Témoignage abstention : « Je trouve aberrant qu’une minorité de personnes (encartées) choisissent des candidats approuvés par 400000 personnes grand maximum. Comment 400000 personnes peuvent décider pour 60 millions dans une démocratie ? »

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« J’ai jamais voté. Sauf une fois, quand le candidat a acheté ma voix. C’est simple, je rejette totalement un système qui n’a fait que me mépriser depuis mon plus jeune âge.

Mon parcours scolaire fut chaotique. J’ai fini en BEP Vente Action Marchande parce que ma conseillère d’orientation du collège a estimé que je ne réussirais ni en filière générale, ni en filière électronique. Je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bac professionnel car tous les lycées m’avaient refusé. Je me suis donc inscrit au Pôle Emploi. J’ai demandé à ma conseillère des formations dans le domaine de l’informatique. J’ai dû la harceler, limite lui forcer la main, pour qu’elle daigne m’inscrire dans une formation de 750 heures qui se concluait par un stage d’un mois. J’ai été refusé dans une école qui m’avait donné de faux espoirs jusqu’à la dernière minute parce que je n’avais pas le bac. A cause de cela, j’ai manqué une opportunité de formation diplômante. Cet échec a créé un conflit familial qui m’a forcé à vivre dans la rue pendant 1 an. Un jour j’ai eu des soucis avec la police, et j’ai dû me résoudre à retourner chez ma famille. J’ai réussi à trouver une autre formation de plus de 800 heures en alternance. J’ai été embauché à la suite de cette alternance. J’ai passé mes certifications tout seul en étudiant dans des livres que je m’achetais. Je suis devenu administrateur de cette manière. Tout le reste de mon parcours professionnel, je ne le dois qu’à mon culot. Pour monter en grade, je démissionnais de mon poste pour postuler à un poste plus exigeant. Cette stratégie risquée s’est avérée payante, car je refuse d’attendre qu’on veuille bien m’octroyer une promotion. Aujourd’hui, je vais sur mes 29 ans, je suis cadre moyen, consultant en SI sur des projets internationaux et je vis plutôt confortablement.

Si je ne vote pas, c’est parce que je fais partie du peuple, mais je ne me sens nullement représenté par les élus. Pour que j’aille voter, et que ma voix compte, il faudrait une 6ème République avec une refonte du système électoral et une meilleure répartition du pouvoir. Il faudrait une réelle prise en compte du vote blanc, avec une élimination de tous les candidats en cas de plus de 50% de votes blancs.

Je trouve aberrant qu’une minorité de personnes (encartées)  choisissent des candidats approuvés par 400000 personnes grand maximum. Comment 400000 personnes peuvent décider pour 60 millions dans une démocratie ?

Le plus triste, c’est que je pense que la mobilisation des citoyens ne peut être efficace car le système est totalement verrouillé. J’ai l’impression d’être une minorité parmi une majorité ostracisée, parce que je ne m’en sors pas si mal alors que je suis méprisé par les institutions.

Alors le seul moyen que j’ai trouvé pour m’exprimer, c’est de ne pas participer à ce que j’estime être une mascarade. Je connais des élus en poste, qui étaient déjà là avant que je naisse, parce que pour eux, la politique, c’est une carrière. Personne ne devrait faire carrière en politique, la politique, c’est servir le peuple, pas se servir soi-même. On dirait que la politique est une blanchisseuse, tellement les élus se succèdent, se ressemblent et….se recyclent. C’est un cercle vicieux. Le pire, c’est que pour que ce système prospère, les politiques n’hésitent plus à abuser du populisme. Il y a 80 ans, c’étaient les Juifs, aujourd’hui ce sont les musulmans (entre autres) qu’on pointe comme boucs émissaires. A croire qu’ils ne tirent jamais de leçons des erreurs passées.

On n’est pas en démocratie, on est en « monarchie élective ». Et pour en sortir, on va devoir faire une révolution.

 

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