Pourquoi Mélenchon a raison de ne pas donner de consigne de vote

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Avec un second tour Macron-Le Pen, les appels au fameux « Front Républicain » ne se sont pas fait attendre de la part des partis institutionnels qui ont « dirigé » la France durant ces dernières décennies. Pour qui sait analyser le contexte politique français, ces différents recours au « Front Républicain » ont la fâcheuse conséquence de participer à l’augmentation du score du FN à chaque échéance électorale. Pourtant, parmi les autres candidats, Philippe Poutou a fait le choix de ne pas donner de consigne de vote et de lutter contre le fascisme sur le terrain (c’est-à-dire dans la rue), et Jean-Luc Mélenchon a pris le pli de faire voter cette consigne par les militants qui ont soutenu sa candidature. 

Ces deux dernières décisions semblent les plus cohérentes, même si certains sont surpris que Mélenchon n’appelle pas à voter Macron, comme il avait appelé à voter Hollande en 2012.

Car :

  • La lutte antifasciste ne saurait se résumer à un bulletin de vote contre le FN, surtout quand il s’agit de voter pour un candidat qui instrumentalise les opportunismes de la « diversité » afin d’augmenter le score du FN qui sert d’épouvantail à chaque élection et qui permet de faire gagner automatiquement le candidat se retrouvant en face du FN au second tour.
  • Faire gagner Macron maintenant, c’est la quasi-assurance d’avoir Le Pen présidente en 2022, car le jeu dangereux du « Front Républicain » commence à toucher à sa fin et ne fait que retarder cette échéance.
  • La dynamique incroyable de la campagne de Jean-Luc Mélenchon s’est largement nourrie du mouvement Nuit Debout et de la contestation de la loi El Khomri (entre autres), mouvements largement investis par les milieux de gauche radicale abstentionnistes (libertaires, anarchistes, militants de quartiers populaires, groupes antifascistes et autonomes), et le chef de file de la France Insoumise l’a bien compris, car il a surfé sur cette tendance, de la même manière que Podemos est né du mouvement des Indignados en Espagne. 
  • La candidature de Jean-Luc Mélenchon a mobilisé de nombreux abstentionnistes habituels à la dernière minute lors de ces élections.

    . Il aurait donc tort stratégiquement parlant de se montrer condescendant à l’égard de cette cible électorale indécise.

  • La loi El Khomri n’est que le corollaire de la loi Macron, inapplicable sans cela. Il serait complètement incohérent de faire campagne en partie sur le retrait de la loi El Khomri,  et d’appeler à voter pour Emmanuel Macron, sous prétexte de Front Républicain.
  • Le contexte ici n’est pas celui de 2012. Mélenchon avait appelé à voter Hollande, car le programme de Hollande était un programme de gauche (qu’il a largement trahi lors de son quinquennat). Il n’a ensuite cessé de dénoncer les renoncements des différents gouvernements sous le règne de Hollande, dont Emmanuel Macron est un des rejetons.
  • Demander aux populations racisées de participer à ce « Front Républicain » en faisant « barrage » au FN (les populations racisées ne sont pas des castors, en 2017 il serait grand temps de s’en rendre compte) est particulièrement indécent (et paternaliste) quand on sait que le racisme de la classe politique française (de l’extrême-gauche à la droite républicaine) leur fait autant de mal, si ce n’est plus que celui qui existe au sein du FN ; en effet, ce racisme structurel nourrit l’agenda politique du FN, qui n’a plus besoin de faire le sale boulot tellement les propos et actes racistes prolifèrent ailleurs. Ainsi, le « Front Républicain », n’est qu’un outil de plus pour asseoir le privilège blanc au sein de la société, puisque l’épouvantail du FN permet de fermer les yeux sur le racisme qui existe ailleursExtrait du livre
  • Jean-Luc Mélenchon ne peut pas non plus empêcher ceux qui voudraient voter pour Macron afin de retarder l’échéance de le faire ; ce dernier souffle du « Front Républicain » pourrait aussi être une nouvelle impulsion d’une véritable lutte antifasciste et antiraciste qui a déjà commencé.

Ainsi, dans ce contexte, les trois solutions (vote blanc, abstention ou vote Macron) sont pertinentes, c’est pourquoi la consigne de vote (ou de non-vote) est superflue.

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De l’agonie des institutions politiques

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La crise politique en France existe depuis longtemps. Mais personne ne la voyait. Ou personne ne voulait la voir. Pire, elle est devenue [presque] normale. Les abus de confiance, les abus de pouvoir, la justice à 2 vitesses font désormais partie du paysage politique. Avec ceci, la dépolitisation des sujets de société (violences envers les femmes, sexisme, racisme…), la standardisation et l’automatisation des institutions qui ont conduit à leur déshumanisation.

Or, si les lanceurs d’alertes sont encore trop peu nombreux à pointer du doigt les insuffisances de ce modèle, il y a tout de même un nombre assez incroyable de personnes qui n’hésitent plus à brandir toutes sortes d’épouvantails afin de sauvegarder la « démocratie ».

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Pourtant, le modèle de la Vème République française, n’a plus grand-chose de démocratique, si ce n’est son droit de vote. Droit de vote qui sert à choisir des représentants aux pleins pouvoirs qui ne représentent presque plus personne.

En effet, le droit de vote est surtout instrumentalisé pour préserver un modèle dont les limites [aur]ont eu raison de lui, jusqu’à le conduire aujourd’hui en fin de vie. Il n’a donc plus aucune influence concrète sur notre quotidien.

Cependant, peut-on en déduire que le vote est inutile ? Tout dépend du message que l’on souhaite faire passer. Si on estime que le système peut très bien survivre à condition qu’on lui réinjecte de l’adrénaline à base de « fronts » ou encore « sursauts républicains », il faut continuer à voter « utile », c’est-à-dire pour les partis qui se sont toujours distribués le pouvoir. Dans cette solution, les courants politiques dissidents n’auront pas d’autres choix que de se greffer au pouvoir en place, ou de mourir. Si ce n’est qu’une question de candidats qui ne répondraient pas aux besoins des électeurs, voter blanc pourrait suffire, bien que ce vote ne soit pas reconnu à égalité avec celui pour un parti. Enfin, s’il s’agit d’exprimer un rejet de ce système électoral, le vote, qu’il soit blanc ou exprimé, est inutile.

Inutile, car si on veut passer à autre chose, maintenir sous perfusion une entité qui ne demande qu’à être débranchée, c’est juste de l’acharnement thérapeutique.

On peut donc se demander quelles sont les solutions qui s’offrent à nous. Réveiller le peu de vie qu’il reste à notre système politique en lui infligeant une violente cure d’électrochocs ? A part prolonger notre calvaire par peur de l’inconnu, cela ne changera rien. Ou l’abandonner à son triste sort, afin d’en faire le deuil et d’y trouver une alternative crédible, qui tendrait vers une démocratie directe, avec un vote blanc [vraiment] reconnu, un [réel] non-cumul des mandats et des élus révocables.

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La République française, une nouvelle secte ?

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République, venant du latin « res publica », soit « chose publique » en français. Avec ce concept -qui se veut fédérateur-, on a envie de croire au rassemblement, au vivre-ensemble et à la paix dans le monde [des Bisounours] aussi. Car la République devrait appartenir à tous ceux qui vivent sur le territoire où elle s’applique. De cette manière, il serait [théoriquement] impossible pour des groupuscules non représentatifs de la confisquer. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est [censée être] fondée sur des valeurs telles que la liberté, l’égalité et la fraternité. Ainsi, le seul moyen de la représenter serait de faire preuve de mérite, d’exemplarité et surtout d’humilité.

Seulement voilà. Cette utopie de République, on nous l’a kidnappée alors même qu’elle tentait péniblement de nous vendre du rêve. Aujourd’hui, les « Républicains », ce n’est rien de plus qu’une marque déposée par une bande de pourris qui s’efforce de se racheter une virginité à peu de frais. Aujourd’hui, on exclut de sa représentation des élites et des intellectuels qui ont pourtant franchi avec succès toutes les étapes de la rigoureuse sélection de nos prestigieuses institutions, au motif qu’elles ne pensent pas assez juste, qu’elles ne viennent pas du « bon » quartier ou de la « bonne » école, ou même qu’elles n’ont pas la « bonne » couleur ou religion. Alors on affame la République d’une partie de ses talents, et tant pis si elle les réclame. Puis on lui sert comme menu de substitution (laïc ?), une tambouille à la fois insipide et moisie, avec des élus et des représentants qui arrivent toujours au pouvoir grâce à leurs moyens de communication démesurés, et ce en dépit de leur médiocrité. Pire, en plus de l’incompétence de ces oligarques, on doit supporter le spectacle de leurs entorses aux lois républicaines qu’on nous force à respecter malgré le fait qu’elles soient bien souvent votées sans que notre voix ne soit réellement prise en compte. Cette République, elle ne nous a pas seulement été volée. On l’a bafouée, violée, malmenée avant de la pervertir.

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Désormais, elle est instrumentalisée pour frapper ceux qui ne s’y reconnaissent plus, soit nous, ses propres enfants, qu’elle a reniés. Elle nous accable à coups de faux débats sur la laïcité et autres lubies obsessionnelles.  Nous n’avons pourtant rien contre elle. Elle n’y est pour rien. Elle a simplement servi contre son gré comme essuie-tout à ces fausses élites qui nous somment de respirer l’odeur de leurs propres déchets avant de nettoyer. (Je tiens à préciser que cet article n’a pas été sponsorisé par le 49.3, ni par Jérôme Cahuzac)

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Pourquoi les abstentionnistes ne sont pas (forcément) anti-républicains

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Je ne suis pas une rebelle. Je ne suis pas une anarchiste pseudo-anti-système. J’ai participé à la campagne des départementales en 2015. J’ai toujours fait en sorte d’être une citoyenne et plus largement, une personne exemplaire. Je n’ai donc pas de leçon à recevoir. Mais pourtant j’ai fait partie des abstentionnistes.

Non pas que je me désintéresse de la vie politique, bien que la classe politique m’exaspère au plus haut point. Et bien sûr, je ne tiens pas à ce que le FN soit au pouvoir.

Mais s’il arrive au pouvoir, faut-il accuser les abstentionnistes ou le pouvoir en place qui n’essaie même pas de tenir ses promesses quelque soit sa couleur ? Et si ce parti est un réel danger pour la République, pourquoi l’autoriser et lui offrir une large tribune dans les médias ?

Non je ne suis pas allée voter. Car :
1) depuis que j’ai 19 ans, j’ai changé 6 fois de résidence que ce soit pour le travail ou les études
2) fin 2014, je me suis retrouvée au chômage et mes indemnités ont mis 4 mois à se débloquer : ma préoccupation principale était de payer mon loyer, mon prêt étudiant et me nourrir avec 0€ sur mon compte, tout en cherchant un travail dans ces conditions. Donc pardon si j’ai oublié de m’inscrire sur les listes électorales de mon lieu de résidence (toujours temporaire).
3) je pourrais me déplacer chez mes parents où je suis inscrite, mais encore une fois un aller-retour à 80€ minimum, c’est le prix pour accomplir mon devoir citoyen mais c’est aussi le prix de mon abonnement mensuel Navigo.
4) il y a la procuration, mais mes parents n’étant pas français, mon frère étant mineur et ma soeur se trouvant dans la même situation que moi (loin du domicile familial pour des études et peu de ressources financières), cette solution n’est tout simplement pas envisageable.

Conclusion : non seulement la classe politique ne nous donne pas envie de voter, mais en plus, elle ne nous facilite pas la tâche.

PS : la République aurait certainement obtenu mon suffrage si la promesse du droit de vote des étrangers avait été tenue ! 😉

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De la victoire [historique] du Seigneur des Ténèbres au Pays des Lumières

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25 mai 2014. Le jour où la France des Lumières se retrouva plongée dans les Ténèbres du nationalisme.
Décadence orchestrée de façon plus ou moins consciente par le peuple français lui-même et ses élites.

Car, [bien sûr], chacun rejettera la faute sur l’autre, et ce, sans jamais se remettre en question. Et évidemment sans jamais se rendre compte que c’est cette non-remise en question qui nous a entraînés dans le noir.
(Dans le « brun » plutôt)

Et dans cette descente fatale, certains tenteront de tirer leur [maigre] épingle du jeu, et de ramener la lumière sur leur [piètre] ego. Je parle de ces pseudo-artistes (que je ne citerai point) qui s’inventeront un engagement « anti-FN ». Ces « Tartuffe » de la scène française sont trop aveuglés par leur quête de promotion à moindre frais, qu’ils ne réalisent pas que leur combat feint entrave celui de ceux qui se battent depuis longtemps sur le terrain des idées mais qu’on oublie faute de « buzz » suffisamment percutant. [En effet, les expériences passées nous ont prouvé que le militantisme anti-quelque chose est souvent contreproductif.]

Ainsi, chacun scrutera ce qui se trouve dans l’assiette du voisin, au lieu de penser à comment remplir la sienne. Le droite blâmera la gauche incompétente et/ou peu crédible ; gauche qui fustigera le peu de moralité de la droite.

Face à ces deux entités antagonistes, on trouvera un centre uni certes, mais peu fiable car opportuniste, et des tas de petits partis qui représentent un certain renouveau, mais qui manquent [hélas] de visibilité.
Autant dire que l’offre politique française est aujourd’hui de piètre qualité.
Et au-dessus de tout ceci, règne le spectre de la Marque des Ténèbres ; spectre dont la flamme a tant été agitée par tous ceux qui ont œuvré pour sa visibilité.

Or qui peut prétendre percevoir la lueur sombre des Ténèbres quand ces dernières sont exposées en pleine lumière du jour, si ce ne sont ceux qui connaissent leurs méthodes d’infiltration [des Ténèbres] ?

Hélas, plutôt que d’empêcher cette sombre lueur de se répandre dans l’atmosphère, on préfèrera la laisser sous les projecteurs sous prétexte de la « rediaboliser » ; et ce, après avoir perdu la confiance du peuple.
Pire, on rejettera la faute du triomphe de la Force Obscure sur ceux qui ne comptent d’ores et déjà plus sur l’appareil politique dans leur quête de luminosité.

La triste moralité de cette histoire est que dans notre beau pays, jadis des Lumières, lorsqu’il y a une panne [généralisée et nationale] de courant, on préfère aujourd’hui pointer un doigt accusateur sur l’agent EDF qui bénéficie de l’énergie à des tarifs préférentiels, plutôt que de réfléchir sur la fiabilité du système de distribution de l’électricité.

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