Pourquoi la monétisation dans le milieu associatif dérange autant (4/5)

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Si la monétisation dans le milieu associatif existe, elle n’est pas toujours assumée clairement, à cause des polémiques qu’elle suscite. Pourtant, la dissimuler ne fait qu’accroître les maux qu’on lui attribue, plus ou moins justement. Nous verrons ici quels sont ces aspects problématiques tant décriés.

En effet, la présence d’argent dans une structure accompagne le risque de confusion entre intérêts individuels et l’intérêt du collectif appartenant à la structure. Il s’agit de bien délimiter l’usage des fonds et les pratiques d’une structure, car c’est ce qui détermine si le contexte est propice aux abus ou non (et non le principe de monétisation en lui-même).

  • Manque d’indépendance

Quelle que soit l’origine des fonds dont on dispose, soit ils ne sont pas accordés sans condition (subventions institutionnelles), soit on dépend de son audience ou de sa communauté, ou encore de la fiabilité de son modèle économique.

Car si la monétisation permet des projets de plus grande envergure avec plus d’impact social (et c’est d’ailleurs justement pour cela qu’elle est nécessaire !), elle entraîne également un contrôle plus ou moins direct, des comptes à rendre sur ses activités, mais surtout des responsabilités !

Dans l’inconscient collectif, il peut y avoir un paradoxe entre être dans une logique d’abondance (et chercher à multiplier les sources de revenus) et vouloir plus de justice sociale, avec une meilleure répartition des richesses, ce qui peut créer des situations de dilemme.

Or, ceci est une fausse croyance ; en effet, vouloir produire des richesses et de la valeur ajoutée, n’implique pas nécessairement une forme de domination, si on fait usage de pratiques en adéquation avec les valeurs que l’on prône.

  • Blocages idéologiques

Ces blocages viennent justement de ces fausses croyances, qui empêchent de passer à l’action et créent des situations de souffrance. C’est pourquoi il est important de les dépasser.

En effet, plus de justice sociale, plus d’équité, ce n’est pas culpabiliser une partie de la société pour en sauver une autre plus fragile, sinon on est simplement dans le paternalisme, et on rejette la faute sur des causes extérieures pour ne pas avoir à agir.  C’est mettre face à leurs responsabilités les institutions et parties prenantes jouant un rôle dans les inégalités sociales pour les pousser à agir.

  • Diabolisation de l’argent

…Alors que l’argent est un moyen, et non une fin. C’est principalement son usage qui détermine le niveau de vertu de l’action finale, et non son existence. Là encore, accuser l’argent de tous les maux, c’est déresponsabiliser les personnes qui décident des transactions, et trouver des excuses pour ne pas produire de richesses.

La diabolisation de l’argent est aussi une cause du syndrome de l’imposteur qui empêche et bloque toute tentative de progrès et d’avancement du combat politique et associatif.

Les solutions à ces problèmes résident dans une plus grande transparence et traçabilité des flux monétaires. Or, ceci requiert de dépasser certains blocages idéologiques et la diabolisation de l’argent pour le bien et la survie des structures associatives.

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