politique dans ta vie, et compris que la seule personne capable d’améliorer ton existence, c’est toi, tu ne vois plus l’intérêt d’aller voter.

Et en plus, je trouve que le niveau baisse continuellement, ça ne va pas me faire revenir. L’extrême-droite se fascise de plus en plus, l’extrême-gauche s’islamise de plus en plus, la droite devient de plus en plus arrogante en mode petit patron, et la gauche devient de plus en plus incompétente et déconnectée du monde réel.

Que penses-tu de ceux qui essaient encore d’envoyer les abstentionnistes aux urnes ou qui incitent à voter contre le FN ?

J’en pense qu’ils perdent leur temps, tout simplement.

Je les comprends, ils ont envie d’un bien-être collectif. Mais je pense qu’ils perdent leur temps, bouffés par une idée qui leur a été tellement rabâchée qu’elle est devenue vide de sens.

« Faut voter ». D’accord, mais pour qui ?

On a le choix entre les escrocs, les débiles, les fachos et les collabos.

Super.

Et tu ne penses pas qu’il y a un problème au niveau du système politique ?

Il y a peut-être un problème au niveau du système électoral. Mais ça m’a poussé à réfléchir à d’autres systèmes.

J’ai retenu deux options qui m’ont paru pas si mal.

J’ai longtemps rejeté les deux pour des raisons idéologiques, en fait, je pense que ça vaudrait le coup de se pencher dessus.

La première, c’est le tirage au sort d’une assemblée.

Parmi des gens qui n’ont pas de casier judiciaire, évidemment.

Nos 500 députés et des brouettes tirés au sort, avec évidemment une phase de transition d’un an pour leur permettre de s’adapter à leur nouvelle vie.

« Chère ******, vous serez député dans 12 mois. Au boulot »

Un truc du genre.

La deuxième option, c’est utilisé un peu partout dans le monde, c’est la monarchie parlementaire.

Le parlement pour le côté démocratique, le roi ou la reine pour l’incarnation du pouvoir, du sentiment d’appartenance nationale et de la hiérarchie auquel le pouvoir élu doit rendre des comptes.

Si on y réfléchit bien, Cameron, il a des comptes à rendre à la Reine. Et les anglais adorent leur Reine.

Cela me semble pas mal, parce que je crois qu’il y a un besoin d’avoir une figure qui incarne le pays. De Gaulle avait répondu à ce besoin-là. Y avait un côté grand-père qui a rassuré pas mal de monde, et qui rassure encore. Et le FN à 30%, c’est aussi une demande d’avoir une histoire nationale.

Avec des traditions, du décorum, etc…

Il ne fait pas « rêver », Hollande.

Une figure nationale, ça fait rêver.

Disons qu’il manque un symbole. Que les gens puissent aimer leur pays à travers leur dirigeant. Sarko, tu l’aimes pas, du coup, tu n’aimes pas ton pays, tu n’es pas content d’être là, ou tu n’as pas envie de t’investir. Mais un roi, qui a été éduqué depuis qu’il est bébé à aimer son pays, il peut transmettre cette affection dont les gens ont besoin, et transcender quelque chose. On ne me fera pas croire que la couronne britannique est gouvernée par des cyniques qui n’en ont rien à foutre.

Ça se sent. Le peuple le sent, et ça les transcende. Un peu plus que nous, en tout cas. Les britanniques sont fiers d’être Britanniques, les français sont au mieux franchouillards. Tu vois la nuance ?

Le plus marrant, et c’est un point commun qu’on a avec les USA, c’est qu’on traite nos présidents comme des rois.

En fait, tu déplores un certain manque de leadership de la part de nos dirigeants…

Je crois qu’il y a un truc de cet ordre, en tout cas.

Avoir quelque chose de plus glorieux que François Hollande aux manettes.

Et tu ne crois pas que le peuple devrait s’autogérer ?

Non, je pense qu’il faut une figure de leader.

La liberté, y a plus de gens à qui ça fait peur que ça rassure.

L’autogestion, ça demande un esprit créatif, la capacité à reconnaitre ses erreurs, le fait d’assumer ses choix, etc…

Un leader, tu peux te décharger sur lui.

C’est un défi personnel, la liberté.

Y a des millions de gens qui n’ont pas envie de répondre à un défi personnel.

Par ailleurs, on reviendrait toujours au même point : qui prend  la décision finale ?

C’est une des arnaques du communisme : à la fin, y en a quand même bien un qui décide.

Tu ne penses pas que le rôle de l’Etat est aussi d’éduquer le peuple à s’autogérer ?

Que l’état éduque le peuple à se passer d’état, c’est quand même compliqué J

L’état réussit déjà à éduquer les citoyens à jouir de leur liberté sans entraver celle des autres, bon gré mal gré. On peut dire ce qu’on veut, on vit dans un pays libre. Je ne me suis jamais senti entravé par l’état, sauf peut-être par un too much administratif.

 

Qu’est-ce qui pourrait faire que tu te déplaces pour aller voter ?

Ce qui me ferait venir aux urnes, ça serait un candidat avec un véritable charisme.

Mais il y a un problème, c’est que pour être aimé du plus grand nombre, faut être consensuel. Donc mou.

Je pense qu’on est figé pour un moment. On va passer doucement d’une société intégratrice à une société communautarisée, mais c’est tout.

T’attends une espèce de « coup d’état » ?

Je n’espère pas un coup d’état, loin de là !

Je pense que la prochaine grande figure ne pourra émerger que d’un accident, par contre.

Pas d’un processus électoral

Je pense qu’une personnalité de vrai leader charismatique et visionnaire se révèle dans la douleur et la difficulté. On dit de quelqu’un que c’est un génie quand il résout un problème.

Les grands hommes de ce monde ont souvent été soit emprisonnés, persécutés, minoritaires, etc…

Ou alors des tyrans qui se sont révélés géniaux, mais c’est plus rare.

Ce qui a fait de De Gaulle cette espèce de personnage légendaire qui incarne la nation, c’est aussi qu’il est arrivé en héros triomphant du nazisme, soit de la pire idéologie du monde. Exilé, trahi, mais exalté, il revient, et avec les alliés, il fout les méchants de hors, enfin, tu vois l’histoire. Ça tape, ça entretient la légende. Je ne pense pas que De Gaulle, en 5 ème République, au 20h face à Pujadas, aurait suscité le même engouement.

Niquer Hitler, ça a plus de classe que de faire le 20h de Gilles Bouleau.

Donc je vois plus une grande figure émerger d’un accident.

En fait, mine de rien, la France d’aujourd’hui est plutôt confortable.

Y a pas d’adversité « globale »

Y a surtout des problèmes individuels

Quoique 30% de la population commence à voir l’islamisme comme le nouveau problème global, mais il n’est pas encore trop sur terrain.

Donc, avec un contexte relativement pépère, personne de fort ne va émerger par contraste.

Donc bon, pour moi, le choix va encore se résumer un bon moment entre voter pour le mec de la compta ou pour la meuf des RH. J’en n’ai RIEN à foutre. La France est devenue une société anonyme avec des dirigeants interchangeables.

La rupture ne viendra pas de 150 moyens : révolution, guerre civile, ou guerre.

Je ne vois rien d’autre.

Ce qu’il y a de sûr, c’est que les Le Pen ont bien compris la demande de figure qui incarne.

 

Pourquoi Mélenchon a raison de ne pas donner de consigne de vote

Temps de lecture : 3 minutes

Avec un second tour Macron-Le Pen, les appels au fameux « Front Républicain » ne se sont pas fait attendre de la part des partis institutionnels qui ont « dirigé » la France durant ces dernières décennies. Pour qui sait analyser le contexte politique français, ces différents recours au « Front Républicain » ont la fâcheuse conséquence de participer à l’augmentation du score du FN à chaque échéance électorale. Pourtant, parmi les autres candidats, Philippe Poutou a fait le choix de ne pas donner de consigne de vote et de lutter contre le fascisme sur le terrain (c’est-à-dire dans la rue), et Jean-Luc Mélenchon a pris le pli de faire voter cette consigne par les militants qui ont soutenu sa candidature. 

Ces deux dernières décisions semblent les plus cohérentes, même si certains sont surpris que Mélenchon n’appelle pas à voter Macron, comme il avait appelé à voter Hollande en 2012.

Car :

  • La lutte antifasciste ne saurait se résumer à un bulletin de vote contre le FN, surtout quand il s’agit de voter pour un candidat qui instrumentalise les opportunismes de la « diversité » afin d’augmenter le score du FN qui sert d’épouvantail à chaque élection et qui permet de faire gagner automatiquement le candidat se retrouvant en face du FN au second tour.
  • Faire gagner Macron maintenant, c’est la quasi-assurance d’avoir Le Pen présidente en 2022, car le jeu dangereux du « Front Républicain » commence à toucher à sa fin et ne fait que retarder cette échéance.
  • La dynamique incroyable de la campagne de Jean-Luc Mélenchon s’est largement nourrie du mouvement Nuit Debout et de la contestation de la loi El Khomri (entre autres), mouvements largement investis par les milieux de gauche radicale abstentionnistes (libertaires, anarchistes, militants de quartiers populaires, groupes antifascistes et autonomes), et le chef de file de la France Insoumise l’a bien compris, car il a surfé sur cette tendance, de la même manière que Podemos est né du mouvement des Indignados en Espagne. 
  • La candidature de Jean-Luc Mélenchon a mobilisé de nombreux abstentionnistes habituels à la dernière minute lors de ces élections.

    . Il aurait donc tort stratégiquement parlant de se montrer condescendant à l’égard de cette cible électorale indécise.

  • La loi El Khomri n’est que le corollaire de la loi Macron, inapplicable sans cela. Il serait complètement incohérent de faire campagne en partie sur le retrait de la loi El Khomri,  et d’appeler à voter pour Emmanuel Macron, sous prétexte de Front Républicain.
  • Le contexte ici n’est pas celui de 2012. Mélenchon avait appelé à voter Hollande, car le programme de Hollande était un programme de gauche (qu’il a largement trahi lors de son quinquennat). Il n’a ensuite cessé de dénoncer les renoncements des différents gouvernements sous le règne de Hollande, dont Emmanuel Macron est un des rejetons.
  • Demander aux populations racisées de participer à ce « Front Républicain » en faisant « barrage » au FN (les populations racisées ne sont pas des castors, en 2017 il serait grand temps de s’en rendre compte) est particulièrement indécent (et paternaliste) quand on sait que le racisme de la classe politique française (de l’extrême-gauche à la droite républicaine) leur fait autant de mal, si ce n’est plus que celui qui existe au sein du FN ; en effet, ce racisme structurel nourrit l’agenda politique du FN, qui n’a plus besoin de faire le sale boulot tellement les propos et actes racistes prolifèrent ailleurs. Ainsi, le « Front Républicain », n’est qu’un outil de plus pour asseoir le privilège blanc au sein de la société, puisque l’épouvantail du FN permet de fermer les yeux sur le racisme qui existe ailleursExtrait du livre
  • Jean-Luc Mélenchon ne peut pas non plus empêcher ceux qui voudraient voter pour Macron afin de retarder l’échéance de le faire ; ce dernier souffle du « Front Républicain » pourrait aussi être une nouvelle impulsion d’une véritable lutte antifasciste et antiraciste qui a déjà commencé.

Ainsi, dans ce contexte, les trois solutions (vote blanc, abstention ou vote Macron) sont pertinentes, c’est pourquoi la consigne de vote (ou de non-vote) est superflue.

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De l’agonie des institutions politiques

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La crise politique en France existe depuis longtemps. Mais personne ne la voyait. Ou personne ne voulait la voir. Pire, elle est devenue [presque] normale. Les abus de confiance, les abus de pouvoir, la justice à 2 vitesses font désormais partie du paysage politique. Avec ceci, la dépolitisation des sujets de société (violences envers les femmes, sexisme, racisme…), la standardisation et l’automatisation des institutions qui ont conduit à leur déshumanisation.

Or, si les lanceurs d’alertes sont encore trop peu nombreux à pointer du doigt les insuffisances de ce modèle, il y a tout de même un nombre assez incroyable de personnes qui n’hésitent plus à brandir toutes sortes d’épouvantails afin de sauvegarder la « démocratie ».

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Pourtant, le modèle de la Vème République française, n’a plus grand-chose de démocratique, si ce n’est son droit de vote. Droit de vote qui sert à choisir des représentants aux pleins pouvoirs qui ne représentent presque plus personne.

En effet, le droit de vote est surtout instrumentalisé pour préserver un modèle dont les limites [aur]ont eu raison de lui, jusqu’à le conduire aujourd’hui en fin de vie. Il n’a donc plus aucune influence concrète sur notre quotidien.

Cependant, peut-on en déduire que le vote est inutile ? Tout dépend du message que l’on souhaite faire passer. Si on estime que le système peut très bien survivre à condition qu’on lui réinjecte de l’adrénaline à base de « fronts » ou encore « sursauts républicains », il faut continuer à voter « utile », c’est-à-dire pour les partis qui se sont toujours distribués le pouvoir. Dans cette solution, les courants politiques dissidents n’auront pas d’autres choix que de se greffer au pouvoir en place, ou de mourir. Si ce n’est qu’une question de candidats qui ne répondraient pas aux besoins des électeurs, voter blanc pourrait suffire, bien que ce vote ne soit pas reconnu à égalité avec celui pour un parti. Enfin, s’il s’agit d’exprimer un rejet de ce système électoral, le vote, qu’il soit blanc ou exprimé, est inutile.

Inutile, car si on veut passer à autre chose, maintenir sous perfusion une entité qui ne demande qu’à être débranchée, c’est juste de l’acharnement thérapeutique.

On peut donc se demander quelles sont les solutions qui s’offrent à nous. Réveiller le peu de vie qu’il reste à notre système politique en lui infligeant une violente cure d’électrochocs ? A part prolonger notre calvaire par peur de l’inconnu, cela ne changera rien. Ou l’abandonner à son triste sort, afin d’en faire le deuil et d’y trouver une alternative crédible, qui tendrait vers une démocratie directe, avec un vote blanc [vraiment] reconnu, un [réel] non-cumul des mandats et des élus révocables.

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La République française, une nouvelle secte ?

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République, venant du latin « res publica », soit « chose publique » en français. Avec ce concept -qui se veut fédérateur-, on a envie de croire au rassemblement, au vivre-ensemble et à la paix dans le monde [des Bisounours] aussi. Car la République devrait appartenir à tous ceux qui vivent sur le territoire où elle s’applique. De cette manière, il serait [théoriquement] impossible pour des groupuscules non représentatifs de la confisquer. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est [censée être] fondée sur des valeurs telles que la liberté, l’égalité et la fraternité. Ainsi, le seul moyen de la représenter serait de faire preuve de mérite, d’exemplarité et surtout d’humilité.

Seulement voilà. Cette utopie de République, on nous l’a kidnappée alors même qu’elle tentait péniblement de nous vendre du rêve. Aujourd’hui, les « Républicains », ce n’est rien de plus qu’une marque déposée par une bande de pourris qui s’efforce de se racheter une virginité à peu de frais. Aujourd’hui, on exclut de sa représentation des élites et des intellectuels qui ont pourtant franchi avec succès toutes les étapes de la rigoureuse sélection de nos prestigieuses institutions, au motif qu’elles ne pensent pas assez juste, qu’elles ne viennent pas du « bon » quartier ou de la « bonne » école, ou même qu’elles n’ont pas la « bonne » couleur ou religion. Alors on affame la République d’une partie de ses talents, et tant pis si elle les réclame. Puis on lui sert comme menu de substitution (laïc ?), une tambouille à la fois insipide et moisie, avec des élus et des représentants qui arrivent toujours au pouvoir grâce à leurs moyens de communication démesurés, et ce en dépit de leur médiocrité. Pire, en plus de l’incompétence de ces oligarques, on doit supporter le spectacle de leurs entorses aux lois républicaines qu’on nous force à respecter malgré le fait qu’elles soient bien souvent votées sans que notre voix ne soit réellement prise en compte. Cette République, elle ne nous a pas seulement été volée. On l’a bafouée, violée, malmenée avant de la pervertir.

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Désormais, elle est instrumentalisée pour frapper ceux qui ne s’y reconnaissent plus, soit nous, ses propres enfants, qu’elle a reniés. Elle nous accable à coups de faux débats sur la laïcité et autres lubies obsessionnelles.  Nous n’avons pourtant rien contre elle. Elle n’y est pour rien. Elle a simplement servi contre son gré comme essuie-tout à ces fausses élites qui nous somment de respirer l’odeur de leurs propres déchets avant de nettoyer. (Je tiens à préciser que cet article n’a pas été sponsorisé par le 49.3, ni par Jérôme Cahuzac)

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Pourquoi les abstentionnistes ne sont pas (forcément) anti-républicains

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Je ne suis pas une rebelle. Je ne suis pas une anarchiste pseudo-anti-système. J’ai participé à la campagne des départementales en 2015. J’ai toujours fait en sorte d’être une citoyenne et plus largement, une personne exemplaire. Je n’ai donc pas de leçon à recevoir. Mais pourtant j’ai fait partie des abstentionnistes.

Non pas que je me désintéresse de la vie politique, bien que la classe politique m’exaspère au plus haut point. Et bien sûr, je ne tiens pas à ce que le FN soit au pouvoir.

Mais s’il arrive au pouvoir, faut-il accuser les abstentionnistes ou le pouvoir en place qui n’essaie même pas de tenir ses promesses quelque soit sa couleur ? Et si ce parti est un réel danger pour la République, pourquoi l’autoriser et lui offrir une large tribune dans les médias ?

Non je ne suis pas allée voter. Car :
1) depuis que j’ai 19 ans, j’ai changé 6 fois de résidence que ce soit pour le travail ou les études
2) fin 2014, je me suis retrouvée au chômage et mes indemnités ont mis 4 mois à se débloquer : ma préoccupation principale était de payer mon loyer, mon prêt étudiant et me nourrir avec 0€ sur mon compte, tout en cherchant un travail dans ces conditions. Donc pardon si j’ai oublié de m’inscrire sur les listes électorales de mon lieu de résidence (toujours temporaire).
3) je pourrais me déplacer chez mes parents où je suis inscrite, mais encore une fois un aller-retour à 80€ minimum, c’est le prix pour accomplir mon devoir citoyen mais c’est aussi le prix de mon abonnement mensuel Navigo.
4) il y a la procuration, mais mes parents n’étant pas français, mon frère étant mineur et ma soeur se trouvant dans la même situation que moi (loin du domicile familial pour des études et peu de ressources financières), cette solution n’est tout simplement pas envisageable.

Conclusion : non seulement la classe politique ne nous donne pas envie de voter, mais en plus, elle ne nous facilite pas la tâche.

PS : la République aurait certainement obtenu mon suffrage si la promesse du droit de vote des étrangers avait été tenue ! 😉

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De la victoire [historique] du Seigneur des Ténèbres au Pays des Lumières

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25 mai 2014. Le jour où la France des Lumières se retrouva plongée dans les Ténèbres du nationalisme.
Décadence orchestrée de façon plus ou moins consciente par le peuple français lui-même et ses élites.

Car, [bien sûr], chacun rejettera la faute sur l’autre, et ce, sans jamais se remettre en question. Et évidemment sans jamais se rendre compte que c’est cette non-remise en question qui nous a entraînés dans le noir.
(Dans le « brun » plutôt)

Et dans cette descente fatale, certains tenteront de tirer leur [maigre] épingle du jeu, et de ramener la lumière sur leur [piètre] ego. Je parle de ces pseudo-artistes (que je ne citerai point) qui s’inventeront un engagement « anti-FN ». Ces « Tartuffe » de la scène française sont trop aveuglés par leur quête de promotion à moindre frais, qu’ils ne réalisent pas que leur combat feint entrave celui de ceux qui se battent depuis longtemps sur le terrain des idées mais qu’on oublie faute de « buzz » suffisamment percutant. [En effet, les expériences passées nous ont prouvé que le militantisme anti-quelque chose est souvent contreproductif.]

Ainsi, chacun scrutera ce qui se trouve dans l’assiette du voisin, au lieu de penser à comment remplir la sienne. Le droite blâmera la gauche incompétente et/ou peu crédible ; gauche qui fustigera le peu de moralité de la droite.

Face à ces deux entités antagonistes, on trouvera un centre uni certes, mais peu fiable car opportuniste, et des tas de petits partis qui représentent un certain renouveau, mais qui manquent [hélas] de visibilité.
Autant dire que l’offre politique française est aujourd’hui de piètre qualité.
Et au-dessus de tout ceci, règne le spectre de la Marque des Ténèbres ; spectre dont la flamme a tant été agitée par tous ceux qui ont œuvré pour sa visibilité.

Or qui peut prétendre percevoir la lueur sombre des Ténèbres quand ces dernières sont exposées en pleine lumière du jour, si ce ne sont ceux qui connaissent leurs méthodes d’infiltration [des Ténèbres] ?

Hélas, plutôt que d’empêcher cette sombre lueur de se répandre dans l’atmosphère, on préfèrera la laisser sous les projecteurs sous prétexte de la « rediaboliser » ; et ce, après avoir perdu la confiance du peuple.
Pire, on rejettera la faute du triomphe de la Force Obscure sur ceux qui ne comptent d’ores et déjà plus sur l’appareil politique dans leur quête de luminosité.

La triste moralité de cette histoire est que dans notre beau pays, jadis des Lumières, lorsqu’il y a une panne [généralisée et nationale] de courant, on préfère aujourd’hui pointer un doigt accusateur sur l’agent EDF qui bénéficie de l’énergie à des tarifs préférentiels, plutôt que de réfléchir sur la fiabilité du système de distribution de l’électricité.

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